L’U.E. se mêle d’éducation Populaire

L’Éducation Populaire vise à former le futur citoyen à tenir son rôle dans la société.

C’est une éducation « politique », mais attention, cela ne veut pas dire « partisane ». Aujourd’hui, les « politiques » roulent sans nous, ils accomplissent leur carrière professionnelle.

L’Éducation Populaire vise à donner à chaque « citoyen » (et non plus « électeur »), les compétences pour exercer ses droits à la gouvernance.

L’U.E. est notoirement un montage anti-démocratique (et non pas ‘non-démocratique’), visant à éloigner les « gens » des pouvoirs que les puissants aiment à accaparer.

Pourtant, l’U.E. a payé des gens pour écrire un programme d’éducation populaire !

Voici donc un lien vers un manuel pédagogique.

Educating_democracy-FR-Volume I

Évidement, on sent bien qu’il n’est pas question de renverser la table ! Mais ne méprisons pas ce travail, plutôt honnête, qui servirait le cas échéant de base à une rédaction plus offensive.
Je pense que les auteurs méritent le respect. Ils restent évasifs et généraux, utilisant des concepts-nuages, des mots valise. Ils nous offrent toutefois une vision globale, correctement orientée, même si le commanditaire, le Conseil de L’Europe, reste une organisation fondamentalement hostile à la réalisation de ce programme.
Ce document, probablement peu lu, offre un contraste saisissant avec les déclarations tonitruantes de Junker, Schauble et consort contre l’ingérence du bas peuple dans les affaires sérieuses des grandes personnes (banquier, C.A. de multinationales etc).

Bonne lecture..

Questions de campagne.

Communauté ? Quelle communauté ?

« Les Français », « Le peuple français » : quelle est la teneur, la matière de cette communauté ?

Pour tout ceux qui rêvent d’une 6ième république, de la gauche-très-gauche à la droite-très-droite, le vote unanime de la 6ième constitution est très mal barrée.

« Groupe », « corps politique », « club de bikers », « supporter d’un club de foot », autant d’exemple de communautés : un tas de gens, que rapprochent des forces dites « centripètes » : une passion partagée pour le tir à l’arc, le vélo, PMU, belotte, Alain Juppé.

Ces forces « centripètes », « qui regroupent » s’opposent à des forces « qui séparent » dite « centrifuges ». A tout instant, une force centrifuge peut disloquer « la communauté ». Désaccord politique, propagande, corruption des dirigeants : le parti peu éclater !

Une communauté, c’est ce qu’on veut, quand on veut.

Il suffit que la force centrifuge soit sensiblement la même pour tout le monde. Les potentielles forces dislocatrices centrifuges doivent être tenues écartées.

Quelle que soit notre classe, nos opinions, nos goûts, nous sommes dans la communauté française, mais pour des raisons pratiques ou juridique.

Nous parlons français, nous vivons sur un bout de terre bien délimité, nous sommes enrôlé dans l’état et ce qui nous lie tous, c’est que nous payons des impôts au même endroit. Et pis c’est marre.

En dehors de ça, la communauté française n’est tellement rien qu’on en parle pas. Une communauté se forme pour être agissante. Nos maîtres nous chosifient en « peuple ». Un peuple, tas de cons passifs, n’est qu’un troupeau ovins.

Une communauté agissante, c’est un super organisme vivant, dont le pouvoir sur le réel est plus grand, beaucoup plus grand que la somme des agissements qui s’agrègent.

Aujourd’hui, nous ostracisons la moitié de la population : beaufs, fachos, gauchos, ultra-libéraux (mais là, c’est normal), islamo-titistes, écolos, réacs, pianistes.

« Mon » club, où on est tous très beaux et très intelligents, nous apprend que les mecs, en face, ils sont horribles. Et surtout, méchants et bêtes.

Mais comment tous ces vendeurs de 6ieme République nous enfument !

Les vendeurs de changements n’ont pas évoqué une forme quelconque d’éducation populaire. Il en faut 20 ans bien fort pour espérer changer quoi que ce soit.

Et partout, des déclinaisons de groupes de cintrés nommés « Anti-Fa » organisent les bastons, et virent manu militari du débat public, grosso modo la moitié de la population.

Il ne leur vient pas à l’idée qu’ils sont ce qui se rapproche le plus de la dictature. La méchante, celle où tu perds tes ongles.

Donc ce type nous vends de la démocratie à l’intérieur d’une boite qui exclue au départ, de façons arbitraires et le cas échéant violentes, la moitié de la population.

Les partis ont bien rempli leur rôle : empêcher que se forme une association qui les dépasse. Tous comme nos maître ont tout intérêt à faire détester le mot « classe », comme dans « lutte des classes ».

(associés, société… une société peut être publique et à but non lucratif)

Mais nous, nous-même, à l’intérieur, chacun(e), où en sommes nous ?

Comment éviter de céder aux aversions improductives ?

Pourquoi n’envisageons nous pas d’aller au contact des « autres », les « fachos », « les gauchos », « les réacs », « les machin-istes », autrement que pour batailler, comme dans la cours de récréation.

Oui, j’aimerais un jour participer à la rédaction d’une loi, dans un comité tiré au sort, avec donc autant de femmes que d’homme, des pauvres, des riches, de bac-6 à Bac+ 12, de 18 à 98 ans en proportion de la population française.

Mais aussi des libéraux, des ultras-libéraux, des niaiseux, des cocos.

Statistiquement, on devrait y retrouver 90% d’exploités à juste à l’aise, 9% de classe moyenne, et 1% de très riches auront désormais 1% des voix. Il y aura aussi, statistiquement, des soutiens d’hommes politiques honnis.

Et alors ? On les vire (solution Antifa), on les massacre (salissant), on les gaze (mal vu) ? on les enferme (coûteux) ?

C’est une autre culture que de se présenter à un groupe, avec des convictions à défendre et d’être réellement prêt à écouter les autres.

Bref l’inverse d’un meeting électoral : mes pôvres militants, vous êtes pitoyables, vous donnez à voir votre esclavage volontaire, l’abandon de votre dignité, remise entre les mains d’un beau parleur. »Les jeunes avec Juppé », comment on hallucine ! de la graine de fayot qui sera président de la république dans ses rêves.

Dans aucun des programmes, je ne vois montrer, ou suggérer, ou laisser entendre que le pilier central d’une réforme de la société, quand on la prétend « démocratique-quelle-rigolade », c’est ce que l’on appelle « éducation populaire ».

En gros, aller parler à ceux qui ont été exclus de la vie politique, ou qui ont juste pas envie.

Pour qu’une force centripète constitue une « société » à l’échelle donc de notre pays en incluant tous ses co-habitants, au pire ses co-payeurs d’impôts, elle doit donc permettre de rapprocher des gens qui aujourd’hui s’insultent.

Afin que dans un temps limité (une assemblée quelconque où NOUS faisons et défaisons des lois), dans un endroit consacré, ces gens s’écoutent, dans un cadre règlementaire qui favorise les consensus.

 

R.I.C. et police sont dans un bateau…..

Bonjour !

Une grosse embrouille dans nos têtes avec la violence policière. Je vois passer beaucoup d’âneries pathologiques.
Deux émissions pour se remettre un peu les idées dans le bon sens.

Ne confondons pas les cogneurs avec ceux qui leur donnent des ordres violents. Ce sont deux situations distinctes.

https://youtu.be/lp1LoauFhds

et https://youtu.be/at_Ml0Zutfk

Pour le R.I.C., tout le monde emploie le même terme, ou acronyme, pour désigner des choses totalement différentes. Pour ma part, je choisis le « ric en toute matière ».

Mais je ne suis pas dupe. ce ric-là ne peut exister qu’en pointe émergée d’un dispositif « sous la surface ». Celui-là, c’est un peuple éduqué à faire lui même de la politique, probablement avec des représentants fait d’un autre type.

Si vous collez le meilleur RIC sur la population actuelle… On a pas fini de se marrer le temps qu’elle s’adapte !

Bref le ric n’est que le résultat d’une massive et longue éducation populaire. Je n’embraye pas sur ce thème, c’est celui du site sur lequel vous vous trouvez.

Aux chiottes le pouvoir d’achat !

Je hais le pouvoir d’achat.

Voila bien une expression putassière. Cherchons pourquoi.

Sémiologie de comptoir

Le pouvoir d’acheter est le seul concept politique qui intéresse nos gouvernants et leurs donneurs d’ordres.

Vous voulez survivre ? Allez, soyons fous, vivre ? Vous recherchez donc du « pouvoir de vivre » ! Parce que vivre ne consiste pas à acheter « seulement ».
Par exemple, nous pourrions souhaiter du « pouvoir de rien foutre« . Du temps soustrait à la voracité du patron, ou bien pire, des actionnaires.

Enfin bref, on nous prend pour de la viande à caisse enregistreuse.

Manipulation de comptoir

Mal dans votre peau ? Vous supportez mal votre boulot de merde sous-payé ? Un petit tour dans une galerie commerciale, et bim ! remonté à bloc, moral au plus haut, et une furieuse envie de gagner plus…

Quand on vous dit « du pouvoir d’achat« , pour que vous puissiez aller vous éclater à la caisse (WOW !), c’est surtout pour ne pas prononcer le mot devenu tabou : « salaire« .

Non, on ne vous baisse pas votre salaire, on vous augmente votre pouvoir d’achat. Au lieu de « baisser », on « augmente », trop love !

Socio-économie de comptoir

Au sens strict : Étant donné une rémunération, je peux augmenter votre « pouvoir d’achat », soit en augmentant cette rémunération, soit en faisant baisser les prix de ce que vous achetez avec ce bon gros pognon.

Jusque là, « pouvoir d’achat » est un outil de langage neutre. Objectivement, si j’augmente votre salaire, j’augmente votre pouvoir d’achat.

Au contraire, si je dis « j’augmente votre pouvoir d’achat », je ne dis surtout pas « j’augmente votre salaire », car sinon je l’aurai dit direct.

Donc ça pue l’embrouille.

Analyse politique de con

Donc, si on nous parle sans cesse d’augmentation du « pouvoir d’achat », soit 15 lettres, plutôt que augmentation des salaires (8 lettres), ce n’est pas par hasard.
Notez que le pouvoir d’achat est une expression impersonnelle, in-mesurable. C’est un concept. Le pouvoir, c’est un concept abstrait tant qu’on ne l’utilise pas. Et celui-ci se mesure aux résultats de son usage.
Alors que le salaire, c’est très concret. En bas à gauche de la fiche de paye.
Sans compter que nous sommes plusieurs à ne pas considérer avec un grand intérêt, ce fameux « pouvoir » d’acheter des merdes. Je veux assez d’argent pour vivre, mais ne vous occupez donc pas de mes achats !

Regardons un peu plus loin. Depuis la nuit des temps, une petite classe de « possédants des outils de travail », utilise la force de travail de ceux qui ne sont bon qu’à ça. Nous.
Et bien évidement, les pouvoirs qui établissent cet « ordre » des choses collaborent à la recherche des meilleurs prix sur ce travail.

Je me marre quand j’entends Castaner dire qu’il veut rétablir l’ordre ! Seulement l’ordre dans la rue ?

En bref, baisser les salaires est le but final de la lutte des actionnaires. L’obsession.

Il existe pour cela plein de méthodes, utilisées généralement conjointement. Je vous renvoi, les courageux, au livre de Boltanski/Chiapello « le nouvel esprit du capitalisme », paru en 99.

La méthode qui nous intéresse passe par l’arnaque du « pouvoir d’achat ». Déjà, on a sorti « augmentation des salaires » de la conversation.

Reprenons les règles de base du suceur de CAC40 :
  1. Ne jamais augmenter les salaires
  2. Baisser les salaires
  3.  si 2) foire, revenir à 1)

Traduit en langage de riche :

  1. Ne jamais se gaver moins
  2. Se gaver plus
  3. Si 2) foire, revenir à 1)

Comment faire :

  1. Évitons de parler de salaires, afin d’éviter de les augmenter un soir de cuite à la suite d’un pari stupide. C’est ça ! N’en parlons jamais plus ! Comment parler de l’innommable ?
  2. Baissons les salaires par le côté que ces abrutis de salariés sont incapables de voir : si on baisse les « charges » sociales patronales, ces idiots ne voient pas qu’on leur baisse leur salaire. Ils n’ont pas compris que le salaire dans sa totalité, c’est la totalité de ce qui sort de la poche du patron : mon salaire direct, comme son nom l’indique, le « net », et le reste : mon salaire indirect, que je touche quand j’ai un soucis de santé, ma retraite, mes indem maladie, maternité etc.
  3. Passons d’une confrontation sur les salaires, travailleurs face aux employeurs, à une confrontation sur le pouvoir d’achat, les travailleurs contre les travailleurs. Trop cool !
  4. etc…
Alors comment améliorer le pouvoir d’achat, autrement dit :
Comment contenter les gueux, sans que cela nous coûte un centime ?

Se rappelant que les gueux sont les seuls producteurs de richesse, à moins que vous ne comptiez le gros avec un fouet comme un élément « moteur » de la galère, il suffirait d’acheter moins cher aux producteurs, on pourrait alors revendre aux gueux les marchandises moins cher.
Enfin, au nom du pouvoir d’achat, on pourra répercuter 50% de la baisse du coût d’achat aux clients. Et distribuer les 50 autres % aux actionnaires. Contenter le peuple et les actionnaires d’un seul coup.. le rêve.

Enfin, si vous n’avez pas encore vu l’embrouille, la voici. Les gueux et les clients, ce sont les mêmes ! Vous allez donc payer avec votre travail une augmentation de pouvoir d’achat dont vous ne verrez que la moitié (dans l’exemple que j’ai choisi).

Voila un exemple des contradictions des points de vue « micro »-économique (votre économie personnelle, ce que me fait à moi, telle ou telle disposition), et la « macro »-économie, l’effet global mesuré sur le groupe, qui s’exprime par des statistiques sur le pays tout entier.

Objectivement, si vous n’êtes pas fournisseur de Carrefour, vous allez avoir un petit mieux, mais alors vraiment, faut pas être producteur de lait, de viande… Pour l’écran plasma, ce sont les esclaves asiatiques qui sont concernés, pour notre plus grand bonheur !

Globalement, le pouvoir d’achat a augmenté, dans l’exemple que j’ai choisi les clients ont gagné autant que les actionnaires. Sauf qu’on est 67 000 000 à se partager la baisse, et 30 000 actionnaires se partagent la même somme. Et globalement le rendement du travail est plus faible pour les travailleurs et le bénef supérieur pour les rentiers. Un petit morceau de création de valeur est raptée par les actionnaires. Comme d’hab’.

Ces jours-ci, le gouvernement a admis (ça n’engage à rien) que le prix du lait à la production devait au moins excéder le coût de production, donc imposer un prix d’achat minimum aux centrales des chaînes de distribution. Juste du blabla, mais Carrefour a aussitôt prévenu que les prix augmenteraient direct en rayon.

Personne ne va retenir ça, sauf l’actionnaire qui va être rassuré que Mr Bernard Arnault aura la bonté de préserver les dividendes.
Mr Arnault pourra même déclarer : « Conscient de notre devoir vis à vis de la nation qui nous nourris à rien foutre, nous sommes heureux de permettre aux français qui ne sont pas nos fournisseurs de recevoir le même avantage économique que nos actionnaires. Nos fournisseurs, eux, vont tout casquer, car 1), 2) et 3). »

On a jamais vu une augmentation de pouvoir d’achat s’assortir d’une distribution de vaseline, et c’est ça le problème.

Un extrait de Lordon.

J’ai choisi un élément à réfléchir lentement. L’idée développée pourrait vous aider à saisir plus vite un discours.
J’ai juste viré le souffle sur l’enregistrement d’origine.

 

Bonne écoute…

Putain de réseaux ! Putain de projets !

J’en ai été avant que cela soit à la mode, tellement j’étais rentable comme ingénieur informaticien. A l’époque (les années 80 jusqu’en 2000 environ), la denrée était rare et plutôt bien rémunérée.

Ce n’est plus suffisant, depuis.

Maintenant, on a plus un emploi. On est dans une micro-structure sous-traitante, ou mieux encore, auto-entrepreneur. Bizness to bizness, pas de droit du travail ! Que des contrats de sous-traitance précaires pour la durée du projet.

La fine fleur bac+5 de nos grandezécoles va s’emputasser chez des sous-traitants de sous-traitants pour être embauchés sur des projets de un à quelques mois le plus souvent, 2 ans étant un horizon vertigineux.

Mais pour survivre dans ce monde, il faut avoir un réseau.

Un réseau est le fruit d’un patient travail de péripapéticien(ne), en plus des heures de travail visibles, qui vous amène à mieux considérer un contact éloigné, pote d’un pote, qui va vous brancher sur le projet suivant, que votre voisin de bureau. Vous pouvez même lui chier sur la tête, c’est conseillé pour qu’il ne vous prenne pas le prochain job.

On vous aime pour votre capacité à avoir un réseau.

Sans compter que le réseau ne supporte pas l’éthique, les scrupules. Vous devez être toujours enthousiasmé par des projets conçus pour et par des capitalistes dominants, et c’est même vous qui devez constituer l’équipe via votre réseau.

Maintenant vous devez être votre propre commercial, vous vendre éternellement à tous, afin de toujours en être.

Plus besoin d’être un bon ouvrier, il suffit d’avoir un bon réseau.

Autant vous dire que les grandes gueules dans mon genre sont à la retraite très tôt, vers 45 ans. Le chômage structurel organisé à cette fin permet de faire passer ce concept gerbant de « lettre de motivation » pour chasseur de tête.

« Chère Madame, cher Monsieur,

Très tôt déjà, environ en CM2, je rêvais de faire des logiciels de gestion de cycle de vie pour pièces détachées d’avion, en open-space, à 400km de chez moi, sur un système de développement bugué, selon des spécifications fantaisistes faites par des cadres incompétents, cocaïnés, mais qui ont un meilleur réseau que moi.

C’est à ce moment là que j’ai complètement renoncé à gagner ma vie pour ne pas mourir de froid sur un trottoir ou sous un pont, à vivre une vie en dehors du boulot, avec femme enfants, amis et voisins, avant une retraite roborative.

En effet, je considère que ma famille est désormais constitué par mon réseau professionnel que je dépose à vos pieds, en même temps que ma vie privée.

Mon désir d’enrichir vos actionnaires 80h par semaine, dont la moitié en dehors des heures de travail, de réaliser votre projet, est dur comme un zguègue de hardeur devant une gagneuse de télé-réalité.

Ce désir me fait complètement oublier que vous êtes un abruti exploiteur, totalement inutile à la production de valeur de l’entreprise, juste bon a exercer son pouvoir sadique sur des candidats à l’emploi qui chient dans leur froc sur le tabouret en face de votre bureau.

J’ai déjà commencé à apprendre par cœur les expressions absconses pondues par votre pipotron maison et je suce un concombre tous les matins.

Alors, je l’ai, le job ?

Cordialement,

Ton esclave pour la vie avant la mort. »

Rhaaaaaa, ça fait du bien !

Très affectés

Après six mois de recul, en gros commencé avec la campagne présidentielle, je reprend le clavier.

Comme prévu, les échéances ont été organisées par les médias sous le signe de l’affect. En l’occurrence les affects choisis par le MEDEF et le CAC40.

Cela dit, eûssions nous vécu cette campagne sans ces influences, n’eûssions nous pas pour autant échappé aux affects. Vous vous fûtes alors affecté entre vous, mais cela change tout.

Je m’explique. Je pars du postulat, clairement démontré depuis la deuxième moitié du 17ieme (« siècle », pas « arrondissement »), que le moindre « acte » que nous commettons est déclenché par un affect. Quand bien même invoquons nous la raison, que nous tentons pitoyablement d’opposer aux affects – ou parfois je dis le pathos– que nous ne voulons pas voir, cette raison n’est qu’un supplément, un ingrédient, de cet affect. Un affect raisonnable nous mènera plus sûrement à un acte « adéquat ». Pas d’affect, pas d’action,  donc uniquement en état de coma ou de sommeil profond.

Je vais prendre un exemple qui me concerne, pour ne froisser personne : quand Finkielkraut s’est fait jeter de Nuit Debout au cris de « Facho Enculé ! », cela m’a affecté : d’abord parce que le gang Antifa à l’œuvre représente pour moi le niveau zéro de la politique, version bas de plafond violent, ensuite parce que la mise hors micro du philosophe de mes deux eût été suffisante. C’est physique, je prend automatiquement et donc sans discernement, le parti du lynché. Affect-crétin:1 – Moi:0.

J’ai donc pondu un article pour m’insurger contre la méthode. J’eûsse pu n’en rien faire. D’autant plus que chez les bas du fa, une telle réaction s’apparente à un soutient, donc de là à confirmer ma classification de « fachiste » chez ces primates…

Bref, mon propre pathos m’a trahi. J’ai piteusement justifié mon erreur en en écrivant une vaine suite.

J’ai observé illico un discours très vif de Frédéric Lordon justifiant ces évictions, au nom d’un nécessaire cordon sanitaire autour de la (bonne) cause. Affecté, lui aussi, mais dans l’autre sens.

Voila. Résumons. Je peux pas sacquer ce philosophe de mes trois qu’est Finkie, tout comme ces autres néo-philosophes, porte paroles du néo-libéralisme conquérant, maîtres à penser de droite, de droite et de droite.

Mais j’ai été affecté, à mon grand dam, par une vidéo minuscule qui m’aura bouffé du temps pour rien de rien, et une fois de plus fait dire des bêtises.

Revenons à cette élection.

La présidentielle, c’est la quinquennale de l’affect : que je te promet, que je te vaseline, et à la fin, c’est le proctologue qui se frotte les gants.

J’y ai cru, pauvre âne, à la lutte contre l’ennemi sans visage de l’autre gros !

Alors, je me suis abstenu, ce coup-ci. Mélenchon sans illusion au premier tour, et dodo au deuxième. Sinon j’aurai voté Marine juste par esprit de contradiction, j’aime pas me faire manipuler (dit-il après sa brillante anecdote !).

Et vous ?

P.S. On gagne des points supplémentaires avec l’imparfait du subjonctif. Encore eû-t-il fallu que vous le sachiasse.

A mort la ‘démocratie participative’ !

Après l’assassinat criminel, le poinçon pointu, et l’éventration dangereuse, mettons un terme à la ‘démocratie participative’.

Loin de nous faire des cadeaux, ceux qui vantent la démocratie participative nous mentent, nous trompent et détruisent un peu plus le langage courant.

La démocratie, c’est le peuple, la multitude qui gouverne. Cela n’est JAMAIS arrivé en France, et ce n’a jamais été l’intention des révolutionnaires.

A l’époque ce n’était pas un secret. Il était clairement prévu d’instituer un « Gouvernement représentatif », dont la volonté se substitue TOTALEMENT à celle du peuple.

Depuis quelques décennies, nos dominants nous ont forcé à regarder leur gouvernement ploutocrate sous l’étiquette fallacieuse de « démocratie ». Je vote pour un menteur autocrate corrompu, quel que soit son bord, qui va bien faire ce que veulent nos riches, ceux qui l’ont fait élire.

Rien de moins qu’une dictature des riches, qu’on veut nous faire passer pour ce qu’elle n’est pas.

Dans ce contexte, quand les « gens » demandent un tant soit peu la parole, et pour peu que le sujet soit accessoire, on leur accorde de gâcher leur salive au nom de cette fameuse escroquerie qu’est la démocratie participative.

Cela introduit de nouveaux concepts, que je trouve pour ma part fumeux et mensongers :

La démocratie participative n’est qu’une variante un peu osée (pensez : donner la parole aux ploucs que nous sommes !) de la démocratie dont nous aurions déjà la pleine jouissance à travers le vote.

Donc si entérinons la variante participative, c’est à la condition sémantique d’admettre d’abord que nous avons déjà la démocratie, et que la variante n’est qu’un « plus » dont on peut se passer en temps normal.

Or, démocratie et participatif sont deux mots antagonistes : soit nous sommes en démocratie et le peuple gouverne en pleine autorité, il ne « participe » pas, soit nous sommes en dictature, et occasionnellement les dictateurs invitent les dominés à donner leur avis.

Avis avec lequel ils s’essuieront le fondement recta.

Celui qui parle de « démocratie participative » est soit un dictateur, soit un de ses pantins.

Amen.

Cohn-Bendit et Macron nous apprennent le caniveau.

J’apprends que Cohn-Bendit va voter Macron pour faire barrage à Le Pen. Quelle rigolade !

Cohn-Bendit nous apprend le caniveau.

Regardons les faits : Plus de 50% des français ne sont fans ni de Macron, ni de Le Pen. Largement. On nous habitue à des chiffres corrigés, mais les données bruts des sondeurs donnent 16 à 18% au FN, pas 25%, pas 41%.

Bref, je vous rappelle le principe du suffrage majoritaire à deux tours, grande idée totalitaire.

  1. Les candidats doivent être dans le système, il faut être adoubé par au moins 500 élites politiques. Vous, vous la fermez, on vous demande pas votre avis.
  2. Le premier tour écrème deux candidats : en fait, ce sont les médias qui le font, et ils sont possédés par des banquiers ou des multi-nationales (BTP, armement, eau ).
  3. On entretient un repoussoir, pour donner une illusion de choix au deuxième tour : nous avons donc un clone LR ou PS, totalement interchangeable, et un monstre politique, le FN.

Revenons à Dany le rouge. Non, le rose. Non, le bleu.

Dany nous rappelle notre ‘devoir’ : repousser le FN. C’est ce qu’il dit. Mais ce qu’il pense, c’est « Respectez les choix des grandes personnes, votez LR-PS ». Macron n’est qu’une variante pour donner le change. Le FN est méchant, Mélenchon irréaliste. C’est simple pour Dany !

Une troisième voie existe, mais elle est inadmissible pour cet homme du système : Voter blanc pour dire « Allez tous vous faire foutre ! ».

J’attends le commentaire qui va dire, « voter blanc ne sert à rien ».

Donc autant rester à la maison : les commentateurs expliqueront aux moutons que les abstentionnistes ne intéressent pas à la politique et vont à la pêche.

Je ne veux pas être confondu avec les pêcheurs à la ligne ou avec les auditeurs de Fun Radio ou de Cyril Hanouna !

Le vote blanc, c’est « Vas te faire foutre Dany ! » et un moyen de nous compter ! C’est insuffisant, certes, mais en attendant la grève générale, c’est ce qui nous reste.

Le vote blanc indique sans ambiguïté qu’aucun candidat ne semble satisfaisant. L’abstention c’est le fait des incultes politiques non motivés, qui font bien de ne pas voter, ou des révolutionnaires en chambre qui se persuadent que ne rien faire est un « acte » contestataire. Bref, ils boudent.

Votez blanc et réfléchissez à la prochaine grève générale.

Fillon en enfer : la RDDM est son purgatoire

Ca y est ! 65 millions de français connaissent l’existence de « La Revue des Deux mondes« . Ou RDDM pour faire court.

Bien peu iront voir ce qu’est cette très confidentielle revue. Entre bimestrielle et 10 numéros par an, elle affichait des numéros qui ressemblent par la maquette et la typo, aux produits de Gallimard les plus austères.

Je vous en dis quelques mots, en vous précisant que mes informations ne sont pas fraîches : en gros 15 ans et plus. Les noms ont changé. Je vous donne mes sources : j’ai grandi chez un ultra-catholique, collaborateur à Combat, Minute, La Revue des deux Mondes,  et à « La Table Ronde » (éditeur racheté depuis par Gallimard). Il a été acteur de la revue de l’Action Française, mouvement royaliste. Lecteur du « Crapouillot« .
Grand supporter du Général Pétain, plutôt Tixier-Vignancourt que Badinter. Plus Gaxotte que Guillemain. Plus Maurras et Brazillach que Sartre ou Sagan. S’il jouait aux fléchettes, il y aurait De Gaulle sur la cible.

C’était un littéraire, rapatrié d’Algérie, et tout ce qu’il m’a raconté de sa jeunesse, se résume à : « On était jeunes, on était fous, on était tous OAS ».

Accessoirement anti-sémite « de base ». Vous savez, ces salauds de juifs qui ont crucifié le christ.

Je suis trop jeune pour avoir gardé souvenir de Laudenbach, Nimier, Blondin, Madiran ou  Boutang, mais ils étaient au centre des conversations. J’ai dû manger à la même table, je n’en sais plus rien. D’ailleurs, quand je vois Fillon, j’ai l’impression de voir ***.

Et ne vous méprenez pas : si on fait abstraction des idées que chacun est libre d’avoir, ne m’en déplaise, tous ces gens sont très cultivés et très intelligents. Ce qui rend ambigüe la critique, car dans le cadre de ce poulet, je réduis leur intellect à ce qui les relie à mon propos. Ils peuvent par ailleurs avoir de grande qualités, notamment littéraires, et aborder moult sujets d’une façon qui recevrait mon entière approbation.

La RDDM, c’est la propriété du grand financier Massoud Ladreit DE Lacharrière. Non. On me dit que c’est Marc. Un gros, un énaurme énarque du CAC 40 : allez voir sa page wikipédia. On n’est pas chez les kékés.

Historiquement, la RDDM, c’est un soutien à Thiers quand il hache la commune à la mitrailleuse, un soutien à la bourgeoisie militaire qui veut se taper un youpin : la RDDM est anti-dreyfusarde. Et antisémite, comme tout le monde à l’époque. On y accueille les écrits politiques de Pétain.

La RDDM : faire le lien entre le monde moderne et le monde spirituel. Belle mission qui consiste surtout à faire la promotion des idées les plus étroitement catholiques, et à veiller, par un élitisme qui se veut classieux, à bien maintenir la frontière entre les gens de bien et le bas peuple.

Cette revue n’est pas conservatrice, elle EST le conservatisme. Tout en accueillant la fine fleur de la littérature française (réac et chiantissime), elle rappelle à tous que la culture n’est pas faite pour les pouilleux, à moins qu’ils ne se tartinent la messe et des piles d’une littérature absconse et soporifique. Qu’ils se soumettent intellectuellement, leur échec à digérer l’inutile signe leur défaite sociale. Oui, j’ose.

La culture ? justement ce qui permet aux sangs-bleus d’abord de justifier leur razzia sur l’europe, par l’épée, comme de vulgaires racketteurs. La « noblesse », c’est l’équivalent de la « protection » offerte par le malfrat au commerçant. Quand les bourgeois renversent cette dictature à la fin du 18ème siècle, il ne leur suffit pas de prendre le pouvoir, il leur faut aussi  la culture, qui du coup, devient « bourgeoise ». S’enrichir outrageusement par la banque ou le commerce, c’est bien, pratiquer le baise-main, avoir un Gericault et un piano dans le salon, c’est mieux. Accessoirement marier un De La Margelle Du Puit à fifille, c’est le top.

A peine arrivée, la bourgeoisie naissante et déjà riche, se précipite pour soigner son complexe d’infériorité vis à vis des nobles, que l’argent ne soigne pas (le complexe. Faut suivre). Il lui faut singer le faste de la cour. Du pompeux, finalement du laid, mais du chic et cher. Les plus assommants « classiques » de la littérature française sont à leur apogée. Mais faut pas le dire : combien d’entre nous ont plié l’échine, et se sont conditionnés à trouver géniaux nos classiques, pour ‘en être’ un peu.

Luchini lit en public Céline.

Vous voyez Boris Vian et Audiard ? Vous pouvez pas vous tromper, c’est juste en face, derrière Bételgeuse.

Toute la raison d’être de la RDDM, c’est d’être un présentoir de la bien bienpensance bourgeoise, entendez tout sauf le peuple, le vulgus pecum.

Le tout dans une atmosphère ultra catho, antisémite.

Tout Fillon, quoi : A moi le manoir, le blé et la majesté, aux pauvres de trimer pour entretenir mon train de vie. Vous êtes trop payés, tas de pue-la-sueur !

Ce qui est rafraîchissant, c’est de voir à quel point ce ramassis de privilégiés est resté con, malgré son cursus scolaire.

Soyons clairs :

Fillon est pote avec Ladreit de Lacharrière : Lacharrière est le modèle de Fillon. Il a le titre, la particule ET le bon gros pognon et le pouvoir qui va avec. Fillon non, mais il rêve d’en être. Comme pour le bizness c’est trop tard, Fillon poursuit sa conquête du pouvoir.

 

Vous imaginez combien c’est cool, pour Marc, d’avoir son pote Fillon en haut de l’état. Et combien c’est cool pour François d’avoir un pote Marc aussi fortuné et bien disposé.

Mais ce n’est pas tout ! Ils partagent aussi le goût  de la rigueur catholique et le mauvais goût lourdingue popularisé par les rois de France pour « fixer » les caïds de la noblesse. Manoir et petit doigt en l’air.

Mais alors, pourquoi affirmer que cette bande partage son génome avec l’huitre ?

Quand on est blindé, surblindé de caillasses comme Marc Ladreit de Mesdeux, 100 000 boules, c’est l’argent de poche de la semaine. On est pas chez les prolos, que diable !

Filer cet oseille à un pote dans la peine, comme Fillon, c’est son droit. Pourquoi ne pas lui faire un chèque ? « Tiens, voila 500 briques, ta meuf pourra se racheter des slips ».

Non. Il aura fallu qu’il fasse payer un emploi fictif dans sa revue facho-réac à Pénélope, dont on a pas su qu’elle avait breveté l’eau tiède.

Moralité : y’en a pas.

Votez blanc !

Références :

Revue des deux mondes de 1921 a 1938 Vue a travers ses diners