Hey ! Marre de Facebook, comment je fais pour embrigader des « gens » ?

Cette page ne s’adresse pas au public, mais restez quand même.

…mais à ceux que nous invitons à s’enrôler dans notre projet. Mais comme nous n’avons rien à cacher, restez donc ! Tout ce que cet article à l’air d’affirmer, comme s’il donnait sa science, n’est en fait qu’un ramassis de questions allégées des formules exprimant les doutes des auteurs.

Comment simplifier ce qui semble complexe

Rappelons nous aussi pourquoi nous en parlons : ce site veut pousser les nombreux activistes d’un renouveau social à se concerter pour parler de politique, non pas dans des colloques fermés, comme les activistes savent si bien en faire, mais à la majorité, au grand nombre, à la populace, à la cariatide, aux « gens » (en tant que concept général), aux masses, au populo, utilisez le vocabulaire local qui vous convient.

D’accord, mais l’argent, la constitution, le salaire, l’emploi, le capitalisme sont des notions complexes, et ma concierge (ma voisine, mes collègues de bureau) a un temps limité et un nombre de neurones restreint à me consacrer. Soit qu’elle n’en a pas beaucoup en stock, soit qu’elle se les réserve pour autre chose.

Comment vais-je m’y prendre, sachant que nous rêvons de progrès social de notre vivant ? Cherchons une méthode nouvelle pour cette démarche qui, à notre connaissance, n’est pratiquée que par les marchand de pubs, à la demande de marchands de soupe.

Prenons, au hasard, la monnaie. Nous voulons dire que là, c’est la merde, et qu’il faut que ça change. Jusque là, tout le monde suit. Sauf qu’on n’a encore rien dit, et que le temps imparti est déjà bien entamé.

Devons nous nous livrer à un cours d’économie ? Sachant qu’un tableau légèrement plus complet qu’un exposé de François Langlet au JT de 20h risque d’évaporer l’auditoire. Que ce sujet soulèvera bien des chamailleries de spécialistes, rien que pour l’exposé d’introduction. Un spécialiste, complice ou adversaire, peu importe, va dispenser avec une moue désapprobatrice un jugement dynamiteur de débat : « Mouiiiiii, en fait, c’est plus compliqué que ça ».

Rideau, rangez les chaises contre le mur, le dernier éteint la lumière.

Autant vous dire que ma concierge est retournée depuis longtemps, où cela ? Dans l’escalier, bien sûr.

Cet article va proposer quelques principes discutables – mais pas éternellement discutables, faut qu’on s’y mette – pour traiter un sujet de société, d’économie, de finance SUR LA VOIE PUBLIQUE.

Pourquoi ?

Pour informer la populace avant la saint glinglin, avant qu’un irrémédiable ne soit commis par Barroso. Avant que notre société n’ait définitivement sombré dans le chaos, par exemple.

Les commentaires ne sont pas faits pour les chiens : Plutôt que de râler, dites ce que nous devons corriger dans la liste qui suit. Jouons collectif.

Tentative de méthode avec l’exemple choisi

On n’a pas toute la soirée : on dirait qu’un vilain pas beau braque sur votre bide un machin hyper contondant et vous donne 3 minutes pour énoncer en quoi c’est un problème, avant de vous mettre votre intestin sous les yeux. On recommence ensuite pour les causes, puis idées de solutions.

En 2 ou trois minutes, un cours de troisième cycle universitaire n’est pas une option : au mieux, avoir un article ou une vidéo sous le coude pour le Saint Thomas de service.

Faites l’exercice avec un proche, fan d’opiums du peuple. Demandez lui de répéter. Notez ses formules. Nous nous plaignons de la main-mise des riches sur la société ? Veillons à parler un français courant. Autre façon de le dire : pas de latin, pas de jargon, pas de mot savant : on pourrait se réunir pour décider si le niveau de référence, en terme de vocabulaire et d’expression est bloqué au niveau seconde ou baccalauréat. Pas « doctorat en droit constitutionnel ».

Si notre système de monnaie, notre finance sont si compliqués à comprendre, c’est un signe d’embrouille. Qu’une minorité soit seule apte à piger prouve le peu de considération qu’elle nous porte. Qu’une greffe cœur-poumon soit compliquée, d’accord, mais qu’un système monétaire le soit, c’est a priori suspect. Par ailleurs, la population la plus informée est statistiquement parmi la plus éduquée, et celle que nous devons alerter contient des individus défavorisés au niveau du langage : plus de 10 ans de télé à 3,5h/jours, soit plus de 12 000 heures, ça abîme !

L’air de rien, bien des internautes nous disent que l’emploi d’un vocabulaire éloigné du trottoir dans les pages de ce site les rendent indigestes : ils disent souvent ‘imbitables’ ! Encore une fois, ce site veut permettre d’atteindre 65 millions de gens qui fuient, pour l’immense majorité, les discours intellos ‘imbitables’. Nous prenons toujours en compte vos remarques dans ce sens. Voilaaa, on n’enfoncera pas ce clou plus profond, il sort déjà chez le voisin.

Passons à un exemple :

Intro : la monnaie le pognon est un outil d’échange : travail contre argent, marchandise ou service contre argent. Mais la monnaie est devenue en soi une marchandise, le crédit est le seul moyen d’en louer, son prix s’appelle ‘intérêt’.  Pour commencer à exister, il faut avoir déjà de la monnaie : voiture, logement…. Donc crédit, donc dette, donc intérêts à payer. Nos représentants traîtres ont donné le contrôle de la monnaie aux financiers privés qui le veulent pour pouvoir nous racketter.

Certains naissent avec de la monnaie blindés par l’héritage, d’autre accumulent de l’oseille en gagnant plus que nécessaire pour vivre. La plupart en ‘gagnent’ en vendant leur force de travail allant bosser et dépensent ce fric dans les jours qui suivent. Un petit nombre gagne plein de fric en louant des logements, ou en jouant en bourse, en possédant des actions. Quand c’est illégal, c’est du « racket », quand un riche fait passer une loi par ses larbins amis députés, cela devient de la « création de richesse », dénotant un fertile esprit « entrepreneurial » propre à se gaver saisir des opportunités.

Oui, c’est simpliste mais c’est vrai ! C’est bien le maximum qu’on pourra faire à l’attention du grand public. Le premier qui dit que « monnaie et argent, ce n’est pas la même chose », se fait engueuler sauce grand veneur : on est pas dans un amphi de fac, ni dans un concours d’éloquence, comme sur une vulgaire page Facebook ! On est là pour préparer une intervention auprès du grand public, au marché, au troquet, à la machine à café ! Et ce n’est pas faire injure que de parler directement, avec un vocabulaire certes parfois familier, mais toujours juste.

Deuxième élément de méthode : comme vous êtes, souvent, du genre à vous prendre la tête sur une formule, l’orthodoxie conceptuelle et autre moteur de conversation entre militant casse-bonbon ( oxymore), j’ajoute que, cher lecteur, si cela ne te convient pas, on te donne 10 minutes, pas une de plus, pour refaire la copie à ta convenance. On met les copies dans l’Agora, on vote, et c’est plié : la crise n’attend pas. C’est pas parfait ? Comme ce bas monde !

Pour info, voici un paragraphe extrait du programme politique d’une association célèbre en France, qui veut comme nous refaire le monde. Ils se sont mis à plein pour pondre cela, et vont se mettre en AG pour savoir si mon cul sur la commode. Le fond est leur affaire, c’est la forme qu’il faut mater :

En amont, un objectif d’éducation populaire se dessine, celui de forger les conditions d’une société interculturelle ou de la diversité : il s’agit, sur la base du refus de l’assimilationnisme, du communautarisme et de l’individualisme de repli, de respecter les cultures de chacun et, par leur mise en dialogue, de favoriser l’enrichissement commun en termes de développement humain.

On dirait du Lepage ! C’est un doc interne, mais qui doit devenir la ligne pour tous les militants de terrain. Si je retourne à l’AG cette année, j’emmène une boite de kleenex.

Ici, on fait du passage à l’acte ! Le pignolage, c’est à la maison ! Ne perds pas ta salive à expliquer quoi ou qu’est-ce : écris en commentaire de cet article : « à la place du paragraphe xxxxxx, je met yyyyyy ». Point barre, pas de justifications. Tout au plus un ou deux liens vers des exposés qui valorisent yyy à la place de xxxx. Dans la vraie vie, on est un petit groupe réuni, et on fait ça au blitz, comme  aux échecs (le chrono qui limite le temps de chaque joueur pour qu’on y passe pas la semaine).

Au lieu d’en faire un concours d’égo, on joue à : « Dans deux heures, l’immeuble dans lequel nous nous trouvons s’écroule sur nos têtes comme une vulgaire usine de fringues Zara ou H&M. De la purée, du hachis de militants. Impossible de sortir sans avoir bouclé une version opérationnelle pour samedi prochain. It’s a hundred and six miles to Chicago, we’ve got a full tank of gas, half a pack of cigarettes, it’s dark, and we’re wearing sunglasses. Let’s go. ».  Celui qui trouve l’origine de cette citation gagne rien.

On continue, tentative d’expliquer où est le problème : Top chrono, deux minutes. Les possesseurs de monnaies, de capitaux, riches ont rendu obligatoire et le plus coûteux possible le passage à leur guichet de prêt. Pour gagner encore plus de pognon, le plus vite possible. Non seulement les particuliers et les entreprises doivent passer entre leur mains, mais également les communautés, l’État. Et comme ils sont plus goinfres qu’un lion à qui on offre 3 chrétiens après une semaine au yaourt nature, qu’ils ont acheté des lois, des parlements entiers, des banques centrale et la commission Européenne ou notre gouvernement, leur bizness marche trop bien !

Tout l’argent qu’ils gagnent sert à corrompre et à revendre de la monnaie dont ils ont organisé la rareté. Au final, ils ramassent toute la monnaie que nous gagnons en travaillant. Nous travaillons à leur place contre rien de mangeable, et petit à petit toute la monnaie passe dans leur coffre. D’où chômage, jusqu’à ce que nous travaillions pour rien, et que nous crevions. Baisser les charges des entreprises accélère le mouvement.

Ouille ! A part le yaourt qui est là pour détendre l’atmosphère, je vous invite en 10 minutes-top-chrono, à ramasser ce passage trop long, bien trop long. 10 minutes, pas plus !

Proposition de sortie : Tout cela arrive parce que nous avons laissé les riches poser les règles. Avec leur argent ET NOTRE INDIFFÉRENCE, ils se sont acheté des consciences, des télés, des journaux. Ils ont écrit les lois, les traités, les constitutions. Leur technique favorite pour nous empêcher de changer, c’est, depuis la nuit des temps, la menace: guerre, dévaluation (comme si on en avait quelque chose à faire quand on ne possède pas de capital !), chaos, fièvre aphteuse, ongles incarnés, pénurie de caviar. Il existe 20 organisations alternatives de la monnaie, toutes meilleures, ils nous appartient de VOULOIR les faire advenir. D’en causer entre nous. Maintenant ! Au troquet en face. Mais chacun paye son verre.

Là on est bon, c’est fastoche en 2 minutes. A la place de ’20’, mettez le chiffre que vous voulez.

Notez que je n’ai pas écris : « Il nous appartient  de faire un diagnostic partagé par les acteurs habitant le territoire, tout en respectant l’esprit entrepreneurial des vrais créateurs de richesses à l’heure de la mondialisation et de la compétitivité nécessaire qui sera favorisée par une baisse des charges »

Invitation : « Venez donc discuter de ces solutions alternatives au troquet en face », mais on ira pas en discuter ni avec un banquier, ni avec un capitaliste, ni avec Pujadas, ni avec un homme politique. Penser à repérer le troquet.

Quand un gros malin, banquier ou autre libertarien s’avance pour vous traiter de gros naze incompétent, il faut passer aux…

Techniques de combat rapproché : Il est possible de faire taire un tenant de la situation actuelle, tout vibrionnant d’indignation, de mépris ou les deux à la fois. C’est là que de nouvelles postures doivent être privilégiées.

Vous amenez une vision nouvelle, et imposez donc une nouvelle méthode de débat. On ne parle pas de diésel avec un schéma de machine à vapeur, donc quand le réac demande où on compte ranger le charbon, à part une variante à votre goût sur « Ta gueule », je vois pas quoi répondre.

Le débat intello français de base organise un concours d’éloquence, où chacun doit prouver la taille de ses organes génitaux en se livrant à une joute oratoire. Genre « des paroles et des actes ».

Refusez. Nous avons découvert avec les athéniens que la perturbation d’un orateur pendant son temps de parole est punie sévèrement. L’inverse d’un débat télévisé. Deuxièmement, arguez de l’exercice de la souveraineté par le peuple et du fait que ses arguments éculés que l’on devine, ont été déjà rabâché par Coppé, Hollande, Pujadas, Franz-Olivier Giesbert, Attali et Olivier Pastré. Prévoir de faire fermer élégamment son claque-merde au fielleux qui ne manquera pas de souligner votre coté dictatorial, dans la mesure où vous lui refusez de réinjecter son venin à un public déjà camé à Jean-Pierre Pernaud. Insistez sur le fait que ces idées sont connues, et qu’il est temps d’en écouter d’autre, ce qui n’engage à rien, sauf lui, à aller jouer aux billes dans son club d’investissement.

En coup de grâce, affirmez que ce n’est pas un aveugle qui va vous faire traverser la rue. Et toc.

Oui, chère madame, vous, vous même, allez décider car c’est ça la démocratie, la vraie. Des gens, des groupes vont vous faire des propositions. Mais attention, les ‘conseilleurs’ vont plaider sous votre absolue présidence, comme au tribunal avec le juge. Les plaignants et défendeurs ne se parlent pas entre eux. Ils ne se piquent pas le micro. Ils ne se répondent pas. C’est le « débat mouvant » de Lepage. Tous déposent leurs arguments à vos pieds. A la limite, quand un expert parle, les autres attendent dehors.

A chacun d’eux d’être clairs et convaincants. Le problème soulevé mérite probablement plusieurs solutions, complémentaires ou contradictoires. Ça nous changera. La dame rougie à la perspective d’être la maitresse Domina. Faites un peu de mise en scène. Prêtez lui une perruque de Marge Simpson.

Pièges à éviter, les arguments à la con : reprenons l’exemple de la monnaie. Voici un argument à la con contre la reprise en main de la monnaie par l’état : « Ouiiiiii, mais l’état fait marcher la planche à billet et ça fait de l’inflation ».

Technique rhétorique toute pourrie ! D’abord, cela suppose que l’état serait conservé autonome des gouvernés. C’est un présupposé pervers. Nous pourrions répondre : « Soit tu manques d’imagination, ce qui n’est pas très grave, soit tu travailles pour Goldman Sachs. Qui a dit que nous allons penser la monnaie sans reprendre réellement, par des institutions réellement démocratiques, un contrôle effectif populaire de la monnaie ? Crois-tu que nous allons laisser les mécanismes actuels, comme si nous les croyions accessoires ? Laisser à des représentants doués d’impunité le droit de faire tourner la planche à billets sans que cela soit passé par une réflexion publique et des contrôles périodiques ? Qu’un représentant, comme aujourd’hui, puisse nous endetter à hauteur du PIB sans aller en taule, sans être dépecé en place publique ? Que des préteurs pourraient à l’avenir se gaver sur le travail de l’état ? Quand on a dit qu’on virait les banques privées de la création monétaire, ce n’est pas pour laisser cela à Bécassine et Ouioui. Et là, t’es pas invité, on t’entend tous les jours à 13h sur TF1. » Avec de l’humour, ça devrait passer. Le vôtre, évidement.

Dans la même veine : « Avec le tirage au sort, on va se retrouver avec une assemblée d’incompétents.. ». Sur un ton méprisant, parce qu’à par ça la question est valide. Qui a dit qu’on allait garder une assemblée d’élus avec les mêmes pouvoirs ? Qu’il suffisait de changer le mode de désignation, sans toucher à rien d’autre ?  Que le tirage au sort se réduisait à sa plus simple expression, sans contrôles, enquête, tests, interrogatoire, coloscopie ? T’es con ou tu le fais exprès ?

Bref le piège qui consiste à laisser un contradicteur imposer les présupposés qui l’arrangent. Dans le « BrainStorming » qui prépare la sortie au marché de dimanche, un des compères va prendre le rôle du contradicteur de mauvaise foi. Etape cruciale ! On dirait que je serais riche, content de la situation actuelle, et que je vais vous pourrir l’ambiance : A Evreux par exemple  « Alors vous compter déposséder les gentils gnenfants de l’héritage d’une vie de labeur de Normandie ? Vous compter jeter de pauvres retraités dans la misère du minimum vieillesse en leur piquant leur immeuble ou leur contrat d’assurance d’eau de vie de pomme ? » etc…

Bref : après l’atelier constituant des fans de Chouard, Vuncf.org va vous faire faire des ateliers « Animation sur la voie publique ou aux repas de famille ». Ce qui n’a rien à voir avec un tractage, ni avec un happening où Bob l’éponge va laver de l’argent sale devant une agence bancaire. Les trois en même temps, pourquoi pas…

 

 

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