Cher Monsieur Ruffin,

Je vous suis depuis longtemps, je suis sur votre longueur d’onde.
Moi aussi, j’ai décidé de refaire le monde, ce qui peut nous rendre tous deux sujets de gaudriole, mais qui ne risque rien n’a rien.

L’essentiel est de se rendre utile à la communauté. Lui apporter un machin utile qu’elle trouvera difficilement ailleurs. Je me suis demandé : Que puis-je apporter qui ne soit déjà en main.

Et je pense avoir trouvé un « truc spécial », qui est d’ailleurs un des deux objets de ce site.

Concrètement : vous évoquez des axes de transformations de notre société, en précisant que ce ne sont que des chantiers, des sujets délicats qui demandent souvent à être profondément fouillés. Et personne n’est de toutes les compétences. Même un génial ministre a des conseillers.
Il va falloir beaucoup blablater pour arriver à un édifice juridique stable.
Les énarques vont bien nous traiter de bolosses.

Vous avez déjà vu un nid d’oiseau. Quand le bestiau s’est appliqué, il a fait une salade de mikados tellement imbriqués que vous ne pouvez pas en sortir une seule brindille sans grand effort, au risque de tout casser. Donc oui, quand on décide de changer un principe important (souveraineté sur la monnaie, par exemple, ou la propriété lucrative), on en vient vite à dire qu’on aura plus vite fait de tout refaire. La sagesse est entre les deux, mais je ne suis pas sage. Ça en fait, des questions lourdes qui se posent simultanément !
Ça en fait des délibérations à mener. Des milliers. Si on n’est pas au moins 500 000 à participer, surveillés par 20 millions (chiffres un peu au hasard), on aura pas fini avant le 5ieme mandat de Manu.
Il nous faut une USINE à délibérations.

Quelque soit le périmètre de la réflexion : une association, un conseil municipal, départemental, régional ou national, une assemblée de représentants, nous parlons là de production de délibérations.

Délibérer sur le libre échange, les métiers du lien, la relocalisation, une politique agricole, bref la vie de la société, c’est instituer des lieux de délibérations, puis les « pratiquer ».

Or, n’ayant jamais eu à vraiment délibérer, nous ne savons pas le faire. Nous savons nous réunir avec un vague ordre du jour. Enfin parfois. Ensuite nous savons jacasser.
Voyez les Nuits Debout ou les Gilets Jaunes : ça cause, ça cause, mais ça ne délibère pas.
Sauf quelques assemblées, et trois exceptions de votre connaissance, j’en connais aussi.
Rien à la hauteur des 47 millions d’électeurs.
Je serais bien plus tranquille si 10 millions de françaises-français délibéraient. Qu’il y ait quelques pommes pourries dans le panier, sur 10M, c’est pas grave. Mais 8 dans un conseil de ministres ?

Nous suivons de près B. Friot : les sujets soulevés par sa proposition feraient bien une cinquantaine de questions : on en parle où, comment ?
Même si les gens du Réseau Salariat posent les questions, j’aimerai qu’instantanément tous les français s’en saisissent. Et posent d’autre questions etc..

Vous reprenez notamment cette idée d’autogestion des entreprises. Ce qui était plié en deux coups de téléphone autoritaires du dirlo demande maintenant des délibérations. Concrètement, on fait comment ? (Oua le gars il amène sa question l’air de rien, et bim !, il envoie sa réponse ! Serait-ce un vil procédé narratif ? )

Je parle d’ouvrir la délibération à chacun. Dans le même temps d’ouvrir l’initiative législative au peuple, c’est-y pas beau m’sieur l’député ?

Au boulot !

Dans « délibérer », il y a aussi l’idée de ‘livrer’ un résultat : des propositions concurrentes qui vont s’affronter au cours d’un vote final.

Permettez moi de résumer ça avec mon schéma, un processus de délibération complet.

Les « Jacasseries »

Discutions libres, éventuellement houleuses : type nuits debout ou rond-points, ou assemblée. On refait le monde. On produit, au mieux, LA QUESTION et des embryons de réponses

  1. Déterminer la question (par exemple logistique de la campagne d’isolation des locaux résidentiels, ou bien Planification de la sortie de Schengen, dates d’ouverture pour la truite)
  2. Des groupes se séparent avec des idées différentes. D’ailleurs, j’ai vachement raison, et les autres, ils sont un peu bêtes.

Bon eh bien aujourd’hui on s’arrête là.
Mais je vous propose de continuer. C’est ça mon apport.

Mais ne vous méprenez pas : la « création » fut-elle artistique, technique ou politique ne peut émerger QUE de la jacasserie.
Si vous avez fait de l’analyse transactionnelle, c’est l’état « Enfant ». Il n’y a que les enfants qui jouent, qui créent. Mais les gosses, ça rédige pas.
J’ai choisi un terme un peu péjoratif exprès : de la jacasserie, il en faut, mais il faut apprendre à en sortir, pour passer à l’étape de la rédaction.

Enfin, délibération.

Parce qu’il n’y a rien derrière pour structurer le travail de ceux qui sont tout à fait prêt à s’impliquer, on gâche. Ce que j’appelle délibération n’advient pas. On se fait des potes, mais le CAC 40 est toujours debout.
Il y a des exceptions bien sûr, mais seul des virtuoses, qui vont rester en très petit nombre vont pondre une proposition de constitution, de nouveaux codes.
J’ai cru comprendre qu’en vrai démocrate, vous souhaitiez inviter un maximum d’électeurs à devenir citoyens : on est barré pour au moins 20 ans d’éducation populaire. A part les loteries de la révolution, l’espoir est mince (j’écris ce mot la veille du 5 décembre 2019, j’irai demain gratter mon ticket).

Je retourne au sujet : je propose de partager mon expérience avec un site que j’avais essayé d’installer, sans succès, mais dont le principe reste fulgurant. Et j’ajoute que j’ai trouvé 90% du concept tout cuit au parti pirate allemand : ce sont eux, les fulgurants.

Imaginez un site web, extrêmement dépouillé, aux antipodes des facebook et instamachin. Ergonomie de distributeur de billet : simple ! Doit être accessible aux mal-voyants ET aux mal-comprenants.

Il héberge une arborescence de sujets, classés par thèmes. Entendons nous, cette arborescence, à l’échelle d’un état, ne saurait être moins touffue que le plan comptable national.

Au lieu d’avoir une pensée ‘comptable’, on l’adapte à une pensée ‘politique’.

On ne peut pas y poser sa QUESTION dans les deux ou trois premières couches, qui restent trop générales.

Exemple : défense, justice, éducation, santé…

Santé se découpe en : planification générale, hôpitaux, médicament…
Hôpitaux se découpe en : formation initiale des soignants, formation continue, éthique pro, gestion logistique, gestion immobilier, intendance, règlements intérieurs, droit des patients, catering………….

Etc… Je vous laisse imaginer, c’est laborieux, mais pas compliqué. J’appelle ça la « systémique sociale ».

Donc, le secrétaire de séance du tumulte évoqué plus haut, va créer une « question », au bon endroit dans l’arborescence. Un quidam peut l’y découvrir.
Une première réponse doit être posée, même brouillon, on ne peut pas poser une question juste comme ça, en l’air.

Dans un temps donné, réglable, quelques mois, semaines, jours, déterminé à l’avance, le sujet de la question va être mis en délibération. Pas de chat, pas de « mur », pas de messenger : chaque « équipe » (amicalement) concurrente va inscrire sa réponse. On est pas au bistrot, on est au Greffe de la République Française. Une équipe peut réviser sa copie en permanence.

C’est un concours de réponses à une question jugée d’intérêt général.
Je ne veux pas entrer dans les détails, que vous trouverez ici.

Les personnes concernées par le sujet, dans toute la France, vont tourner autour avec un système assez strict de possibilités de communiquer avec les rédacteurs, qui pourront constamment corriger leur proposition, s’ils sont sensibles aux arguments à eux proposés.

Et si vraiment aucune réponse ne te branche, taka poser la tienne, pisque t’es si malin !

Particularité : il est permis, voir encouragé, de copier les bonnes idées. Le but est de former un consensus. Pas une bande de winner arrogants et intéressés.

Ce site est un peu comme un greffe de tribunal : on y débat pas. On pose des infos, on rectifie, on lit des docs.
Et à la fin on vote. Mais pas comme maintenant. On vote en mettant dans l’ordre les propositions. Il est naturel qu’il y ait 10, 20 réponses possibles à une question. Je ne supporte pas les questions oui/non verrouillées des référendums. J’ai toujours celui de 2005 dans le côlon d’ailleurs. Pourquoi je n’ai pas pu choisir parmi 30 propositions de constitutions ?

Je vous invite à aller voir les détails en lien un peu plus haut, et/ou lire ce document, sans vous soucier des écrans très moches. Énumérer ici les détails de la gestion du système serait pénible.

Toujours est-il que je propose d’animer une création en open-source, bien sûr, sous linux bien sûr aussi, et dans un cadre collectif. Et si le collectif existe déjà, je veux en être !

Pour héberger le développement, ainsi que l’exploitation d’un tel système, il faut trouver un lieu neutre, plein de cerveaux : Un établissement universitaire, par exemple.
Perso, ça fait bientôt 40 ans que je fait du C (et variantes) sous Unix puis Linux. J’ai une petite idée de ce que c’est que de monter un truc comme ça, j’ai quelques références. Mais je ne cherche pas à le faire seul, je souhaite contribuer à le faire, ça demande une équipe, ce n’est pas un bricolage.

En soi le binz n’utilise que des techniques, des langages très éprouvés, et ne contient aucun machin complexe. L’algorithme pour le vote est dérivé de celui de Condorcet. J’utilise celui de Schulze, mais il y a des variantes respectables. Ces principes sont utilisés par Wikipédia, Debian et plein d’autres organisations.

Vous qui vous êtes frotté au aléas de la 5ième Répu, j’espère vous séduire :

Le gagnant des votes par listes (de réponses candidates), déterminé par une variante moderne de l’algorithme de Condorcet, est celui qui fait consensus.
Le gagnant peut par exemple n’avoir jamais été un premier choix, mais être le deuxième choix de tous ! Les premiers se sont réciproquement annulés.

Je me suis mis un instant à votre place : vous vous déplacez, vous lancez des sujets, des pistes qui sont accueillies avec approbation. Bravoooo ! Mais ensuite ?
e
Où qu’elle est la proposition de loi pondu par un mec dans le public, qui vous a applaudit ? amendement ? Où qu’il est le livre blanc, la nouvelle bible sur les mille sujets que je viens à l’instant de me retenir d’énumérer ? On ne peut pas compter sur un homme, même 100 pour faire le boulot. C’est juste matériellement et physiologiquement impossible. Il n’existe, pour le peuple, aucune structure de délibération, lui, il se démerde avec un papier et un stylo. Et il n’y arrive pas. Et c’est normal !

Je termine avec le sketch du vote : une question cruciale est posée.

« Le franc revient. La gestion de sa masse monétaire dépend de la Banque de France aux ordres des représentants. Il faut définir les principes qui régiront la création et la destruction monétaire.
Vous avez 6 mois. »

Au bout de six mois : 50 réponses retenues, dont 10 loufoques, 10 naïfs, reste 30 candidats « techniquement » crédibles.

– Alors, mon petit Roger (vous permettez que je vous appelle Roger, afin de préserver votre anonymat ?), qu’allons nous faire des humoristes et des naïfs ?
– Ben rien, on ne les transcrit pas. (abstention à leur égard)
– Alors maintenant quel est votre préféré, ou vos préférés
-..
– On se magne Roger..
– Le 12.
– OK. Et si c’est pas lui qui gagne, qui ensuite ?
– Le 14 et le 3
-Et si c’est pas eux ?
– Le 18
– Et les autres ?
– Chuis obligé ?
– Préciser que vous les aimez moins, en les plaçant en fin de liste n’est pas la même chose que d’ignorer la blague de potache N° 33 que vous ne placez nulle part.
…………(plus tard)
– J’ai fini !
T’as qu’à t’essuyer tout seul, t’es grand maintenant. Voila ! Content, Roger ?
– D’abord, on va arrêter avec Roger. Qu’attendez vous de moi ?

Il parait que tu fais de grosses promos sur le lien en ce moment. T’en as ? De mes Cévennes, j’ai du mal à enclencher seul le processus de création du système de délibération démocratique seul capable de sortir la France du capitalisme. Et je suis modeste.
Recevez, Monsieur le député, mes tralalilalères respectueuses, et moi une adresse email ou un 06 pour rester propre dans ma tête…..

Sébastien

P.S. Cette « Agora » comme je l’appelle, serait le premier lieu de rencontre intermédiaire institutionnel. C’est pas bô ? (si vous ne comprenez pas cette phrase, relisez Christopher Lasch). Je ne plaisante jamais avec les « lieux de rencontre intermédiaire ». Un rond-point, par exemple.

P.S.2. La métaphysique révolutionnaire, les conditions de réalisations supposées de grands soirs, ne sont que prophétiques, avec le secret espoir d’une auto-réalisation improbable. On est tous 5mn avant le tirage du loto.
Une population qui sait traduire en texte ses désirs, qui s’est même entraînée à le faire sur des cas concrets, qui à même un gros stock de questions réponses, qui a pratiqué la délibération, est autrement armée pour prendre le palais d’hiver. Moi, je respecte le travail de tous ceux qui se bougent le cul, et je ne me sens pas de leur donner des conseils. Faisez les gars, faisez, c’est plus que je n’en fais. Nan, mon truc, c’est en plus, pas à la place.

Salopards de porte-parole !

Une question me revient souvent. Pourquoi les collectifs GJ (informel, justement, « sans forme »), poussent des cris d’effroi quand on parle de « porte-parole(s) » ?

Ils s’appuient sur une « croyance limitante ». Celle qui leur est entrée dans le cerveau en voyant les syndicalistes se compromettre, et couvrir un système de décisions totalement corrompu.

Dans la suite de cet article, vous pouvez remplacer « porte-parole » par « représentant »…

Une croyance limitante n’est pas forcément fausse. Mais elle reste limitante. Vous avez tous l’expérience d’une trahison, donc porte-parole=trahison. (CFDT qui signe tous les plans du Medef ?)

Posons nous des questions à rebours.

1) Je suis trahi ( c’est facile à constater)
2) A quelles conditions, par quel moyens pourrais-je voir ma voix porter sans cette foutue trahison ? Oula ! Mais pisque j’ai dis que j’en voulais pas.

Ma croyance limitante m’empêche de formuler simplement cette question.

Parce que les porte-paroles, ça brûle, comme le feu !

Reprenons.

Un porte-parole « porte » une « parole ».

D’abord tâchons d’en avoir une, de parole. Un truc chiadé. C’est un gros truc très difficile pour une population élevé sous le Hanouna. Notre merde à tous.

AH merde, je n’ai jamais pris la question par ce bout là.
Mon indignation constitue mon seul programme.

La croyance limitante ci-dessus, offre deux avantages :

1) Elle me met à l’abri de la trahison. Quitte à m’auto-museler
2) Elle me dispense de faire l’effort important, je n’ironise pas, d’acquérir les connaissances nécessaires pour juger, au moins, ce qu’on veut me faire voter, et ensuite, pour ceux que ça branche, de rédiger nos lois, règlements, directives, arrêts et autres.

C’est la solution pour les culs-de-plomb.

Donc d’abord, écrire la parole. OK, statistiquement, 80% de la population, en l’état (médias, entertainment, playstation), n’est même pas capable de comprendre la nécessité de toute cette fatigue.

Bon. Miracle. Un document existe. Il énumère des revendications chiffrées, argumentées, qui ont subis l’épreuve d’une discussion franche et ouverte avec des opposants, sans caméra ni micro. On rédige, on amende.

Ensuite, à quelles conditions suis-je prêt à laisser partir le gus avec le papier qu’on a écrit ?

Maintenant, c’est quoi la mission du porte-parole ? A quelles conditions suis-je près à l’envoyer au combat SANS FLIPPER ?

Je vous met en vrac des pistes, parmi les centaines possibles

 

  • – Prendre sa famille en otage. Recruter des mercenaires.
  • – Version courte : Le porte-parole est en fait un groupe de cinq personnes
  • – Version longue :Le porte-parole est en fait un groupe de cinq personnes tirés au sort dans un stock de 50 personnes tirés au sort dans une assemblée de mettons 1000 personnes. Comme ça, si la négo dure un peu, on présente un roulement de négociateurs frais. Les 45 en réserve assistent par vidéo au réunions. Afin d’arriver chaud quand on prend le quart !
    Homme et femmes seront toujours statistiquement également représenté. En revanche, le corpus des « ouvriers » est constitué par un tirage au sort dans cette catégorie d’un nombre de représentants également proportionnel dans l’assemblée. Bref si 25% ouvriers dans la population active ET LES RETRAITES (non, ils sont toujours ouvriers, avec une retraite d’ouvrier, et une expérience d’une vie de turbin), alors l’assemblée de 1000 représentants doit comporter 250 ouvriers, en activité ou à la retraite. Bref.
  • – N’importe quel contact, entretiens, séminaire est enregistré. Le rush est publié in extenso et un montage résumé aussi.
  • – Le porte-parole qui se voit poussé dans un retranchement pour lequel il ne dispose d’aucune instructions, doit noter la question, refuser de répondre et revenir vers… vers quoi ?
  • – Ah oui, merde, il faut bien qu’il existe une assemblée .
  • – Lui injecter un poison avec effet retard, ne lui appliquer l’antidote APRÈS la réunion, après sont rapport, sous réserve qu’il soit satisfaisant.

Et ouala. Je ne crains plus le porte-parole, je suis son maître, et j’organise l’impossibilité pour la partie adverse de le retourner.

Et comme y’a Games of thrones qui commence, je vous laisse.

L’U.E. se mêle d’éducation Populaire

L’Éducation Populaire vise à former le futur citoyen à tenir son rôle dans la société.

C’est une éducation « politique », mais attention, cela ne veut pas dire « partisane ». Aujourd’hui, les « politiques » roulent sans nous, ils accomplissent leur carrière professionnelle.

L’Éducation Populaire vise à donner à chaque « citoyen » (et non plus « électeur »), les compétences pour exercer ses droits à la gouvernance.

L’U.E. est notoirement un montage anti-démocratique (et non pas ‘non-démocratique’), visant à éloigner les « gens » des pouvoirs que les puissants aiment à accaparer.

Pourtant, l’U.E. a payé des gens pour écrire un programme d’éducation populaire !

Voici donc un lien vers un manuel pédagogique.

Educating_democracy-FR-Volume I

Évidement, on sent bien qu’il n’est pas question de renverser la table ! Mais ne méprisons pas ce travail, plutôt honnête, qui servirait le cas échéant de base à une rédaction plus offensive.
Je pense que les auteurs méritent le respect. Ils restent évasifs et généraux, utilisant des concepts-nuages, des mots valise. Ils nous offrent toutefois une vision globale, correctement orientée, même si le commanditaire, le Conseil de L’Europe, reste une organisation fondamentalement hostile à la réalisation de ce programme.
Ce document, probablement peu lu, offre un contraste saisissant avec les déclarations tonitruantes de Junker, Schauble et consort contre l’ingérence du bas peuple dans les affaires sérieuses des grandes personnes (banquier, C.A. de multinationales etc).

Bonne lecture..

Questions de campagne.

Communauté ? Quelle communauté ?

« Les Français », « Le peuple français » : quelle est la teneur, la matière de cette communauté ?

Pour tout ceux qui rêvent d’une 6ième république, de la gauche-très-gauche à la droite-très-droite, le vote unanime de la 6ième constitution est très mal barrée.

« Groupe », « corps politique », « club de bikers », « supporter d’un club de foot », autant d’exemple de communautés : un tas de gens, que rapprochent des forces dites « centripètes » : une passion partagée pour le tir à l’arc, le vélo, PMU, belotte, Alain Juppé.

Ces forces « centripètes », « qui regroupent » s’opposent à des forces « qui séparent » dite « centrifuges ». A tout instant, une force centrifuge peut disloquer « la communauté ». Désaccord politique, propagande, corruption des dirigeants : le parti peu éclater !

Une communauté, c’est ce qu’on veut, quand on veut.

Il suffit que la force centrifuge soit sensiblement la même pour tout le monde. Les potentielles forces dislocatrices centrifuges doivent être tenues écartées.

Quelle que soit notre classe, nos opinions, nos goûts, nous sommes dans la communauté française, mais pour des raisons pratiques ou juridique.

Nous parlons français, nous vivons sur un bout de terre bien délimité, nous sommes enrôlé dans l’état et ce qui nous lie tous, c’est que nous payons des impôts au même endroit. Et pis c’est marre.

En dehors de ça, la communauté française n’est tellement rien qu’on en parle pas. Une communauté se forme pour être agissante. Nos maîtres nous chosifient en « peuple ». Un peuple, tas de cons passifs, n’est qu’un troupeau ovins.

Une communauté agissante, c’est un super organisme vivant, dont le pouvoir sur le réel est plus grand, beaucoup plus grand que la somme des agissements qui s’agrègent.

Aujourd’hui, nous ostracisons la moitié de la population : beaufs, fachos, gauchos, ultra-libéraux (mais là, c’est normal), islamo-titistes, écolos, réacs, pianistes.

« Mon » club, où on est tous très beaux et très intelligents, nous apprend que les mecs, en face, ils sont horribles. Et surtout, méchants et bêtes.

Mais comment tous ces vendeurs de 6ieme République nous enfument !

Les vendeurs de changements n’ont pas évoqué une forme quelconque d’éducation populaire. Il en faut 20 ans bien fort pour espérer changer quoi que ce soit.

Et partout, des déclinaisons de groupes de cintrés nommés « Anti-Fa » organisent les bastons, et virent manu militari du débat public, grosso modo la moitié de la population.

Il ne leur vient pas à l’idée qu’ils sont ce qui se rapproche le plus de la dictature. La méchante, celle où tu perds tes ongles.

Donc ce type nous vends de la démocratie à l’intérieur d’une boite qui exclue au départ, de façons arbitraires et le cas échéant violentes, la moitié de la population.

Les partis ont bien rempli leur rôle : empêcher que se forme une association qui les dépasse. Tous comme nos maître ont tout intérêt à faire détester le mot « classe », comme dans « lutte des classes ».

(associés, société… une société peut être publique et à but non lucratif)

Mais nous, nous-même, à l’intérieur, chacun(e), où en sommes nous ?

Comment éviter de céder aux aversions improductives ?

Pourquoi n’envisageons nous pas d’aller au contact des « autres », les « fachos », « les gauchos », « les réacs », « les machin-istes », autrement que pour batailler, comme dans la cours de récréation.

Oui, j’aimerais un jour participer à la rédaction d’une loi, dans un comité tiré au sort, avec donc autant de femmes que d’homme, des pauvres, des riches, de bac-6 à Bac+ 12, de 18 à 98 ans en proportion de la population française.

Mais aussi des libéraux, des ultras-libéraux, des niaiseux, des cocos.

Statistiquement, on devrait y retrouver 90% d’exploités à juste à l’aise, 9% de classe moyenne, et 1% de très riches auront désormais 1% des voix. Il y aura aussi, statistiquement, des soutiens d’hommes politiques honnis.

Et alors ? On les vire (solution Antifa), on les massacre (salissant), on les gaze (mal vu) ? on les enferme (coûteux) ?

C’est une autre culture que de se présenter à un groupe, avec des convictions à défendre et d’être réellement prêt à écouter les autres.

Bref l’inverse d’un meeting électoral : mes pôvres militants, vous êtes pitoyables, vous donnez à voir votre esclavage volontaire, l’abandon de votre dignité, remise entre les mains d’un beau parleur. »Les jeunes avec Juppé », comment on hallucine ! de la graine de fayot qui sera président de la république dans ses rêves.

Dans aucun des programmes, je ne vois montrer, ou suggérer, ou laisser entendre que le pilier central d’une réforme de la société, quand on la prétend « démocratique-quelle-rigolade », c’est ce que l’on appelle « éducation populaire ».

En gros, aller parler à ceux qui ont été exclus de la vie politique, ou qui ont juste pas envie.

Pour qu’une force centripète constitue une « société » à l’échelle donc de notre pays en incluant tous ses co-habitants, au pire ses co-payeurs d’impôts, elle doit donc permettre de rapprocher des gens qui aujourd’hui s’insultent.

Afin que dans un temps limité (une assemblée quelconque où NOUS faisons et défaisons des lois), dans un endroit consacré, ces gens s’écoutent, dans un cadre règlementaire qui favorise les consensus.

 

R.I.C. et police sont dans un bateau…..

Bonjour !

Une grosse embrouille dans nos têtes avec la violence policière. Je vois passer beaucoup d’âneries pathologiques.
Deux émissions pour se remettre un peu les idées dans le bon sens.

Ne confondons pas les cogneurs avec ceux qui leur donnent des ordres violents. Ce sont deux situations distinctes.

https://youtu.be/lp1LoauFhds

et https://youtu.be/at_Ml0Zutfk

Pour le R.I.C., tout le monde emploie le même terme, ou acronyme, pour désigner des choses totalement différentes. Pour ma part, je choisis le « ric en toute matière ».

Mais je ne suis pas dupe. ce ric-là ne peut exister qu’en pointe émergée d’un dispositif « sous la surface ». Celui-là, c’est un peuple éduqué à faire lui même de la politique, probablement avec des représentants fait d’un autre type.

Si vous collez le meilleur RIC sur la population actuelle… On a pas fini de se marrer le temps qu’elle s’adapte !

Bref le ric n’est que le résultat d’une massive et longue éducation populaire. Je n’embraye pas sur ce thème, c’est celui du site sur lequel vous vous trouvez.

Aux chiottes le pouvoir d’achat !

Je hais le pouvoir d’achat.

Voila bien une expression putassière. Cherchons pourquoi.

Sémiologie de comptoir

Le pouvoir d’acheter est le seul concept politique qui intéresse nos gouvernants et leurs donneurs d’ordres.

Vous voulez survivre ? Allez, soyons fous, vivre ? Vous recherchez donc du « pouvoir de vivre » ! Parce que vivre ne consiste pas à acheter « seulement ».
Par exemple, nous pourrions souhaiter du « pouvoir de rien foutre« . Du temps soustrait à la voracité du patron, ou bien pire, des actionnaires.

Enfin bref, on nous prend pour de la viande à caisse enregistreuse.

Manipulation de comptoir

Mal dans votre peau ? Vous supportez mal votre boulot de merde sous-payé ? Un petit tour dans une galerie commerciale, et bim ! remonté à bloc, moral au plus haut, et une furieuse envie de gagner plus…

Quand on vous dit « du pouvoir d’achat« , pour que vous puissiez aller vous éclater à la caisse (WOW !), c’est surtout pour ne pas prononcer le mot devenu tabou : « salaire« .

Non, on ne vous baisse pas votre salaire, on vous augmente votre pouvoir d’achat. Au lieu de « baisser », on « augmente », trop love !

Socio-économie de comptoir

Au sens strict : Étant donné une rémunération, je peux augmenter votre « pouvoir d’achat », soit en augmentant cette rémunération, soit en faisant baisser les prix de ce que vous achetez avec ce bon gros pognon.

Jusque là, « pouvoir d’achat » est un outil de langage neutre. Objectivement, si j’augmente votre salaire, j’augmente votre pouvoir d’achat.

Au contraire, si je dis « j’augmente votre pouvoir d’achat », je ne dis surtout pas « j’augmente votre salaire », car sinon je l’aurai dit direct.

Donc ça pue l’embrouille.

Analyse politique de con

Donc, si on nous parle sans cesse d’augmentation du « pouvoir d’achat », soit 15 lettres, plutôt que augmentation des salaires (8 lettres), ce n’est pas par hasard.
Notez que le pouvoir d’achat est une expression impersonnelle, in-mesurable. C’est un concept. Le pouvoir, c’est un concept abstrait tant qu’on ne l’utilise pas. Et celui-ci se mesure aux résultats de son usage.
Alors que le salaire, c’est très concret. En bas à gauche de la fiche de paye.
Sans compter que nous sommes plusieurs à ne pas considérer avec un grand intérêt, ce fameux « pouvoir » d’acheter des merdes. Je veux assez d’argent pour vivre, mais ne vous occupez donc pas de mes achats !

Regardons un peu plus loin. Depuis la nuit des temps, une petite classe de « possédants des outils de travail », utilise la force de travail de ceux qui ne sont bon qu’à ça. Nous.
Et bien évidement, les pouvoirs qui établissent cet « ordre » des choses collaborent à la recherche des meilleurs prix sur ce travail.

Je me marre quand j’entends Castaner dire qu’il veut rétablir l’ordre ! Seulement l’ordre dans la rue ?

En bref, baisser les salaires est le but final de la lutte des actionnaires. L’obsession.

Il existe pour cela plein de méthodes, utilisées généralement conjointement. Je vous renvoi, les courageux, au livre de Boltanski/Chiapello « le nouvel esprit du capitalisme », paru en 99.

La méthode qui nous intéresse passe par l’arnaque du « pouvoir d’achat ». Déjà, on a sorti « augmentation des salaires » de la conversation.

Reprenons les règles de base du suceur de CAC40 :
  1. Ne jamais augmenter les salaires
  2. Baisser les salaires
  3.  si 2) foire, revenir à 1)

Traduit en langage de riche :

  1. Ne jamais se gaver moins
  2. Se gaver plus
  3. Si 2) foire, revenir à 1)

Comment faire :

  1. Évitons de parler de salaires, afin d’éviter de les augmenter un soir de cuite à la suite d’un pari stupide. C’est ça ! N’en parlons jamais plus ! Comment parler de l’innommable ?
  2. Baissons les salaires par le côté que ces abrutis de salariés sont incapables de voir : si on baisse les « charges » sociales patronales, ces idiots ne voient pas qu’on leur baisse leur salaire. Ils n’ont pas compris que le salaire dans sa totalité, c’est la totalité de ce qui sort de la poche du patron : mon salaire direct, comme son nom l’indique, le « net », et le reste : mon salaire indirect, que je touche quand j’ai un soucis de santé, ma retraite, mes indem maladie, maternité etc.
  3. Passons d’une confrontation sur les salaires, travailleurs face aux employeurs, à une confrontation sur le pouvoir d’achat, les travailleurs contre les travailleurs. Trop cool !
  4. etc…
Alors comment améliorer le pouvoir d’achat, autrement dit :
Comment contenter les gueux, sans que cela nous coûte un centime ?

Se rappelant que les gueux sont les seuls producteurs de richesse, à moins que vous ne comptiez le gros avec un fouet comme un élément « moteur » de la galère, il suffirait d’acheter moins cher aux producteurs, on pourrait alors revendre aux gueux les marchandises moins cher.
Enfin, au nom du pouvoir d’achat, on pourra répercuter 50% de la baisse du coût d’achat aux clients. Et distribuer les 50 autres % aux actionnaires. Contenter le peuple et les actionnaires d’un seul coup.. le rêve.

Enfin, si vous n’avez pas encore vu l’embrouille, la voici. Les gueux et les clients, ce sont les mêmes ! Vous allez donc payer avec votre travail une augmentation de pouvoir d’achat dont vous ne verrez que la moitié (dans l’exemple que j’ai choisi).

Voila un exemple des contradictions des points de vue « micro »-économique (votre économie personnelle, ce que me fait à moi, telle ou telle disposition), et la « macro »-économie, l’effet global mesuré sur le groupe, qui s’exprime par des statistiques sur le pays tout entier.

Objectivement, si vous n’êtes pas fournisseur de Carrefour, vous allez avoir un petit mieux, mais alors vraiment, faut pas être producteur de lait, de viande… Pour l’écran plasma, ce sont les esclaves asiatiques qui sont concernés, pour notre plus grand bonheur !

Globalement, le pouvoir d’achat a augmenté, dans l’exemple que j’ai choisi les clients ont gagné autant que les actionnaires. Sauf qu’on est 67 000 000 à se partager la baisse, et 30 000 actionnaires se partagent la même somme. Et globalement le rendement du travail est plus faible pour les travailleurs et le bénef supérieur pour les rentiers. Un petit morceau de création de valeur est raptée par les actionnaires. Comme d’hab’.

Ces jours-ci, le gouvernement a admis (ça n’engage à rien) que le prix du lait à la production devait au moins excéder le coût de production, donc imposer un prix d’achat minimum aux centrales des chaînes de distribution. Juste du blabla, mais Carrefour a aussitôt prévenu que les prix augmenteraient direct en rayon.

Personne ne va retenir ça, sauf l’actionnaire qui va être rassuré que Mr Bernard Arnault aura la bonté de préserver les dividendes.
Mr Arnault pourra même déclarer : « Conscient de notre devoir vis à vis de la nation qui nous nourris à rien foutre, nous sommes heureux de permettre aux français qui ne sont pas nos fournisseurs de recevoir le même avantage économique que nos actionnaires. Nos fournisseurs, eux, vont tout casquer, car 1), 2) et 3). »

On a jamais vu une augmentation de pouvoir d’achat s’assortir d’une distribution de vaseline, et c’est ça le problème.

Un extrait de Lordon.

J’ai choisi un élément à réfléchir lentement. L’idée développée pourrait vous aider à saisir plus vite un discours.
J’ai juste viré le souffle sur l’enregistrement d’origine.

 

Bonne écoute…

Putain de réseaux ! Putain de projets !

J’en ai été avant que cela soit à la mode, tellement j’étais rentable comme ingénieur informaticien. A l’époque (les années 80 jusqu’en 2000 environ), la denrée était rare et plutôt bien rémunérée.

Ce n’est plus suffisant, depuis.

Maintenant, on a plus un emploi. On est dans une micro-structure sous-traitante, ou mieux encore, auto-entrepreneur. Bizness to bizness, pas de droit du travail ! Que des contrats de sous-traitance précaires pour la durée du projet.

La fine fleur bac+5 de nos grandezécoles va s’emputasser chez des sous-traitants de sous-traitants pour être embauchés sur des projets de un à quelques mois le plus souvent, 2 ans étant un horizon vertigineux.

Mais pour survivre dans ce monde, il faut avoir un réseau.

Un réseau est le fruit d’un patient travail de péripapéticien(ne), en plus des heures de travail visibles, qui vous amène à mieux considérer un contact éloigné, pote d’un pote, qui va vous brancher sur le projet suivant, que votre voisin de bureau. Vous pouvez même lui chier sur la tête, c’est conseillé pour qu’il ne vous prenne pas le prochain job.

On vous aime pour votre capacité à avoir un réseau.

Sans compter que le réseau ne supporte pas l’éthique, les scrupules. Vous devez être toujours enthousiasmé par des projets conçus pour et par des capitalistes dominants, et c’est même vous qui devez constituer l’équipe via votre réseau.

Maintenant vous devez être votre propre commercial, vous vendre éternellement à tous, afin de toujours en être.

Plus besoin d’être un bon ouvrier, il suffit d’avoir un bon réseau.

Autant vous dire que les grandes gueules dans mon genre sont à la retraite très tôt, vers 45 ans. Le chômage structurel organisé à cette fin permet de faire passer ce concept gerbant de « lettre de motivation » pour chasseur de tête.

« Chère Madame, cher Monsieur,

Très tôt déjà, environ en CM2, je rêvais de faire des logiciels de gestion de cycle de vie pour pièces détachées d’avion, en open-space, à 400km de chez moi, sur un système de développement bugué, selon des spécifications fantaisistes faites par des cadres incompétents, cocaïnés, mais qui ont un meilleur réseau que moi.

C’est à ce moment là que j’ai complètement renoncé à gagner ma vie pour ne pas mourir de froid sur un trottoir ou sous un pont, à vivre une vie en dehors du boulot, avec femme enfants, amis et voisins, avant une retraite roborative.

En effet, je considère que ma famille est désormais constitué par mon réseau professionnel que je dépose à vos pieds, en même temps que ma vie privée.

Mon désir d’enrichir vos actionnaires 80h par semaine, dont la moitié en dehors des heures de travail, de réaliser votre projet, est dur comme un zguègue de hardeur devant une gagneuse de télé-réalité.

Ce désir me fait complètement oublier que vous êtes un abruti exploiteur, totalement inutile à la production de valeur de l’entreprise, juste bon a exercer son pouvoir sadique sur des candidats à l’emploi qui chient dans leur froc sur le tabouret en face de votre bureau.

J’ai déjà commencé à apprendre par cœur les expressions absconses pondues par votre pipotron maison et je suce un concombre tous les matins.

Alors, je l’ai, le job ?

Cordialement,

Ton esclave pour la vie avant la mort. »

Rhaaaaaa, ça fait du bien !

Très affectés

Après six mois de recul, en gros commencé avec la campagne présidentielle, je reprend le clavier.

Comme prévu, les échéances ont été organisées par les médias sous le signe de l’affect. En l’occurrence les affects choisis par le MEDEF et le CAC40.

Cela dit, eûssions nous vécu cette campagne sans ces influences, n’eûssions nous pas pour autant échappé aux affects. Vous vous fûtes alors affecté entre vous, mais cela change tout.

Je m’explique. Je pars du postulat, clairement démontré depuis la deuxième moitié du 17ieme (« siècle », pas « arrondissement »), que le moindre « acte » que nous commettons est déclenché par un affect. Quand bien même invoquons nous la raison, que nous tentons pitoyablement d’opposer aux affects – ou parfois je dis le pathos– que nous ne voulons pas voir, cette raison n’est qu’un supplément, un ingrédient, de cet affect. Un affect raisonnable nous mènera plus sûrement à un acte « adéquat ». Pas d’affect, pas d’action,  donc uniquement en état de coma ou de sommeil profond.

Je vais prendre un exemple qui me concerne, pour ne froisser personne : quand Finkielkraut s’est fait jeter de Nuit Debout au cris de « Facho Enculé ! », cela m’a affecté : d’abord parce que le gang Antifa à l’œuvre représente pour moi le niveau zéro de la politique, version bas de plafond violent, ensuite parce que la mise hors micro du philosophe de mes deux eût été suffisante. C’est physique, je prend automatiquement et donc sans discernement, le parti du lynché. Affect-crétin:1 – Moi:0.

J’ai donc pondu un article pour m’insurger contre la méthode. J’eûsse pu n’en rien faire. D’autant plus que chez les bas du fa, une telle réaction s’apparente à un soutient, donc de là à confirmer ma classification de « fachiste » chez ces primates…

Bref, mon propre pathos m’a trahi. J’ai piteusement justifié mon erreur en en écrivant une vaine suite.

J’ai observé illico un discours très vif de Frédéric Lordon justifiant ces évictions, au nom d’un nécessaire cordon sanitaire autour de la (bonne) cause. Affecté, lui aussi, mais dans l’autre sens.

Voila. Résumons. Je peux pas sacquer ce philosophe de mes trois qu’est Finkie, tout comme ces autres néo-philosophes, porte paroles du néo-libéralisme conquérant, maîtres à penser de droite, de droite et de droite.

Mais j’ai été affecté, à mon grand dam, par une vidéo minuscule qui m’aura bouffé du temps pour rien de rien, et une fois de plus fait dire des bêtises.

Revenons à cette élection.

La présidentielle, c’est la quinquennale de l’affect : que je te promet, que je te vaseline, et à la fin, c’est le proctologue qui se frotte les gants.

J’y ai cru, pauvre âne, à la lutte contre l’ennemi sans visage de l’autre gros !

Alors, je me suis abstenu, ce coup-ci. Mélenchon sans illusion au premier tour, et dodo au deuxième. Sinon j’aurai voté Marine juste par esprit de contradiction, j’aime pas me faire manipuler (dit-il après sa brillante anecdote !).

Et vous ?

P.S. On gagne des points supplémentaires avec l’imparfait du subjonctif. Encore eû-t-il fallu que vous le sachiasse.

A mort la ‘démocratie participative’ !

Après l’assassinat criminel, le poinçon pointu, et l’éventration dangereuse, mettons un terme à la ‘démocratie participative’.

Loin de nous faire des cadeaux, ceux qui vantent la démocratie participative nous mentent, nous trompent et détruisent un peu plus le langage courant.

La démocratie, c’est le peuple, la multitude qui gouverne. Cela n’est JAMAIS arrivé en France, et ce n’a jamais été l’intention des révolutionnaires.

A l’époque ce n’était pas un secret. Il était clairement prévu d’instituer un « Gouvernement représentatif », dont la volonté se substitue TOTALEMENT à celle du peuple.

Depuis quelques décennies, nos dominants nous ont forcé à regarder leur gouvernement ploutocrate sous l’étiquette fallacieuse de « démocratie ». Je vote pour un menteur autocrate corrompu, quel que soit son bord, qui va bien faire ce que veulent nos riches, ceux qui l’ont fait élire.

Rien de moins qu’une dictature des riches, qu’on veut nous faire passer pour ce qu’elle n’est pas.

Dans ce contexte, quand les « gens » demandent un tant soit peu la parole, et pour peu que le sujet soit accessoire, on leur accorde de gâcher leur salive au nom de cette fameuse escroquerie qu’est la démocratie participative.

Cela introduit de nouveaux concepts, que je trouve pour ma part fumeux et mensongers :

La démocratie participative n’est qu’une variante un peu osée (pensez : donner la parole aux ploucs que nous sommes !) de la démocratie dont nous aurions déjà la pleine jouissance à travers le vote.

Donc si entérinons la variante participative, c’est à la condition sémantique d’admettre d’abord que nous avons déjà la démocratie, et que la variante n’est qu’un « plus » dont on peut se passer en temps normal.

Or, démocratie et participatif sont deux mots antagonistes : soit nous sommes en démocratie et le peuple gouverne en pleine autorité, il ne « participe » pas, soit nous sommes en dictature, et occasionnellement les dictateurs invitent les dominés à donner leur avis.

Avis avec lequel ils s’essuieront le fondement recta.

Celui qui parle de « démocratie participative » est soit un dictateur, soit un de ses pantins.

Amen.