{"id":1829,"date":"2013-09-25T08:01:48","date_gmt":"2013-09-25T06:01:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=1829"},"modified":"2014-11-22T14:05:53","modified_gmt":"2014-11-22T13:05:53","slug":"prehistoire-du-capitalisme","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=1829","title":{"rendered":"Pr\u00e9histoire du Capitalisme"},"content":{"rendered":"<h2>Gen\u00e8se d&rsquo;une catastrophe<\/h2>\n<p>Au d\u00e9but des temps, il y a quelques millions d&rsquo;ann\u00e9es, les objectifs de l&rsquo;homme se r\u00e9duisait \u00e0 un seul : ne pas crever.<\/p>\n<p>Cet objectif a rapidement rassembl\u00e9 des petites communaut\u00e9s qui augmentaient les chances de survies individuelles : ne pas crever passait par un syst\u00e8me de garde de l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;abri, pendant que les autres dorment. Exactement comme la patrouille en milieux hostile : il faut dormir, tu prends le premier tour de garde. La mise en soci\u00e9t\u00e9 n&rsquo;est pas une bluette. La cr\u00e9ation de codes et de modes de communications inter-personnels proc\u00e8de d&rsquo;une n\u00e9cessit\u00e9 vitale, et non d&rsquo;un g\u00e9nie sp\u00e9cifique \u00e0 l&rsquo;homme. La s\u00e9lection naturelle \u00e9limine les esprits individualistes qui ont de fait du mal \u00e0 dormir.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re invention qui d\u00e9passe de loin en cons\u00e9quence celle\u00a0 d&rsquo;internet, c&rsquo;est l&rsquo;oreiller. Ce truc totalement nocif biologiquement qui tord les vert\u00e8bres cervicales pr\u00e9sente en revanche l&rsquo;avantage de prot\u00e9ger le cou, ce qui permet d&rsquo;avoir une ou deux secondes pour r\u00e9agir quand le froumir \u00e0 poil ras vient vous flairer la jugulaire, miam.<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;invention de la \u00ab\u00a0porte et du mur\u00a0\u00bb, la notion d&rsquo;habitat convainc une partie de la population \u00e0 se fixer. D&rsquo;autre emm\u00e8nent leur maison avec eux : yourte, tipi. Ils peuvent suivre les transhumances naturelles du gibier ou s&rsquo;affranchir un peu du cycle des saisons. Le nomadisme a ses avantages.<\/p>\n<p>Mais d\u00e9j\u00e0, la stricte n\u00e9cessit\u00e9 du partage des tours de gardes qui cr\u00e9e de fait une \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, prend un coup dans l&rsquo;aile. Une famille qui poss\u00e8de un logis herm\u00e9tique n&rsquo;a plus besoin des autres, et 100% de la famille se repose la nuit. En revanche, il faut qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9quipe pour palier aux inconv\u00e9nients : recueillir l&rsquo;eau, am\u00e9nager l&rsquo;entourage du logis. Mais, c&rsquo;est dr\u00f4lement chouette, on peut maintenant se livrer \u00e0 l&rsquo;agriculture.<\/p>\n<p>Et surtout, il faut d\u00e9fendre tout le fruit du labeur consomm\u00e9 par ces \u00e9quipement : maison, silo \u00e0 provision, cl\u00f4tures, mat\u00e9riel divers. Des feignasses de grande taille peuvent d\u00e9cider de pratiquer la razzia. Le logis herm\u00e9tique ne r\u00e8gle pas le probl\u00e8me des feignasses violentes.<\/p>\n<p>Ce qui devrait nous faire r\u00e9fl\u00e9chir sur le logement : <a title=\"La propri\u00e9t\u00e9 lucrative\" href=\"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=1191\" target=\"_blank\">la propri\u00e9t\u00e9 lucrative<\/a> du logement est authentiquement un chantage \u00e0 la mort, ou au mieux le retour au pal\u00e9olithique. Quelle soci\u00e9t\u00e9 civilis\u00e9 peut donc se d\u00e9velopper sous une tente qui s&rsquo;installe en une seconde ? Einstein aurait-il d\u00e9couvert E=MC\u00b2 sous une tente ronde au bord du canal Saint-Martin ?<\/p>\n<h2>Pr\u00e9histoire et soci\u00e9t\u00e9s<\/h2>\n<p>La pr\u00e9histoire ne conna\u00eet pas la p\u00e9nurie. Il faut des s\u00e8cheresses ou un quelconque cataclysme naturel pour recr\u00e9er une concurrence pousse-aux-crimes. En dehors de la criminalit\u00e9 des feignasses de grandes tailles, \u00e9videmment.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9volution reste ralentie par l&rsquo;individualisme issu de l&rsquo;instinct de survie : pourquoi s&rsquo;occuper du vieux qui est une charge inutile ? Une fois vieux, le jeune peut comprendre son erreur mais on ne rejoue pas la pi\u00e8ce. En attendant, en ne partageant pas, j&rsquo;augmente mes chances de survie, t&rsquo;as compris papi ? La constitution de communaut\u00e9s plus fortes que la somme de ses individus s&rsquo;impose rapidement. La dur\u00e9e de vie s&rsquo;allonge, mais plafonne \u00e0 une trentaine d&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p>La p\u00e9nurie appara\u00eet quand la ou les ressources tendent \u00e0 dispara\u00eetre, que ce soit par la transhumance saisonni\u00e8re (et l\u00e0, tu regrettes de ne pas \u00eatre nomade !), ou par la sur-chasse, ou sur-cueillette. L&rsquo;\u00e9levage peut limiter la casse, mais pose de nouveaux probl\u00e8mes : il faut un gardiennage, sinon on va se faire piquer les ch\u00e8vres. Soit un carnassier va venir les clapper, soit des sauvageons affam\u00e9s vont le faire.<\/p>\n<p>Contrairement aux l\u00e9gendes dont on nous abreuve, les syst\u00e8mes d&rsquo;alarmes ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s il y a 50 000 ans. Les oies par exemple. Beaucoup plus efficace que le doberman !<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que se d\u00e9finissent les grandes lignes de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 sociale et le foutoir en r\u00e9sultant. C&rsquo;est aussi \u00e0 cette \u00e9poque que se tracent les fronti\u00e8res entre les classes : s\u00e9dentaires, nomades et racailles. La derni\u00e8re classe cultivant le baston comme source de confort, quand le nomade soigne ses chevaux, ses ch\u00e8vres et son tipi, le s\u00e9dentaire son bac en pierre sous la sortie de la source, ses cl\u00f4tures, sa maison et son silo \u00e0 grain.<\/p>\n<p>Il y a des millions d&rsquo;ann\u00e9es, le Parasitus Socialus s\u2019\u00e9panouit d\u00e8s la naissance des autres esp\u00e8ces d&rsquo;hommes. Par b\u00eatise ou par m\u00e9connaissance, l&rsquo;exploitation du s\u00e9dentaire par la racaille se dessine. Le chef, c&rsquo;est celui qui a le plus gros gourdin.<\/p>\n<p>Car on n&rsquo;\u00e9chappe pas \u00e0 la p\u00e9nurie de volont\u00e9 de travailler pour am\u00e9liorer son sort.<\/p>\n<p>Les s\u00e9dentaires ont un avantage sur les nomades : ils peuvent mettre au point et accumuler les outils que les nomades ne peuvent mettre en soute au del\u00e0 de 40 Kg par passager. Pardon, 150 Kg par bourrin, cavalier compris.<\/p>\n<p>Les s\u00e9dentaires remportent le premier concours d\u00e8s lors que la technologie s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e en leur sein, alors que les nomades plafonnent \u00e0 l&rsquo;invention de la roue pour les chariots.<\/p>\n<p>Un certain retard est observ\u00e9 : Les nomades en sont incapables, et les s\u00e9dentaires n&rsquo;ont pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 inventer le chariot \u00e0 moteur. La nature est mal faite.<\/p>\n<p>Mais on en revient l\u00e0, les s\u00e9dentaires sont trop simples \u00e0 braquer.<\/p>\n<h2>-5000 ans<\/h2>\n<p>Les groupes humains sont d\u00e9j\u00e0 bien organis\u00e9es, s\u00e9dentaires quand c&rsquo;est possible. D\u00e9j\u00e0, on trouve trace d&rsquo;organisations hi\u00e9rarchiques. Le plus souvent, c&rsquo;est le plus balaise avec le gourdin clout\u00e9 qui est le chef. Quelque soit le contrat social de l&rsquo;\u00e9poque, le chef et ses amis sont bien souvent entretenus par la masse des autres. Les guerres font gober la pilule de la n\u00e9cessaire domination par le chef&#8230;de guerre.<\/p>\n<p>Les pharaons ont fait inventer la g\u00e9om\u00e9trie afin de pouvoir calculer les taxes sur les cultures, calcul\u00e9es \u00e0 partir des surfaces exploit\u00e9es.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s sont dirig\u00e9es par le chef qui s&rsquo;entoure de \u00ab\u00a0scientifiques\u00a0\u00bb qui le conseillent. A part \u00e7a, il y a d\u00e9j\u00e0 des administrations, quasiment aussi sophistiqu\u00e9es que les n\u00f4tres. Sauf qu&rsquo;elles visent uniquement \u00e0 r\u00e9colter imp\u00f4ts et taxes, \u00e0 guerroyer ou \u00e0 assurer la p\u00e9rennit\u00e9 du pouvoir. La s\u00e9cu, c&rsquo;est apr\u00e8s. La notion de capital n&rsquo;existe pas, mais la transmission par l&rsquo;h\u00e9ritage fait son chemin. Elle se justifie si elle s&rsquo;accompagne de la transmission du savoir-faire. Le forgeron forme son fils.<\/p>\n<p>Pierre Clastre, dans son livre \u00ab\u00a0La soci\u00e9t\u00e9 contre l&rsquo;\u00e9tat\u00a0\u00bb, nous r\u00e9v\u00e8le que des soci\u00e9t\u00e9s amazoniennes ont mis au point des soci\u00e9t\u00e9s tr\u00e8s stables, et semble-t-il assez heureuses. Elle ne veulent pas de chef. Alors, elle cr\u00e9e une fonction de chef et y collent un volontaire d\u00e9sign\u00e9 d&rsquo;office qui occupe le poste. Le chef a le privil\u00e8ge de la parole. A part \u00e7a, tout le monde lui marche dessus, et le plume en lui r\u00e9clamant des cadeaux qu&rsquo;il doit fournir. Et \u00e0 part \u00e7a il n&rsquo;a aucune autorit\u00e9, c&rsquo;est dans le job. Le chef finit ruin\u00e9. Pendant ce temps l\u00e0, ces gens bossent 4 heures par jour pour chasser, cueillir et passent le reste de la journ\u00e9e \u00e0 discutailler dans le hamac. Un r\u00eave ! Oups, je viens de faire une anachronie, ces tribus ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es par les espagnols conqu\u00e9rants. Pour ceux qui ont suivi \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, c&rsquo;est plut\u00f4t le 16eme si\u00e8cle. Bon, c&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e.<\/p>\n<h2>Royaumes<\/h2>\n<p>Notre soci\u00e9t\u00e9, tr\u00e8s partiellement unifi\u00e9e, sur des territoires dont les limites n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec nos cartes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, se f\u00e9d\u00e8rent autour de chefs de guerre, l&rsquo;unit\u00e9 sociale \u00e9tant le clan ou la tribu. Cavanna a bien \u00e9crit sur cela, penchez vous sur ces trait\u00e9s s\u00e9rieux et distrayants : \u00ab\u00a0<i>Les Fosses carolines<\/i>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<i>Les M\u00e9rovingiens<\/i>\u00a0\u00bb etc&#8230;<\/p>\n<p>A partir de Charlemagne, nous enquillons une bord\u00e9e de rois, mais n&rsquo;oubliez pas que la France est loin d&rsquo;exister en tant que soci\u00e9t\u00e9 homog\u00e8ne, et un roi de cette \u00e9poque a du mal \u00e0 se faire respecter au del\u00e0 de trois jours de cheval. Donc au del\u00e0, c&rsquo;est le r\u00e8gne du seigneur local, donc la stabilit\u00e9 est acquise au moyen de la contrainte arm\u00e9e ou de l&rsquo;alliance. La seule obligation du maitre est de laisser vivre ses gueux afin qu&rsquo;ils aient la force de le nourrir, et de le d\u00e9fendre contre les seigneurs voisins. Bref un bordel permanent, avec alliances, traitrises et razzias.<\/p>\n<p>Les contre-pouvoirs sont \u00e0 peu pr\u00e8s nuls, l&rsquo;\u00e9glise faisant la police des \u00e2mes pour le compte des rois, en \u00e9change d&rsquo;un droit autonome \u00e0 se financer sur la b\u00eate. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9glise qui couronne le roi. L&rsquo;\u00e9change est celui-ci : je te couronne, donc tu me dois tout, mais en \u00e9change, t&rsquo;ayant couronn\u00e9, je te d\u00e9livre ton certificat d&rsquo;\u00e9lu de Dieu. Bref, je te tiens, tu me tiens par la barbichette. Jusqu&rsquo;\u00e0 Jules Ferry, l&rsquo;\u00e9glise apprend au peuple \u00e0 se tenir tranquille et \u00e0 respecter la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, ainsi que le ma\u00eetre qui va avec. Jules Ferry, qui a besoin de prendre son ind\u00e9pendance vis \u00e0 vis du clerg\u00e9, remplace le cur\u00e9 par l&rsquo;instituteur : ce dernier re\u00e7oit des instructions pr\u00e9cises \u00e0 cet effet.<\/p>\n<p>Les seuls autres sujets bien convenablement respect\u00e9s sont ceux qui d\u00e9tiennent un savoir certifi\u00e9, comme tailleur de pierre, verrier (pour les vitraux), ferronniers, ou sourcier. Un peu comme les traders aujourd&rsquo;hui, surpay\u00e9s et respect\u00e9s autant qu&rsquo;ils font rentrer l&rsquo;oseille. La pi\u00e9taille pi\u00e9tine.<\/p>\n<p>J&rsquo;en reste l\u00e0, je ne suis pas plus historien que cela.<\/p>\n<h2>Arrive la Banque<\/h2>\n<p>Voyez sous le menu \u00ab\u00a0<a title=\"Argent\" href=\"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=367\" target=\"_blank\">l&rsquo;argent<\/a>\u00a0\u00bb quelques histoires du pognon. Je r\u00e9sume \u00e0 mort. Au 17eme si\u00e8cle se d\u00e9veloppe la banque. L&rsquo;activit\u00e9 humaine et ses \u00e9changes, qui deviennent sophistiqu\u00e9s et nombreux, n\u00e9cessitent du bon gros flouze, et d\u00e9j\u00e0 les rois ont du mal \u00e0 contr\u00f4ler la boucle \u00ab\u00a0L\u00e2cher de pognon par le roi\u00a0\u00bb &#8211; \u00ab\u00a0Circulation de la monnaie\u00a0\u00bb &#8211; \u00ab\u00a0retour par les imp\u00f4ts et taxes\u00a0\u00bb et on recommence. Le ramassage des imp\u00f4ts comporte bien des fuites et le manque d&rsquo;argent, dilapid\u00e9s en guerre ou en fiesta pousse tr\u00e8s vite les rois \u00e0 se livrer \u00e0 des banquiers.<\/p>\n<p>On oublie bien souvent de dire que le d\u00e9faut sur les dettes \u00e9tait chose sinon fr\u00e9quente, du moins r\u00e9guli\u00e8re et souvent sanglante. Les templiers l&rsquo;ont appris \u00e0 leur d\u00e9pends. A chaque fois, le roi trouve un pr\u00e9texte pour se justifier aupr\u00e8s du populo, mais la liquidation de la dette, accompagn\u00e9e du pillage du banquier du jour remet les comptes \u00e0 flot. Pour quelques temps. Au conflit guerrier suivant, le roi doit re-re-re-emprunter. Lisez donc \u00ab\u00a0Vive la Banqueroute\u00a0\u00bb, ouvrage collectif, Fakir Editions : 8 d\u00e9fauts entre 1500 et 1800, et 250 entre 1800 et 2009.<\/p>\n<p>L&#8217;emprunt, qui est l&rsquo;autre nom de la dette, n&rsquo;est ni plus ni moins que la <a title=\"Les trois propri\u00e9t\u00e9s\" href=\"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=1112\" target=\"_blank\">propri\u00e9t\u00e9 lucrative<\/a> de l&rsquo;argent en action. Mais la pr\u00e9histoire se continue : le logement fait d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;objet d&rsquo;un commerce fort lucratif.<\/p>\n<p>Ne croyez donc pas que la banque d&rsquo;aujourd&rsquo;hui soit si moderne que cela. Ce qui est moderne, c&rsquo;est que tout le monde, donc les gueux que nous sommes, y aient acc\u00e8s.<\/p>\n<h2>18ieme Si\u00e8cle : tout est pos\u00e9<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 de saines lectures, je n&rsquo;ai pas souvenir que qui que soit n&rsquo;ait dit clairement <em>quand<\/em> le capitalisme est n\u00e9. Tout au plus, pouvons donner une date pour son essor. Avant cette date, il s&rsquo;exer\u00e7ait de fait, mais en l&rsquo;absence de pouvoir. Le roi y a recours, mais brise les contrats r\u00e9guli\u00e8rement, et ce capitalisme est un sport r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 une petite \u00e9lite.<\/p>\n<p>Nous arrivons en 1789 avec deux syst\u00e8mes concurrents : la noblesse qui d\u00e9tient ses terres et sa force du glaive puis de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, et qui se f\u00e9d\u00e8re, puis se soumet au roi, mais qui peut changer de roi \u00e0 l&rsquo;occasion, et une caste nouvelle, enti\u00e8rement gueuse mais que les astuces ont fortement pognon\u00e9e. Cliquer sur \u00ab\u00a0Ajouter au dictionnaire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La distinction est de taille puisque ces nouveaux riches, par la banque, des embryons d&rsquo;assurances et par l&rsquo;industrie naissante, n&rsquo;ont aucun pouvoir. Cette caste ressent les effets de l&rsquo;instabilit\u00e9 politique qui nuit aux affaires. Lesquelles commencent \u00e0 \u00eatre internationales. Alors les caprices de fins de race royaux qui se mettent sur la face pour un oui ou pour un non commencent \u00e0 s\u00e9rieusement gaver cette nouvelle classe sociale, la premi\u00e8re int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 la paix. Sauf si c&rsquo;est une industrie de guerre \u00e9videmment. J&rsquo;ai dit \u00ab\u00a0la seule\u00a0\u00bb, parce que les gueux comptent pour du beurre.<\/p>\n<p>Une des traces de l&rsquo;intrication entre gouvernement et industrie se r\u00e9v\u00e8le avec la \u00ab\u00a0d\u00e9l\u00e9gation\u00a0\u00bb. Les fermiers g\u00e9n\u00e9raux collectent l&rsquo;imp\u00f4t pour le roi. Et se servent au passage. Les industriels vont se servir chez les fermiers g\u00e9n\u00e9raux directement en \u00e9change de leurs facture sur l\u2019\u00c9tat. Il est m\u00eame dit qu&rsquo;ils se servent <strong>prioritairement<\/strong>. Voltaire, cet enfoir\u00e9, vaut exactement un Lagard\u00e8re ou un Dassault aujourd&rsquo;hui. En effet, il est courant de truquer la livraison, soit en qualit\u00e9, soit en quantit\u00e9. Une petite com&rsquo; au tr\u00e9sorier local du roi permet d&rsquo;\u00e9viter un comptage fastidieux du nombre de paires de chaussures ou autre \u00e9quipement de troufion. Il y a l&rsquo;\u00e9quivalent de 30 M\u20ac dans ses caisses \u00e0 l&rsquo;ouverture du testament de Voltaire. Vous le relirez diff\u00e9remment maintenant (Voltaire, pas son testament).<\/p>\n<p>Bref, en 1789, il existe depuis fort longtemps, des si\u00e8cles, une cours d&rsquo;escrocs, de voleurs chics, \u00e9ventuellement lettr\u00e9s qui pillent le tr\u00e9sor par toute les fissures du syst\u00e8me. Et le roi emprunte. Le pogrom est une forme de d\u00e9faut sur la dette, avec meurtre et pillage mon\u00e9taire. Tr\u00e8s pratique avant de partir en croisade. Laquelle croisade occupe les nobliaux imp\u00e9tueux.<\/p>\n<p>Il est juste temps pour les nouveaux riches d&rsquo;obtenir la m\u00eame s\u00e9curit\u00e9 que les nobles, qui eux se pr\u00e9lassent sur le dos du peuple et du roi, juste par le privil\u00e8ge de la naissance. La s\u00e9curit\u00e9 n&rsquo;est certaine que si elle d\u00e9coule d&rsquo;un pouvoir solide. Les \u00ab\u00a0bourgeois\u00a0\u00bb, les riches des villes, des \u00ab\u00a0bourgs\u00a0\u00bb, ne sont donc pas nobles, subissent les caprices des nobles, roi y compris et veulent que cela cesse.<\/p>\n<p>Ce qui suit est un p\u00e2le r\u00e9sum\u00e9 du petit livre d&rsquo;Henri Guillemin, \u00e0 lire imp\u00e9rativement pour pas cher, \u00ab\u00a01789: silence aux pauvres !\u00a0\u00bb \u00e9dition Utovie, collection H.G..<\/p>\n<p>Mais ce site vous propose<a title=\"Henri Guillemin\" href=\"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=985\" target=\"_blank\"> les principales conf\u00e9rences d&rsquo;Henri Guillemin<\/a>, faciles \u00e0 suivre, une saine distraction. Allez-y, revenez ensuite.<\/p>\n<h2>1789 Naissance du Capitalisme<\/h2>\n<p>Je blague ! J&rsquo;inverse dans ce titre la cause et l&rsquo;effet. C&rsquo;est parce que 1789 sonne la fin de la royaut\u00e9, sous la direction de cette caste bourgeoise fort thun\u00e9es, que le capitalisme peut \u00e9clore.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pas mal le souk, notamment \u00e0 cause de la seconde r\u00e9volution de 1793 qui va faire perdre quelques ann\u00e9es aux bourgeois. Mais les grandes lignes sont l\u00e0 : le roi laisse la place aux banquiers et gros marchands. \u00c7a fait un peu bizarre quand vous lisez cela, mais le peuple n&rsquo;est pas invit\u00e9 \u00e0 la f\u00eate : constituantes, l\u00e9gislatives et gouvernement sont r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 une petite \u00e9lite qui donne son nom \u00e0 ces gouvernements : l&rsquo;oligarchie. Sieyes, le cur\u00e9 biznessman, le d\u00e9clare ouvertement : la France ne saurait \u00eatre une d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on puis les restaurations diverses vont troubler la vision jusqu&rsquo;en 1871. Un vague essai de suffrage universel va \u00eatre tent\u00e9 en 1830, mais bon, globalement, \u00e0 part le pet de lapin de 1793, c&rsquo;est le roi\/empereur qui r\u00e8gne. Notez que le capitalisme est lanc\u00e9 d\u00e8s la fin du consulat de Napol\u00e9on, qui aime l&rsquo;argent, et la propri\u00e9t\u00e9, au point de taper dans les caisses pour son propre compte et ses financements occultes. Il s&rsquo;offre, aux frais des contribuables fran\u00e7ais et au d\u00e9pends des italiens, un royaume au nord de l&rsquo;Italie pour ses vieux jours.<\/p>\n<p><a title=\"HG \u2013 Napol\u00e9on : une mystification.\" href=\"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=1005\" target=\"_blank\">Retournez voir Guillemin<\/a> !<\/p>\n<p>A partir de 1848, entre Napol\u00e9on (III) \u00e9lu pr\u00e9sident de la r\u00e9publique qui se proclame empereur en 1852 et jusqu&rsquo;en 1870, la commune de Paris, c&rsquo;est la fiesta des bourgeois prot\u00e9g\u00e9s par Napo V3.0. Certes, la chambre est pleine de Bonapartistes, mais le bizness d\u00e9colle en grand ! 1789 a compl\u00e8tement chang\u00e9 la donne, mais certainement pas au profit du peuple.<\/p>\n<h2>1870 &#8211; Retour de la R\u00e9publique repr\u00e9sentative<\/h2>\n<p>Pareil ! <a title=\"HG \u2013 1871-1914 L\u2019autre avant-guerre\" href=\"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=1062\" target=\"_blank\">Guillemin vous explique tout <\/a>sur cette p\u00e9riode 1870-1914, qui gagne \u00e0 \u00eatre connue. 1870 marque l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une conscience populaire qui pousse \u00e0 la chambre. Vite, Vite , on d\u00e9clare la guerre \u00e0 la Prusse qui ne demandait rien, pour envoyer le peuple s&rsquo;occuper \u00e0 l&rsquo;est et on se prend une grosse t\u00f4l\u00e9e. Les parisiens se f\u00e2chent, c&rsquo;est <a title=\"HG \u2013 La Commune de Paris\" href=\"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=1018\" target=\"_blank\">la commune de Paris.<\/a><\/p>\n<p>Le capitalisme est bien r\u00f4d\u00e9, les gros bizness (chemin de fer, textile, chimie, manufacture diverses) sont entre les mains des bourgeois du d\u00e9but qui s&rsquo;appliquent \u00e0 payer le moins possible pour gagner plus. C&rsquo;est le pic d&rsquo;exploitation des enfants et des ouvriers en g\u00e9n\u00e9ral. L&rsquo;horreur de l&rsquo;exploitation de l&rsquo;homme par l&rsquo;industriel. Un peu comme maintenant, mais sans la t\u00e9l\u00e9 ni les smartphones. Et en rempla\u00e7ant les industriels d&rsquo;hier par les actionnaires d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<h2>1914 Encore une guerre pour soulager les patrons<\/h2>\n<p>1914 est une guerre caus\u00e9e par l&rsquo;arriv\u00e9e imminente de radicaux (de gauche, mais on est loin de Laguillier) qui veulent cr\u00e9er l&rsquo;imp\u00f4t sur les revenus. Ce qui affole les bourgeois qui b\u00e9n\u00e9ficient du secret sur les fortunes. S&rsquo;il y a imp\u00f4t sur les revenus, c&rsquo;est qu&rsquo;il va bien falloir d\u00e9clarer ses revenus. Exactement comme si on demandait la transparence des banques et des mouvements financiers aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Impensable. La diversion marche. La guerre est d\u00e9clar\u00e9e juste avant les \u00e9lections, qui sont \u00e9videment repouss\u00e9es \u00e0 plus tard. Cessez de croire au mythe du germain h\u00e9moglobinophile ! Et relisez le trait\u00e9 de Versailles de 1918 avant de jeter Adolf dans la conversation.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s 1918, on fait payer les emprunts de guerre par les pauvres, les riches recevant les dividendes. Quelle belle \u00e9poque pour les bourgeois, bourgeois que ces cr\u00e9tins de gueux envoient \u00e0 la chambre des d\u00e9put\u00e9s. La proph\u00e9tie de Thiers en 1880 et quelques se r\u00e9alise : pourquoi avoir un roi fragile, alors que la r\u00e9publique de gouvernement repr\u00e9sentatif envoie \u00e0 la chambre des d\u00e9put\u00e9s qui seraient les administrateurs du CAC 40 aujourd&rsquo;hui. A la diff\u00e9rence du roi, les bourgeois ont les coud\u00e9es franches \u00e0 la chambre o\u00f9 ils excipent du status d&rsquo;\u00e9lu pour rendre leur pr\u00e9varications du pouvoir inattaquables.<\/p>\n<p>Le capitalisme est religion d&rsquo;\u00e9tat depuis Thiers, juste apr\u00e8s la Commune de Paris. Et d\u00e9j\u00e0 deux guerres, sur le dos des alsaciens perdus en 1871 et repris en 1918, engag\u00e9es par la France uniquement pour des raisons de politique int\u00e9rieure, pour envoyer des contestataires populaires se faire trouer la peau plut\u00f4t que de prendre le pouvoir sur des dirigeants capitalistes.<\/p>\n<p>Pourquoi employer le terme de <em>capitaliste<\/em>, si connot\u00e9 ? Parce que je ne vois pas d&rsquo;autre mot pour qualifier ceux qui ne foutent rien que de r\u00e9colter le fruit du travail obtenu par la simple possession du capital industriel ou financier. Pas besoin d&rsquo;\u00eatre marxiste chevronn\u00e9 pour comprendre cela.<\/p>\n<h2>1940 Une d\u00e9b\u00e2cle programm\u00e9e<\/h2>\n<p>Programm\u00e9e pour emp\u00eacher le progr\u00e8s social sous-tendu par le front populaire, pourtant bien soumis \u00e0 un consortium de banques priv\u00e9es, la Banque de France, la mal nomm\u00e9e par Napol\u00e9on pour enfumer le populo qui croit y voir une institution d&rsquo;\u00e9tat. C&rsquo;est encore D.J. <a title=\"HG \u2013 L\u2019affaire P\u00e9tain\" href=\"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=1049\" target=\"_blank\">Guillemin qui vous l&rsquo;explique en d\u00e9tail<\/a>.<\/p>\n<p>P\u00e9tain est devenu un politique qui juge bien plus n\u00e9cessaire de remettre la France entre les mains des poss\u00e9dants en utilisant Hitler pour cela, que de gagner une guerre qu&rsquo;il a tout fait pour perdre. P\u00e9tain, l&rsquo;antis\u00e9mite, caricature de traitre \u00e0 la patrie.<\/p>\n<h2>1945-1947 La parenth\u00e8se sociale<\/h2>\n<p>Au sortir de la guerre, le rapport de force est temporairement invers\u00e9 : les communistes sont 25% et arm\u00e9s ! Le conseil national de la r\u00e9sistance travaille au progr\u00e8s social, il est honnis des bourgeois qui doivent se cacher de leur complicit\u00e9 financi\u00e8re et industrielle avec les nazis. C&rsquo;est la s\u00e9cu et un d\u00e9but d&rsquo;\u00e9ducation populaire vite d\u00e9molie. Voir<a title=\"Frank Lepage (et ses b\u00e9b\u00e9s)\" href=\"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=1042\" target=\"_blank\"> Lepage<\/a> et ses deux premi\u00e8res conf\u00e9rences gesticul\u00e9es.<\/p>\n<p>Mais ne r\u00eavons pas, le capital m\u00e8ne la danse sans arr\u00eat, seulement l\u00e9g\u00e8rement perturb\u00e9e par une \u00e9conomie planifi\u00e9e. Comme on reconstruit, les patrons se laissent aller \u00e0 tol\u00e9rer les revendications ouvri\u00e8res. Pas trop, mais quand m\u00eame !<\/p>\n<h2>1958 Retour de l&rsquo;ordre<\/h2>\n<p>Avec De Gaulle, les bourgeois reprennent le pouvoir, notamment par la gr\u00e2ce du banquier qu&rsquo;on lui colle de force comme premier ministre. D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est dans cette logique que Pompidou lui succ\u00e8de apr\u00e8s son retrait en 1969. Giscard est son ministre des finances, qui lui succ\u00e9dera en 74. Mais d\u00e8s 73, la banque prend le pouvoir en France, par la gr\u00e2ce d&rsquo;une loi qui ouvre leur ouvre la porte de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire, jusque l\u00e0 totalement gratuite. La dette de la France s&rsquo;envole, Mitterrand enfonce le clou d\u00e8s 1983. Ah oui, j&rsquo;oubliai : Pompidou \u00e9tait dirlo de la banque Rothschild, et Giscard, \u00e9narque puis haut fonctionnaire, a toujours lutt\u00e9 pour l&rsquo;av\u00e8nement du r\u00e8gne de la finance, n&rsquo;a pas aim\u00e9 l&rsquo;abandon de l&rsquo;Alg\u00e9rie fran\u00e7aise et a laiss\u00e9 sa trace dans tout les actes menant \u00e0 la domination de la finance sur notre pays, jusqu&rsquo;aux constitutions europ\u00e9ennes \u00e9tablissant la libert\u00e9 de circulation des capitaux et confirmant sa sale magouille de 1973, offrant dans notre constitution la rente de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire par le cr\u00e9dit aux banques priv\u00e9es (<a title=\"Cr\u00e9ation mon\u00e9taire par le cr\u00e9dit\" href=\"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=156\" target=\"_blank\">voir l&rsquo;article \u00e0 ce sujet<\/a>), et plus tard la r\u00e8gle <del>de caca<\/del> d&rsquo;or qui institutionnalise le ch\u00f4mage et la d\u00e9pendance aux bon vouloir des banques.<\/p>\n<h2>1981 Tout est perdu<\/h2>\n<p>Mitterrand, \u00e9lu avec un programme commun avec le PC, finit de donner la France aux banquiers. Il a poursuivi la t\u00e2che avec encore plus de force et de m\u00e9thode, tuant ainsi le beau concept de \u00ab\u00a0<a title=\"Socialisme et Lib\u00e9ralisme\" href=\"https:\/\/www.vuncf.org\/?page_id=1819\" target=\"_blank\">socialisme<\/a>\u00ab\u00a0. Libre circulation des capitaux, autrement dit &lsquo;fin du contr\u00f4le des changes&rsquo;, anonymat sur les achats et ventes d&rsquo;or : \u00e0 mort B\u00e9r\u00e9govoy, on ne te regrettera pas !<\/p>\n<h2>Et aujourd&rsquo;hui ?<\/h2>\n<p>Nous sommes tous s\u00e9dentaires, dirig\u00e9s par un gouvernement repr\u00e9sentatif structurellement entre les mains des poss\u00e9dants qui constitue la parfaite dictature non-militaire. Ce gouvernement pr\u00e9tend \u00eatre \u00ab\u00a0d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb tout en lui \u00e9tant radicalement oppos\u00e9. Les banques ou les agences de notations font la politique, comme le d\u00e9montre Sarkozy et sa r\u00e9forme des retraites, dont le but d\u00e9clar\u00e9, non, ce n&rsquo;est pas un scoop, est de garder le AAA des agences de notations.<\/p>\n<p>Putain ! 10 millions d&rsquo;ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9volution pour en arriver l\u00e0 !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gen\u00e8se d&rsquo;une catastrophe Au d\u00e9but des temps, il y a quelques millions d&rsquo;ann\u00e9es, les objectifs de l&rsquo;homme se r\u00e9duisait \u00e0 un seul : ne pas crever. 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