La Cartouche

Chers z’amis, l’heure est grave. Bon en fait la plupart d’entre vous est déjà au courant. Je voulais juste apporter un peu de trivialité (bouh qu’il est transgressif !).

Résumé : nous votons pour un président qui va s’attaquer à la Finance, et on a une mise en scène de « Notre-Dame des Landes » par Valls, du rabotage de retraite et de budgets santé, et l’arrivé du code du travail Ukrainien en France.

Sarkozy n’avait pas osé (même s’il l’a pensé très fort), Hollande va le faire.

Bon, vous les 8 millions dans la merde, vous pouvez difficilement chuter de bien haut. Désolé, vous jouez pas.

La flexibilité cosmique pour les actionnaires, le restau du cœur pour les autres. Donc, chers salarié du bas : vous êtes les huit millions qui vont rejoindre les huit premiers.

Alors bon, il est temps d’ébranler les certitudes de ceux qui se sont enrôlés « volontairement », qui trouvent que ça pue, mais pas assez pour lâcher le surmoi qui rêve de gagner un pactole.

Nos maîtres, grands patrons et gouvernants représentatifs de leurs intérêts, sont en train de nous fourrer une putain de cartouche. Du balaise. Plus grenade que balle. Si l’orientation et son cabinet est propice, votre proctologue pourra admirer le Sacré-cœur à travers les dégâts.

Et là, les p’tits mecs et nanas, de trente à 40ans, qui vivez votre période de pain blanc : Vous vous êtes réfugiés(es) dans la comédie de la participation souriante quoique épuisante, mais maintenant, sachez que votre supérieur pourra, en plus de ce qu’il fait déjà, changer votre temps de travail, et votre salaire, et votre ‘fiche de poste’ au gré de ses envies qui ne sont que les envies des actionnaires. Et vous êtes souvent le supérieur d’autres enrôlés.

L’accord d’entreprise est plus fort que celui de la branche, qui devient plus fort que le code du travail national.

C’est un changement constitutionnel majeur : c’est renverser la hiérarchie des rapports de forces institutionnelles. Les actionnaires bénéficient de la loi qu’ils jugent bonne. Pour leurs dividendes, donc. Le national, le syndical, tous les accords extorqués depuis si longtemps que vous ne le savez même pas, tout ça, pfuit ! a pu !

Vous pourrez lutter pour que les députés votent des protections, le règlement intérieur de la boîte s’appliquera toujours  en priorité. Et les actionnaires, ou sinon le patron  fait ce qu’il veut. Comme votre surmoi a été gavé de résignation à cette arnaque…

Ces manifs sont l’occasion d’attirer l’attention d’une tranche inhabituellement grande de la population. Ceux qui n’en n’ont que juste aux chevilles, qui souffrent de leurs conditions de travail, même pétés de thunes. Ce sont eux qui peuvent faire la différence, quoi qu’on en pense.

Constater que nos élus nous collent une énorme cartouche, que nous devrions déguster avec plaisir, peut être suffisant à fissurer ce surmoi imposé. Restons donc dans la trivialité délicate; c’est le jour où on sent soit même la cartouche faire un passage de reconnaissance sur son propre fion, qu’on entrevoit de quitter rapidement la posture.

Après la cartouche, ça sent le roussi.

 

Le silence a du bon

Après avoir écrit les articles de ce site, depuis deux ans, puis avoir un peu débordé sur Facebook, j’ai eu l’opportunité de réaliser un temps des émissions de radio.

Mais l’accumulation de livres ou d’articles lus, de vidéos, plus quelques émissions de l’excellent Arrêt sur Image, dont je vous recommande l’abonnement, a provoqués des assèchements.

Le premier assèchement se traduit par une baisse du temps passé à lire, et l’abandon des derniers instants de télé. Baisse du volume des données « entrantes », donc. Tout ça se répète. Déjà lu ou déjà vu.

Le deuxième, c’est la baisse de ma propre production. Il y aurait 1000 raisons valables, mais cette lassitude provient clairement des répétitions lancinantes des mêmes incantations sans effets.

Sur Facebook, de nombreux groupes dissertent, jacassent en tournant en rond. D’autre produisent, comme « Vers une nouvelle Constitution« , qui a écrit une constitution, fruit d’un gros travail collectif.

Il devrait être content, le pépère ! Et bien non. Nous avons les infos, des orateurs, des groupes de discussions, voire des productions. Des milliers de gens qui se décarcassent.

Et rien ne change. Rien de rien. Une grosse pincée d’activistes se démène, mais les gens d’accord n’en finissent plus d’être d’accord.

Je vais donc vous ressortir l’axe primitif du site VUNCF.org, auquel j’en ai ajouté un qui correspond à mes compétences techniques.

Le projet initial :

Il s’agit de sensibiliser massivement le grand public. Le public des télé-réalité, les classes moyennes ou aisées qui vivent ans leurs bulles et se contre-cognent de l’avancé du libéralisme ( 10M de chômeurs, autant de pauvres, destruction du service public, pollutions, choix politiques confisqués…). Le projet est décrit sur ce site. Il consiste en une action globale, coordonnée, pour faire passer sur un an une solide trentaine de sujets essentiels pour éveiller à la démocratie, la vraie, et sur les sujets clefs de société. Allez voir cet article et ses sous-pages, c’est une description à discuter, critiquer, améliorer.
En bref, si on refuse de s’attaquer aux problèmes qui fâchent, comme l’héritage, la puissance autocrate et criminelle des investisseurs,  le droit de s’enrichir sans limite, le droit à l’usure, l’abandon de la souveraineté populaire sur la monnaie, l’arbitraire du système politique Européen, on se condamne à stagner, tout en se distrayant, certes.

Au lieu de cela, chaque ‘club’ politique est persuadé qu’il va tout seul faire la révolution. Pitoyable, politiquement pitoyable ! Et encore, ce sont de braves gens….

Des militants démunis :

Les rares fois où des militants vont plus loin qu’être d’accord entre eux, se délectant de la nième dénonciation de ces salauds qui nous gouvernent, c’est pour produire un objet unique, produit de fait quasiment en secret. J’ai mentionné plus haut la production d’une constitution. Mais je n’en veux pas UNE, j’en veux CINQUANTE ! Et côte-à-côte.

Ah ça, pour discutailler, critiquer, même avec talent, il y a du monde. Pour gratter du concret, il n’y a rien, ou alors.

J’ai donc eu l’idée d’écrire un système, accessible par le web, pour créer, et j’affirme que le terrain est vierge, un lieu virtuel de création de ‘solutions’ pour prolonger les idées qui foisonnent en résultats concrets : projets de loi, constitutions, règlements, règles de bonne conduite, ou encore communications avec le ‘grand’ public. C’est à dire la masse de ceux qui s’en foutent, et qui par leur consommation effrénée courent comme des lemmings vers le bord de la falaise.

Ce projet part d’une variante de Liquid FeedBack, qui s’appelle ‘pirate feedback’. J’ai en gros déjà modélisé la base de donnée, et effleuré la programmation, mais la tâche est bien au delà de mes capacités physiques.

C’est un ‘lieu’, comme une bibliothèque où on ne jacasse pas, où on pose une question en posant une première réponse. Le but étant de provoquer une compétition (amicale) où une idée est poussée à ses termes par des équipes ‘concurrentes’. A la fin, on vote.
Exemple : réforme de l’héritage pour empêcher l’accumulation, donc la mort de l’égalité politique et concentration des richesses et des pouvoirs. Réforme de la monnaie : on sait ce que l’on ne veut plus (l’Euro), mais pour mettre quoi à la place ? Réforme du gouvernement représentatif : pour mettre quoi à la place, avec quelles transitions ?
Il faut aussi repenser les organisation pyramidales qui régissent les biens communs : éducation, santé, aménagement du territoire, immigration, tous ces sujets sous la coupe du président de la république, lui-même mis en place par les pouvoirs économiques. Les généralités tiennent en quelques lignes, mais la pratique suppose de réunir des compétences, et de leur permettre de travailler au vu et su de tous.

Ce projet, forcément ‘open source’, ne peut voir le jour qu’avec une solide équipe de développeurs, et du pognon, beaucoup de pognon. Sur une base de 15 salaires à 3000€/mois, une année coûte rien qu’en salaires 810000€. En ajoutant les frais techniques, ça nous fait une brique par an. Soit moins que le coût d’un seul député !
C’est de la taille d’un projet comme Wikipédia, qui d’ailleurs utilise en interne un dispositif qui y ressemble fortement.
J’ai écrit un document qui en donne l’esprit. Si vous allez le lire, ce que je vous conseille, il ne faudra pas regarder les copies d’écrans, qui montrent un logiciel à des kiloparsecs de l’ergonomie simple propre à le mettre entre toutes les mains.

J’ai vu plein de projets, qui font chacun une bonne partie du chemin, il faut le dire, mais aucun qui ne pose des procédures suffisamment simples et rigides pour guider un visiteur lambda, un citoyen.

Premièrement, ces projets prétendent mélanger jacasserie (indispensable pour la création) et production. La dite production s’enlise alors dans la jacasserie.
Deuxième point, ces projets veulent récupérer les mécanismes  genre « like » ou ‘dislike’ sans s’offusquer qu’ils réinjectent du pathos dans l’étape qui doit l’exclure par principe. Ce n’est pas un problème de technique, mais une question de choix politique.

Chacun de ces projets part du principe qu’on attrape des fanas de Facebook, ce qui n’est pas idiot, mais qui refusent obstinément l’effort, le dépassement des conventions jacassières, l’exigence d’éducation politique.
Autrement dit, on part des noeudnoeuds politiques que nous sommes, sans jamais oser projeter une formation : le ‘client’ est capricieux, bavard, versatile et surtout ne changeont rien.

Une fatalité induite

La fatalité jacassière est malheureusement assise sur notre histoire politique, où des soi-disant citoyens ont juste le droit de râler, tant qu’ils passent à la caisse, et se soumettent aux ordres des banquiers, des investisseurs. Qu’ils renoncent à leur droits, qu’ils se fassent massacrer au travail, qu’ils obéissent et surtout ne changent rien aux rapports de force sociaux.
Nous avons, dans notre pays, une longue tradition d’aveuglement, de soumission, le tout en tenant des conversations de comptoir pour des exercices de citoyenneté.

Vous, qui avez gardé votre attention jusqu’ici, vous êtes combien, 5%, 10% de ceux qui ont lu les premières lignes ?
Sachant qu’au départ ceux qui sont arrivés sur cette page sont déjà probablement pas mal sensibilisés.

Conclusion :

Lâchez donc, pendant 10% de votre temps militant, les flux de dénonciations stériles, pour  vous pencher sur la ou les techniques de communication avec les drogués du net, les fanas de « plus belle la vie », les téléspectateurs des JT. Ceux qui croient qu’Yves Calvi ou Pujadas sont des journalistes indépendants. Ceux qui pense que Jacques Attali ou Alain Minc sont des génies. Qu’une dette doit être remboursée. Que la mondialisation est une fatalité comme la rotation de la terre.

Enter en contact avec eux, les décrocher de leurs drogues médias, de leur certitudes d’ascension sociale, voila une étape cruciale, primordiale. Pondre une nouvelle constitution, c’est super, faire comprendre à l’électeur lambda que jamais Marine ne sortira de l’Europe, de l’Euro, donc ne changera strictement rien, c’est mieux !

Au final, tous ceux qui veulent de la démocratie à l’athénienne devraient se demander comment inviter 40M de français à jouer. A participer, en renonçant aux illusions consuméristes, aux promesses électorales.

Il est aussi crucial de faire des ateliers constituants, que de convaincre votre voisin, fan de 4×4 et d’Iphone, de venir. Et ça, c’est pas de la tarte. 20 ans d’éducation populaire, la certitude que les quinquas investis ne verront jamais le fruit de leurs efforts.

C’est pour cela que la punchline de ma page Facebook est « Nous savons pourquoi, trouvons comment ». Pourquoi ? Lepage, Lordon, Friot, Chouard, Sapir, Ruffin, et les centaines d’autres du même acabit l’ont déjà écrit, expliqué, conférencé. Le comment, ce n’est pas, à mon sens, de rassembler 2000 personnes devant l’assemblée nationale, quand les médias torpilleront les doigts dans le nez l’opération.

C’est de trouver un moyen de décrocher les bœufs de la mangeoire médiatique et de leur smartphone. Ah bon, vous lisez cet article sur votre smartphone ? OK, il y a du mieux.

Le Monde Libre : ceux qui en parlent le plus….

Je viens de zapper un bout de discours américain. Peut importe de quoi cela parle.
Il y est fait mention, avec une ferveur que ne renierait pas un novice bénédictin, du « monde libre« , dont le centre géographique est situé quelque part aux USA.
D’ailleurs, les ricains parlent avec des trémolos dans la voix de ce truc là. Ils sont gentils en plus : ils en ont tellement à revendre, de « monde libre« , qu’ils ont ouvert environ 79 succursales armées dans le monde (voici une liste à peu près à jour). Des points de ventes de liberté(s).

Formidable !

Une première lecture m’a emmené dans la protestation : « comment les plus grands dictateurs du monde peuvent-il nous parler de ‘monde libre‘ et gniagniagnia ».

J’ai pas dit « gniagnia », mais c’était pas beaucoup mieux. C’est une grave erreur : le concept de « monde libre » n’est pas une tromperie dans la bouche des leaders capitalistes. « Démocratie », oui c’est une arnaque, une escroquerie, une entourloupe : ils savent très bien ce que c’est, et c’est pure démagogie que d’employer ce mot à tout bout de champ, pour le cramer, le stériliser et retirer le tract de la main du militant. Comment réclamer ce que l’on a déjà.

Mais « monde libre« , c’est autre chose. C’est en repensant aux jérémiades du MEDEF, et des partis biens pensants, lorsqu’on met dans le mixer à idées toutes les expressions utilisant ce concept que la vision de loin nous donne une clef de lecture.

La conclusion n’est pas très subtile, mais ses implications vont plus loin qu’il n’y parait au premier abord. Les mâles alpha du troupeau, les riches, les puissants ainsi que leurs sous-fifres salariés aspirent en effet au « monde libre« .

Foin de liberté de travailler ou pas, d’adhérer au consumérisme ou pas, non, il s’agit uniquement de la liberté du fort de sucer la moelle du pauvre. La liberté d’entreprendre ! De profiter librement de toutes les « opportunités » possibles (en clair de prendre aux pauvres en ne foutant strictement rien), de privatiser, de faire payer ses dettes de jeux boursier par les pauvres, d’empêcher l’État de réguler les rapports de force.

Le « monde libre« , un monde où on exploite librement les hommes, les ressources naturelles, les faiblesses des uns, l’appétit de consommer des autres, libre de ne pas payer d’impôts, de cotisations sociales ni de taxes. Libre de s’étendre sans limite en semant mort, pollution et désolation. Libre de mettre en esclavage, libre de s’approprier des ressources ou des terres sans se soucier des gens qui s’en nourrissent. Libre d’hériter sans entrave. De délocaliser sans contrariété. Libre de spéculer, libre de voler les communautés, afin de donner à nos grands prédateurs les coudées franches pour leur Monopoly morbide.

Libre d’acheter des dirigeants, de massacrer (Somalie, Rwanda), de mettre en esclavage (Birmanie), libre de rectifier les régimes par trop sociaux (Chili, Argentine, Guatemala), ou récalcitrant à cette liberté d’utiliser exclusivement le dollar (Libye, Irak). Libre de mentir à sa propre opinion (les bébés imaginaires du Koweit massacrés par des irakiens tout aussi imaginaires, les ADM de Saddam avec l’analyse d’urine de Colin Powel aux nations Unies) pour déclencher des razzias coloniales. Oui, il y a cela aussi : le « Monde Libre » est libre d’envahir qui il veut, quand il veut A TITRE PREVENTIF, dès lors que ses intérêts, pardon, la liberté d’amplifier ses intérêts, la liberté de fausser la concurrence chaque fois que l’on est soit même bénéficiaire du stratagème est menacée. Ou est juste menacée d’être menacée. Ou vice-versa, chais pu.

Pour les détails, relisez Noam Chomski « dominer le monde ou sauver la planète. ».

Ce n’est d’ailleurs que le prolongement du mot « libéral » qui induit la liberté du riche de faire trimer sans contrepartie, sous contrainte même, la masse des gueux que nous sommes.

Alors, la prochaine fois qu’on vous parle de « monde libre« , demandez donc « libre de quoi faire !!?? ».

Les USA : le centre du « Monde Libre D’exploiter Tout Sans Limite Pour le Profit des Riches« . Bon, on les comprend, fallait compacter, faire simple. En fait, ce monde est surtout libre de vous niquer, et ne vous avisez pas de vous opposer à cette liberté pour faire valoir vos droits à y échapper. Les USA ont 80 points de ventes (forcées). Très équipés pour empêcher toute dérive liberticides aux capitalistes, vous collant en une fraction de seconde un saturnisme aiguë et fatal. Demandez à Alliende. Il nettoyait sa démocratie, le coup des multinationales américaines est parti tout seul.

Et faites gaffe au TAFTA, ça pue le monde libre, ce truc !

VUNCF sur Radio Ici & Maintenant 95.2

La radio Ici & Maintenant accueille le conducator de ce site. Il s’y livre à un exercice simple et prévisible : faire de l’éducation populaire.

Il existe une fâcheuse tendance chez les révoltés politiques : se jeter à corps perdu dans la dénonciation des vices politiques et économiques. L’actualité livre constamment la matière à cet exercice. Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo, pour ne citer que ceux là, sont des sources sans cesse renouvelées d’indignation… stérile.

Il est autrement plus difficile de trouver des propositions de remplacement aux systèmes que nous voulons abattre.
Abattre c’est fastoche : l’adrénaline de l’indignation révèle nos instincts cachés de destructeur, mais elle ne nous inspire pas pour l’après oligarchie.

C’est d’ailleurs une spécialité bien tolérée que de dénoncer : en plus des journaux déjà cités, nombre de polémistes ne manquent pas d’exciter le lecteur/spectateur. Ça n’a pas l’air de troubler le CAC40, ce qui est un signe très négatif quand à l’efficacité de cette pratique défouloir.

Au final, un suppo et au lit, pour des après-demain qui chanterons peut-être. Scrogneugneu.

Vuncf s’engage résolument dans une autre voie, que vous pouvez suivre le lundi et mercredi de 14h à 17h30. Cela tient en deux axes :

  1. L’éducation politique, avec des diffusions de conférences genre Guillemin, Chouard, Lordon, Friot, Sapir, Ruffin, Christine Jackse, Foucher, et tous les autres que j’oublie de citer, ou que je ne connais pas encore,
  2. Des présentations de 5mn à 3h30 par des gens qui font de l’éducation populaire, parfois sans le savoir. Gentils Virus, Démocratie Réelle, les différents groupes qui organisent des ateliers constituants, les Dèmes, les animateurs des nombreux sites sur ces sujets, des organisateurs de conférences, pour les promouvoir, en diffuser l’enregistrement…

L’idée : « L’éducation populaire, c’est ici et maintenant et l’action politique c’est déjà en route, en action ».

Bref, la Démocratie n’est plus une utopie. Viendez en causer à l’antenne, ça m’fera des vacances.
Sébastien

Voltaire & B.Tapie, même combat !

L’histoire des peuples est écrite par les vainqueurs. A cette occasion, le récit justifie le combat, la victoire et l’écrasement du perdant qui est FORCEMENT le méchant.

Qu’il le soit effectivement reste possible, mais finalement secondaire. Chaque pays, ou plus précisément les dominants/vainqueurs de chaque pays, construisent, rédigent les légendes convenables, celles qui vont donner le catéchisme au peuple, afin que celui-ci ne questionne pas les vainqueurs politiques, dominants  économiques.

En ce moment, soit quelques jours après les meurtres à Charlie Hebdo et en périphérie, on voit des beaux esprits invoquer Voltaire et Les Lumières comme des certificats de vertus sociales, comme la preuve ultime de notre supériorité intellectuelle contre les barbares rétrogrades. Mauvaise pioche !

Cette invocation n’est pas un rappel à l’histoire, la vraie, c’est la régurgitation d’un catéchisme (imposé sous cette forme dans l’Education Nationale).

Voltaire escroc, Voltaire malfaisant, Voltaire traitre à la nation.

Vous vous demandez comment on peut parler aussi négativement de ce type. On peut effectivement le faire, dès lors que l’on laisse de coté la légende charmante, pour aborder sa vie, ses actes, ses paroles, avec un regard d’historien. Je vous invite à regarder les trois vidéos ci-dessous d’Henri Guillemin, historien sérieux.

Que des guignols de la ‘démocratie’ (avec guillemets !) utilisent Voltaire et les lumières comme incantation de notre prodigieuse intelligence en tant que peuple, est une insulte.. à mon intelligence! A peu près aussi con que de penser que la France (66M d’hab.) soit une grande nation de foot quand un décérébré millionnaire marque un but. Passe encore, mais que des journalistes BAC +6, qui plus est prétendument de gauche, propagent l’amalgame entre deux écrits légèrement impertinents de Voltaire, qui certes écrit mieux que Tapie, pour nous en faire l’icône de la démocratie, c’est l’horreur totale.
Vraiment, à chaque fois que vous entendez ‘Voltaire’, remplacez par ‘Bernard Tapie’, pour voir ! Les enregistrements ci-dessous de Guillemin devraient vous faire réfléchir.

Voltaire s’est gavé comme un vulgaire Serge Dassault ou un Lagadère, ou un Bouygues, en escroquant l’état, se gavant d’argent facile obtenu par la falsification comptable. Imaginez qu’à l’ouverture du testament de Charb, on trouve 100 millions d’Euros acquis en tant qu’intermédiaire en ventes d’armes. Car c’est précisément de cela qu’il s’agit. Ce n’est pas une image, c’est la vérité historique.

Voltaire s’est prouvé pernicieux, en rédigeant des horreurs signées Rousseau et éditées pour lui nuire : une tentative d’incendie du Reichtag, ou Colin Powel avec son analyse d’urine à l’ONU comme preuve de l’existence des armes de destruction massives en Irak. Une propagation organisée d’un mensonge aux conséquences désastreuses.

Une petite dernière : le point de vue de Voltaire sur le gouvernement d’une société :

Un société bien organisée est celle ou le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourris par lui, et le gouverne.

Quand aux « Lumières » : éblouissantes !

Que l’encyclopédie ait été un refuge pour des scientifiques qui en avait ras l’éprouvette de penser à travers des lunettes en forme de bénitiers, c’est probable. Mais sa récupération politique a surtout permis de semer le doute dans les dogmes religieux, non pas pour atteindre l’église, mais le pouvoir temporel assis-dessus : la royauté, et l’aristocratie qui va avec.

Les ‘Lumières’, avec un très habile usage des mots, ouvraient la voie aux commerçants, banquiers et autre biznessmen pragmatiques et rationnels. A l’époque 99% des français, soit en gros 23 millions, ne sait pas lire et à d’autre miches de pain à fouetter. L’encyclopédie est une œuvre utilisée pour tuer un pouvoir et en assoir un nouveau, et je ne suis pas loin de penser que ce nouveau pouvoir de l’argent était, et reste aujourd’hui PLUS totalitaire que le précédent. Ne me faites pas dire que j’aurai de la sympathie pour le royalisme : vous auriez gobé un peu vite qu’en ayant évoqué deux régimes, deux types de pouvoir, il n’y en aurait pas 50 autres à examiner. Il n’y a pas de ‘tiers état’ dans le capitalisme. Juste un roi, président de la finance internationale.

Remplacez  ‘Les Lumières’ par ‘Les pigeons’, cette association d’activistes de startup ultra-capitalistes, purement orienté vers le profit facile et déifiant l’argent et le marché et vous aurez une meilleure idée du tableau. A cette réserve qu’en examinant de près le parcours de chaque contributeur de l’encyclopédie, on n’y trouverai pas forcément toujours de la malice. Ils ont participé à une œuvre scientifique, sans soupçonner forcément la récupération nauséabonde qui serait faite ensuite de leur travail. Ce ne sont pas forcément les individus que je souhaite superposer, mais plutôt le résultat politique, qui peut finalement être le fait d’intervenants opportunistes extérieurs..

Entendre la Judith Machin dans une émission ‘Arrêt sur Images’ se pousser le col avec un Voltaire et des Lumières, comme si elle les avaient personnellement créé et entretenant ainsi la confusion entre progressisme et OPA boursière est proprement consternant. Et que Mr Schneiderman acquiesce est attristant. De Pujadas, c’est logique, mais bon…

S’il vous plaît, regardez ces trois conférences de Guillemin, et ensuite, on en reparle.

 Voltaire

Le son est pas terrible, mais ceci n’est pas un concert de RnB.

Jean-Jacques Rousseau (victime de Voltaire) Partie 1

La mise en perspective des deux hommes est instructive. Voltaire le rapace à dépensé beaucoup d’énergie pour faire taire Rousseau le penseur progressiste honnête.

Jean-Jacques Rousseau (victime de Voltaire) Partie 2

Dans Ta Face : Populisme, extrême-droite de pacotille

C’est la question centraaaaale….

Parcourant quelques actualités, une (vieille) perle tombe du site du « Le Monde ».  Un réactionnaire suisse nous explique le cas Houellebecq. Alors résumons : Houellechose est d’extrème-droite parce qu’il remet en cause le gouvernement représentatif au profit de La Démocratie, au sens athénien. Notamment par un fort usage du référendum, d’initiative populaire cela va sans le dire.

La preuve : les politiciens d’extrème-droite veulent aussi faire des référendums. Donc WellWellWell est d’extrème-droite. Bravo mec.
Rien de nouveau à proprement parler, la conversion du Monde à la dictature des actionnaires a 20 ans au moins. Examinons un instant le ressort de cet article, dont un lien figure en bas de cet article.

Ressort argumentaire : Houellebecq veut des référendums, Le Pen veut des référendums DONC Houellebecq est d’extrême droite. Marine fait caca, je fais caca, donc je suis d’extrême-droite. On suppose comme allant de soit que le FN est d’extrême-droite.

Ressort sémiologique : L’extrême-droite en France est un concept mal défini, à géométrie variable. Son attrait : provoquer un sursaut de dégoût, de bloquer toute pensée. Les qualificatifs ‘populiste’, ‘fachiste’, ‘extrême-droite’ ne sont plus des mots, avec un sens dans le dictionnaire. Ce sont des déclencheurs d’indignation par le cerveau reptilien, des générateurs automatique de dégoût. Comme le rouge de la cape du toréador énerve le taureau qui va se faire avoir, ces mots énervent les électeurs.

Qu’est-ce que l’extrême droite ?

Commençons par « la droite » : A droite ceux qui veulent protéger les avantages et la propriété des riches, leur mainmise sur tous les aspects de la société, à gauche ceux qui veulent limiter la goinfrerie des dominants et donc sortir la majorité, la cariatide, bref le populo, de la chiourme où les dominants les exploitent comme de vulgaires esclavagistes qu’ils sont, fondamentalement. A droite ceux qui ne veulent pas la mort du Roi et vice versa.

On devient de droite quand on décide de faire travailler les autres pour un bénéfice personnel, en travaillant soit-même le moins possible.

On est de droite quand on investit. Placer son argent est, aujourd’hui, la signature d’un positionnement droitier. La richesse indue par l’héritage ou la magouille boursière, la spéculation, la corruption, utilisée comme moyen pour obtenir qu’un ‘autre’ travaille pour moi (paye un loyer par exemple) pendant que je bois des mojitos au bord de la piscine. Vous comprenez la différence entre la propriété d’usage, « j’achète une maison pour y habiter » et le propriété lucrative « j’achète un appartement pour attraper la moitié du fruit du travail du locataire », me faire une grosse marge et ne plus travailler.

A quel moment passe-t-on de la droite à l’extrême droite ? Quand la gauche commence à réussir et que la propriété privée lucrative est menacée. Et que le sang commence à couler. Pour cela, des mercenaires conscients ou ‘inconscients manipulés’, vont aller se fritter avec les forces de progrès.

Attention : le sang va couler, mais le riche a intérêt à se cacher : autant les fachos du Colonel Laroque en 1934 viennent au grand jour restaurer l’ordre contre la subversion – les fortunes contre les gauchistes du front populaire qui nait – en lançant un putsch stoppé au dernier moment, autant la diversion est choisie le plus souvent pour sa discrétion.

La semi-diversion : le sujet est traité, mais avec mauvaise foi, en comptant sur la bêtise du bas peuple, qui réfléchi dans l’ensemble avec son estomac. Exemple typique, c’est le journaliste suisse qui taxe Houellebecq d’extrémisme, journaliste qui est lui même la diversion de droite. Pour que rien ne change, ce qui est objectivement l’intérêt des nantis, l’anathème est lancé, peut importe son épaisseur intellectuelle, ce qui compte c’est la panique dans la conversation. Qu’on oublie vite l’idée de démocratie en lui collant vitevitevite un autocollant dégueu. Populiste, pédophile, nazi, pianiste : peut-importe, du moment que le populo flashe dessus et crie « beurk! ».

Et en l’occurrence, en remettant en cause le gouvernement représentatif des bourgeois, c’est Houellebecq qui est à gauche, le journaliste qui défend l’ordre établi est à « droite ». Pas « extrême-droite » : le sang n’a pas encore coulé.

La diversion : C’est le plus facile. Un attentat, une avancée des rebelles (malien) plus un riche menacé (Bolloré ou Areva) : et hop ! une guerre est lancée. Un mariage pour tous, un massacre dans un journal, c’est bien aussi. N’importe quoi pour ne pas toucher au magot des riches. Parler d’autre chose que de l’hégémonie des friqués et de leur dictature déguisée. Ne pas parler de démocratie !

La droite s’étend donc du PS inclus aux groupuscules conservateurs.

Techniquement les groupuscules identitaires ne sont pas « de droite ». Selon le contenu politique, ils pourraient même être classés à gauche. On voit bien là que le critère « droite/gauche » est déjà un fourre-tout idéologique. Un critère naturellement occulté est le caractère démocratique/autoritaire. Vous pouvez croiser ces quatre mots : gauche démocratique (absente du paysage), gauche autoritaire (toute la gauche du PS), droite autoritaire, droite démocratique. Cette dernière est une vue de l’esprit : le peuple n’accepterait jamais de bosser sans contrepartie pour les riches. Donc on le berce d’illusions : une dictature ‘douce’, mais tous les traits d’une dictature. Aucun pouvoir réel des électeurs car ceux-ci confondent vote et démocratie. La droite démagogique, PS inclus, se fait passer pour démocratique, alors qu’elle n’est qu’une droite « pas autoritaire ».

Le PS, qui défend le système des riches par sa politique libérale, est donc simplement pour cette raison un parti de droite.

L’extrême-droite, tapie dans l’ombre…

Ce qui amène à penser qu’il n’y aurait pas en France de parti d’extrême-droite. Techniquement, la droite ne fait pas couler le sang des pauvres pour protéger les riches.  Enfin, en général…

Mais quand même : les incidents de Notre-Dame des Landes ou du barrage de Sivens sont, eux, exactement dans la définition de l’action extrême-droitière. Par l’intermédiaire de la police, Ayrault puis Valls vont faire couler le sang pour protéger les intérêts de Bouygues, Eiffage, Vinci. C’est ça l’extrême droite : bâtons, couteaux, ou flingues pour défendre la grosse galette ! D’ailleurs, on ne dit pas « la grosse galette », on dit « l’ordre »

Objectivement, une ratonnade, un groupe de costauds qui va casser la gueule à des bronzés, n’est pas a-priori un acte d’extrême-droite. Au contraire, abimer la main d’œuvre bon marché serait plutôt de l’ordre du sabotage gauchiste. Hé oui ! Mais quand la réaction à cette action est juste un facteur de diversion pour le populo à bonne conscience qui confond les droits de l’homme et la lutte des classes, alors cette ratonnade s’insert peut-être dans un plan plus général de protection des fortunes en créant des troubles justifiant le flicage de la société. Avant de qualifier un acte violent à gauche ou à droite, il faut connaître les résultats à long terme.

Long terme : nom commun, expression totalement éradiquée par l’enthousiasme de l’internaute à recevoir une information le plus vite possible. Le citoyen drogué à la chaîne continue d’information se berce de l’illusion de l’information, indissociable de la « culture » et de la « réflexion », beaucoup trop gauchisants.

Droite extrême ou pas

Dans une période « calme », quand les esclaves vont gentiment trimer et se faire tondre, l’extrême ne se manifeste pas. L’extrême est latent, comme le racisme ou l’anti-sémitisme. L’extrême n’est pas une politique, mais un ‘dernier recours’, une menace commode.

C’est bien une erreur que de faire le parallèle entre l’extrême droite et le nazisme, alors que c’est parfaitement adapté avec Pinochet. Pinochet est l’envoyé des riches pour tuer la gauche et restaurer la toute puissance des propriétaires. Les multinationales et les bourgeois (les possédants lucratifs), par l’intermédiaire du gouvernement des USA, ont envoyé  Pinochet rétablir l’ordre des riches par la violence.
Dans le cas du nazisme, issu de l’humiliation nationale par la France de l’Allemagne vaincue en 1918, ce sont les riches qui ont couru après le nazisme et pas le contraire. En finançant les nazis, les riches ont donné le caractère « extrème-droite » à ce qui n’était alors qu’un nationalisme violent, à gauche au sens strict. Les riches européens (inclus les Renault, Peugeot, Michelin, Schneider, De Margerie ex-Roderer, bref, le bizness) ont choisi Hitler contre le communisme. C’est un peu osé, mais on pourrait dire que c’est le Medef européen de l’époque, qui a donné son caractère d’extrême-droite à ce qui n’était qu’une dictature nationaliste violente. Et ne doutez pas que Marine saurait s’adapter !

Cessons de confondre « nationalisme violent » et extrême-droite. L’extrême droite est la violence physique au service d’une politique de préservation des privilèges des riches.

PS et UMP d’extrême-droite ? Pas dans les faits actuels, car la violence n’est pas nécessaire. L’abrutissement des masses fonctionne très bien. Mais les sursauts de résistance populaire aux OGM, aux chantiers inutiles sont l’occasion de comportements répondant à cette appellation.

Le FN, parti d’extrême-droite ? La seule différence, je dis bien la seule, entre UMP et FN, est que l’UMP défend les intérêts des gros riches et de leur système international, quand le FN veux exactement le même chose pour les petits riches locaux. Quand à son caractère raciste, il n’a rien à voir avec notre sujet. Attendons de voir qui réprime les idées de gauche par la violence pour dire qui est d’extrême-droite.

La seule chose que l’on peut dire, c’est que le FN a un discours violent, violence qui pourrait être le signe de l’extrême plus latent dans ce parti qu’ailleurs. Mais rien au fond ne différencie Coppé, Estrosi, Mariton ou Valls de Marine. L’histoire récente montre UMP-PS ayant recours à la répression physique de la contestation de gauche avec les même justifications. Objectivement, Marine n’a pas eu l’occasion de le faire. Qu’elle en meure d’envie reste une conjecture.

Le racisme peut-être éventuellement associé à l’extrême-droite, dans le sens où c’est une construction servant à justifier l’esclavage. Lequel esclavage a profité aux riches : la main d’œuvre gratuite qui par ailleurs met la pression sur tous les salaires, ne concerne que les riches dominants colonialistes. Le racisme est donc un doctrine politique de droite, extrême en ce qu’elle est violente. Les manifestations racistes quotidiennes sont d’un tout autre ordre, et le plus souvent n’ont pas de caractère politique, le mâle européen est con et violent, au fond.

Certains d’entre nous ne possèdent pas le bagage historique, le langage, pour s’exprimer en toute circonstance. C’est la vie ! Ce qui est plus discutable, c’est la propension des riches à entretenir et utiliser ce fait pour manipuler les esprits. Résistons ! Remettons les mots à l’endroit.

Article en référence : http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/05/20/michel-houellebecq-et-la-democratie-directe_4422199_3232.html

 

Charlie-Hebdo : Résistance !…. à la manipulation

Charlie-Hebdo : à quand Colin Powel à l’ONU, brandissant Charlie-Hebdo.

Vite, c’est maintenant.

Beaucoup d’entre vous sont maintenant aspirés dans le flot d’infos : internet, médias.

C’est le moment de penser à la stratégie du choc, telle que décrite par Naomie Klein.

Je fait court : prenons une population à qui on veut faire avaler des couleuvres. On provoque ou, plus simplement et vraisemblablement, on attend patiemment un choc. Sous l’effet du choc, convenablement récupéré par les médias ET les réseaux sociaux, le peuple tétanisé signe n’importe quoi. L’attentat de ce matin  est l’occasion d’un travail pratique… sur soi.

C’est la « pratique du témoin ». Vous vous dédoublez : celui qui vit sa vie, qui regarde les infos, qui cause et écoute.
L’autre, c’est « le témoin ». Un genre d’huissier qui prend des notes sans dire un mot.
Le témoin note : émotion, tristesse … induite, colère … induite et finalement

Tiens : la télé me visse dans la tête « barbarie » « horreur », « frappé au cœur », « rassembler », « rassemblement ». « Le gouvernement doit prendre toutes les mesures ».

Je suis moi-même lecteur, je suis très bien placé pour jouer comme vous. Quelle liberté sera rognée, quelles dépenses de sécurité fliquantes vont arriver, pour la plus grande joie des fournisseurs ?

Et envoyez les minutes de silence !

Alors soyez vigilants : armez le « témoin » d’un bon stylo et d’un bloc-note tout neuf, et laissez vous allez. Ne changez rien, mais OBSERVEZ.

On en recause dans quelques mois.

Mes sentiments personnels relèvent de ma vie privée, ce site n’est pas l’endroit pour chougner. Restons citoyens, on a pas gardé les oies ensemble.

18h40

S’torrible. Je viens de me prendre une douche visqueuse. Comme une bassine de shampoing transparent. Fluide et tiède.

Les médias, le web et les hallucinés de la rue : un tsunami d’hormone ! Un tsunami qui emporte toute pensée. Un déferlement au rêve, un rêve décrit avec des mots-nuages. Ecoutez, la valse des mots consensuels nous perce.

On est « unis »… Comme ça, on peut plus revendiquer. On ne peut plus parler de rien d’autre… Le témoin se régale.

8/1 15h

On a passé le temps des infos brutes, celui des premiers instants qui ont l’avantage d’être bruts de manipulation.
Une histoire va maintenant nous être contée : le président a aussitôt qualifié le triste évènement d' »attentat terroriste ». Il a fallu peu de temps pour relier un ensemble d’informations choquant à une mystique politique, laquelle appelle aussitôt à des considérations guerrières.

Or, à ce moment de la journée d’hier, aucune nécessité ne justifiait ce rapprochement. On ne sait pas s’il s’agit d’un geste isolé de graves timbrés, si un groupuscule de lapins crétins a concocté ce bazar, une soigneuse éducation par les jeux vidéos, la pression d’un monde agressif plus quelques provocateurs barbus ajoutant les épices de cette recette macabre.
Une fois terminé une cure de séries B décérebrées, de vidéo youtube, la lecture de revues spécialisées en vente libre et un peu d’exercice, alors nous pouvons probablement sans grande imagination visualiser des gens techniquement informés, à la gestuelle éduquée. D’où des délires d’action de professionnels entraînés, donc gros  complot….. On n’en sait rien, mais la populace ne fait bientôt plus la différence entre une information brute et le roman aussitôt seriné par les journalistes, les politiques  et autre ‘lideurs’ d’opinion.

Dans Ta Face : Vive les préliminaires !

C’est la question centrale…
Deux expériences récentes pour entrer dans le vif. Deux interlocuteurs, 55 et 85 ans, niveau d’étude supérieur : pour faire court, des intellos certifiés.

L’un plutôt bleu-marine, l’autre a été Ségo. Je commence à discuter politique, et au détour d’un raisonnement sur un fonctionnement rêvé de démocratie, tombe sur mon discours une météorite.

Comme le congélateur tombe sur les flics lors des perquises de cité hlm pauvre, un lieu commun force 7 émiette la conversation.

« Mais comment tu veux faire, il n’y a pas d’argent » (sous entendu, les caisses de l’état et des collectivités locales sont vides.)

Que les autres me pardonnent, mais pour ceux qui résonnent sur cet argument, je vous condense la réponse : Les caisses sont vides parce que

  • L’état loue la monnaie aux riches, pour un coût approximatif de 55 milliards d’euros par an
  • Nos représentants des riches on rédigé à leur avantage exclusif des centaines de niches fiscales, environ 350 : les riches ne payent pas d’impôt (relativement..)
  • La fraude fiscale n’est pas réprimée (il suffit de sous-équiper l’administration chargée de le faire : en hommes, en moyens et en outils juridiques)
  • La finance, en achetant nos représentants, donc des lois sur-mesures, a obtenue une société pleine de tuyauteries pour siphonner le travail des producteurs.
Pour faire simple : pour un PIB=2000 Md € ,  le  total de l’argent transféré à des prêteurs feignants sous forme de dividendes, intérêts d’emprunts et autres niches est de  700  Milliards.

Contrairement à des cotisations sociales, des impôts et des taxes qui nous sont rendues sous la forme d’hôpitaux, de samu, de fac, de lycées, de docteurs, de profs, de flics etc, ces 700 Mds d’€ ne nous reviennent pas.

Ces 700 Md€ sont en presque totalité du vol légal pur et simple. Sa légalité a été établie par le 1 pour 1000 qui en profite.

BREF !

Je n’étais parti là-dessus, mais tout à ma passion, j’ai (pas) pensé que mon interlocuteur (n’)avait (pas) déjà été frotté à ce sujet.

La personne s’est saisie de ce qu’elle pense être une grossière erreur : cela la soulage immédiatement de toute réflexion fatiguante. Ouf ! Et encore, je soupçonne mes interlocuteurs d’être de bonne foi, alors imaginez avec Jacques Attali.

Comme à priori le but du jeu est de convaincre au moins 15% de la population, au lieu du 0,02% actuel, on sera bien inspiré de prendre à bras le corps ce foutu problème de pure pédagogie.

Ce qui m’amène à la proposition suivante : Si on arrêtait de dénoncer comme des moulins pour le plaisir de se croire plus intelligent et mieux informé (le nucléaire, c’est pas bien, Monsanto est méchant…) ?

Qui va inviter tout ce petit monde à trouver des méthodes sérieuses de conversations militantes ? Comment garder un auditoire ?

Le seul institut de recherche en pédagogie politique : le site www.vuncf.org !

 

Dans ta face : Deux cotés pour chaque chose..

Rarement les concepts dont on nous abreuve sont simultanément présentés par leur deux faces.

Les deux « cotés » sont délimités par les rapports de force sociaux : ceux qui nous gouvernent, les marchés, les financiers, les décideurs, les gagnants, les 1%  et de l’autre coté, la masse grouillante qui s’active à subir les diktats sociaux des premiers, pour les enrichir, leur permettre de mener la belle vie. Rien de nouveau depuis 5000 ans. Ce qui est nouveau, c’est la forme moderne de l’esclavage qui manie les concepts au lieu du fouet et, le croiriez vous, avec une efficacité jamais atteinte. Le fouet, c’est bon pour les sous-dev’, pardons, les pays en voie de développement, qui n’en finissent pas de sombrer pendant qu’on les pilles d’ailleurs.

Pour aller dans le vif, prenons immédiatement quelques exemples pris au hasard parmi des milliers.

Premier concept à deux faces : la croissance.

Pour « les gens », c’est un phantasme dont l’actualité encense le retour ou plutôt l’espoir de ce retour, comme la promesse d’une croissance du bonheur.

Pour nos maîtres, c’est techniquement le moyen d’exiger un surcroit de travail qui permettra de payer la soulte, la taxe représentée par les intérêts, les dividendes. Par exemple, on nous a dit que la « croissance » de la durée de vie devait s’accompagner d’un surplus proportionnel d’années de travail. C’est la croissance en valeur absolue des revenus des non-producteurs, offert par des esclaves qui consentent, c’est fou, à travailler d’autant plus longtemps que cette prétendue augmentation cache en fait une réduction de la durée de vie en bonne santé. Et puis, qui bosse après 50 ans ? Donc baisse des retraites et du nombre de dents, trop chères à soigner.

Si les pauvres se donnaient la peine de regarder, ils verraient que les revenus des riches non-travailleurs croissent effectivement, en même temps que le chômage. S’ils en avaient conscience, ils s’attacheraient à n’en point créer, de croissance. Celle-ci s’exerce notamment par plus de pillage des ressources et de la pollution. Où est elle, cette « crizinouie » ou plutôt pour qui ?

Deuxième concept : la notion de « réforme ».

Pour 99% des gens, la perception de ce terme a une connotation positive : on réforme pour améliorer, donc pour obtenir un progrès. Faute de lire des livres, la masse des gens, incluant ceux qui se croient hors système en agitant en boucle des dénonciations sans lendemains de progrès, a – la masse – oublié que ce mot a une étymologie négative : on « retire la forme », l’existence d’une chose ou d’une idée à l’agonie.

Pour les 1%, c’est la destruction du système social, en ce qu’il se nourrit de ressources prises aux actionnaire. Baisse des cotisations patronales, donc de nos revenus indirect.  A la sortie : hausse immédiate des dividendes et baisse des taux de remboursement de santé pour les fourmis.

La part du coût du capital a pris 10% du PIB en trente ans. Étonnez vous qu’il y ait 10% de chômeurs ! Rappelez vous : ce sont les les vaches, que l’ont réforme à l’abattoir et ce sont bien nos vieux que l’on réforme en réformant les retraites.

Troisième exemple : la personnalisation des relations sociales et commerciales

Pour les consommateurs, c’est la prétention d’un service personnalisé de votre banque, de pôle emploi, qui est censé vous offrir un service ‘achement meilleur, tout comme les publicité s’adressent à vous comme à un seigneur : vos chaussures, votre bouteille de coca, vos placements : tout cela est personnalisé. Ô toi mon client, comme tu es beau, comme tu es joli et unique ! Personne ne lis son horoscope en se demandant comment seuls 12 destins s’offrent à 6 milliards de terriens.

Pour l’actionnaire, c’est juste un coup de lavage de cerveau, de pub pour faire gober à l’esbroufe un contrat quelconque. C’est l’effet Gad Elmaleh qui nous vend de la banque. La personnalisation de nos rapports commerciaux a pris la place de la citoyenneté.

Le résultat est que le collectif disparaît au profit du contrat commercial. La recherche du bon plan sur internet pour un profit personnel  représente en creux la disparition du collectif, seul concept socialement plus intelligent que la somme des égoïsmes primitifs de chaque individu qui compose ce collectif désormais ringardisé. Plus de syndiqués, plus de syndicats et en avant la « Flexi-sécurité » . Copyright le MEDEF et la CFDT. Flexibilité pour te virer, sécurité pour l’actionnaire.

 Quatrièmement : la « démocratisation » de services ou de biens autrefois réservés aux riches

Nous sommes depuis 20 ans dans l’expansion du tourisme planétaire. Les 99% sont comme des fous à l’idée de pouvoir (ou pas) aller passer 15 jours en Thaïlande ou ailleurs, au moins une fois par an. D’ailleurs un pauvre qui ramasse trois ronds les claque aussitôt en dépense futiles qui ne laissent rien d’autre que l’envie de claquer au plus vite d’autre trois ronds, pour aller ailleurs ou bien pour se payer une voiture ou un smartphone, ou pire, un quad.

Pour les un pour-cent les plus riches, c’est la promesse que ceux qui ont un boulot se rendront d’autant mieux à la chiourme de l’emploi pour gagner le fric pour recommencer, que le plaisir reçu disparaît bien vite de la mémoire, n’y laissant rien d’autre qu’une vague trace vite effacé par la sortie du nouveau truc à la mode, qui amènera avec lui la frustation de ne pas le posséder. Ceux qui n’ont pas les moyens prendront un crédit qui va leur pomper un peu plus de leur temps de travail. C’est l’effet Iphone.

D’abord une croissance de la fièvre acheteuse n’est en aucun cas une « démocratisation », gardons ce mot pour des occasions plus nobles. Il s’agit surtout d’intensifier cette agitation dans la consommation, et la pollution qui va avec.

Ce qui amène les moins jeunes à regretter l’époque sans téléphone portable, les voyages en avion hors de portée et les voitures sans ordinateur de bord. Et maintenant que le commerce qualifie ses avancées mortifères de « démocratisation », quel mot employer pour travailler sur la Démocratie, la vraie ?

Cinquièmement : Internet.

Pas la peine de vous faire l’article préparé par les multinationales qui l’exploitent : si effectivement, pour une part minime, il donne accès à l’encyclopédie du monde, elle sert surtout à picorer de l’émotion jouissive : du porno aux blogs vidéos concoctés par des armés de décérébrés funs sur youtube, ou à jacasser sans fin pour recevoir les caresses flatteuses que les internautes s’échangent sur FaceBook en partageant des idées superficielles, convenues et surtout jamais décortiquées. Signez pour la petite schtroumphette très malade : la « solidarité » remplace la citoyenneté (la vraie) : la pétitionite chronique qui s’empare des biens pensants les exonère surtout d’approfondir les sujets autrement plus graves.

C’est pour les 1%, l’opportunité de faire un bizness détaxé et de s’affranchir des nécessités d’antan de mûrir un achat, lequel était aussi en passant l’occasion de rencontrer un commerçant qui pouvais donner des conseils,  pour y substituer l’assouvissement de pulsions acheteuses frénétiques et impatientes. Libraires, épiciers, et autre distributeurs locaux ont dû pour cela céder leurs revenus aux Amazon et autres Ebay-Carrefour et même les prestataires de services ne survivent qu’en payant une lourde commission aux franchiseurs de tous poils. Ajoutez à cela le libre échange electronique qui permet aux grosses boîtes de ne pas payer d’impôts, que les 99% payent désormais à leur place.

Au final, le surf sur internet a complètement détrôné la lecture, la longue réflexion sur des sujets essentiels mais prise de tête : si tu ne peux pas t’expliquer dans un clip fun de moins de 6 minutes, ce que les marchands, eux, savent très bien faire, tu es inaudible. Internet à détruit la pensée, la culture, la réflexion au profit de la consommation d’orgasmes (d’achat, de jouissance pure, de compassion superficielle qui nous écarte de l’important). Les SMS et les tweets ont remplacés les échanges directs. Pourquoi se fatiguer à faire de la politique quand on a 1200 chaînes télé et youtube en prime. Les neurones se débranchent.

L’offrande par les requins du commerce et par notre gouvernement représentatif du « pouvoir d’achat ».

Pour les péquins que nous sommes, le pouvoir d’achat est l’horizon exclusif de nos revendications, et, faute de lutte des classes ringardisée par la gauche et la droite maintenant ouvertement d’accords, nous en redemandons à nos idoles commerciales, qui visiblement sont très attachés à nous en donner.

Les 1% savent bien que rien dans la dure réalité des statistiques, nous en avons toujours moins qu’on nous en promet, et cette incantation signifie la baisse de nos revenus, à nous les vrais productifs, car d’où viendrait cette hausse quand elle se construit sur des baisses effectives de salaires, du nombre d’emplois disponibles ou de revenus pour les producteurs indépendants. Ah oui, nous avons tous un grand écran de télé, mais fabriqué au loin pour permettre de grassouillettes marges bénéficiaires… pour les actionnaires et eux seuls. Nos ouvriers sont partis pointer à Pôle Chômage.

« Hausse du pouvoir d’achat » égale baisse des salaires et des retraites, mais ça sonne mieux.

La solidarité plutôt que l’équité

Le téléthon, les dons  à MSF, aux médecins du monde, aux restaus du cœur, accaparent l’énergie de ceux qui pensent vraiment accomplir un service civique : ce sont les plus fauchés, en contact avec la misère, qui donnent le plus. Les 99% ont l’impression de faire de la politique, d’être actifs, d’être bons.

Les 1% savent que cela leur évite de payer des impôts ou mieux, de baisser leur part du gâteau, de laisser du travail et des retraites à tous le monde : il y aura toujours des bonnes âmes pour réparer leur dégâts. En plus bénévolement et dans la joie et la bonne humeur. Ils font un cadeau aux riches et en plus ils en sont fiers !

Les cons ! Ils votent en plus !

Dans Ta Face : Tous assouvis !

N’oublions pas qu’une pièce a deux faces, chacun choisi celle qui l’arrange.

Pour le prix de la dévastation de l’environnement, de la mise en esclavage, la misère qui se répand, qu’avons nous ?
Eh bien oui, tous ces effets a peu près connus, aux origines bien déterminées ont tous le même but, ou le même effet, selon le point de vue.
A la suite de la mise au turbin effrénés, nous produisons à fond !

Donc nous offrons toutes sortes de délices à consommer. Il y a ceux qui peuvent se les payer, certains qui magouillent pas légalement pour se les payer, ceux qui bavent de ne pas pouvoir se les payer, et une petite minorité qui s’en tape.
Nous avons donc une très grosse majorité qui a des énormes envies de consommer. Envies inégalement mais globalement satisfaites.

Toutes les représentations d’un futur corrigeant correctement notre épouvantable situation vont réduire cette activité folle, et cette débauche de gâchis.
Si vous reprenez la chaîne des causes et des effets du merdier d’aujourd’hui, cette débauche de consommation doit être jugulée.

C’est bien joli en théorie, mais cela suppose un tel changement de mentalité, un tel programme de déprogrammation, que cet aspect qui n’est qu’un maillon de la chaîne doit être pris à bras le corps maintenant.

Par exemple celui qui tripote son smartphone, sa tablette, qui a canal+, possède ou va bientôt s’endetter, vendre son travail avant qu’il n’existe, pour avoir la bagnole qui se gare toute seule, celui-là, on peut lui faire remarquer qu’il court à sa perte, que son pays part à sa perte parcequ’il ne veut pas voir les fermetures d’usine içi, la mise en concurrence, bref, le truc du début de l’article.

« tu sais qu’un asiatique l’a conçu pour pas grand chose, et que machin (un pote) aurait pu le faire sans la libre circulation des capitaux »
« tu sais qu’à cause de ta caisse, il y a 8 millions de gens en France dans la merde molle et au moins autant qui est malade de travailler ? »
« C’est chouette, hein, la mondialisation ! »
« Dire que t’aurais pas ça sans 8 millions de chômeurs ! En fait, tu leur dois tout ! »
Il y a peut-être des salauds de vendeurs, mais ils peuvent compter sur les hydrocéphales-acheteurs, faites un rapprochement avec les addictions des drogues dures.
« Un comportement qui nuit à ta santé, à ta socialisation, qui te coûte un rein et dont tu peux pas te passer, c’est quoi déjà ? »
Personnalisez ! Ne vous laissez pas attendrir pas les piètres excuses ! Montez le ton !
Comme ça, dans trente ans, après la guerre normale, puis les guerres civiles, on aura peut être une chance. Et d’ici là, on va un peu se marrer.