Les mystères de la feuille de paie

Votre feuille de paie est votre pire ennemie

Pourquoi ? C’est une gigantesque mascarade, un maquillage honteux et je m’en vais vous en narrer quelques stratagèmes. Narrons donc.

Pour essayer d’être exhaustif, je vous prend un salaire de 4000 boules brut. On y voit encore plus de vices et de privilèges, que pour un smic.

Ne me reprenez pas sur les chiffres précis : cet exemple date un peu, je sais, mais cela ne change rien à mon propos. Quasiment chaque ligne mérite une révolution, mais je garde ça pour la fin.

Notez donc que pour celui qui s’ennuie aux chiottes, il y a suffisamment de lecture pour distraire une vigoureuse gastro.

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Voila. On peut juste y lire que plus tu gagnes, moins tu cotises, par la grâce des tranches. Alors que les riches vivent plus vieux et coûtent bien plus longtemps et cher à la sécu et en retraite.

Voici maintenant ma version,

je ne reprends pas les cumuls en bas, ni les identifications en haut. Je laisse tomber les virgules, je garde pour plus tard les commentaires sur la façon de présenter une prime, qui peut disparaître, au même titre que le salaire, qui ne peut être remis en cause. Je l’ai vécu : un jour on a voulu me faire sauter le 13ieme mois, tu comprends la boite va pas bien. J’ai dit ‘va chier’, on m’a dit « t’es dans le plan social » et j’ai perdu le dernier boulot salarié de ma vie, vers 45 ans.

Je ne prend pas en compte l’avance sur salaire ni la saisie arrêt, qui déglinguent un peu le net payé. Ils n’ont rien à voir avec le salaire et figurent sur la fiche par commodité comptable.

Salaire du Monsieur : 5776 € qui se décompose en :

Salaire direct : 3084 Euros, versé sur le compte du salarié.

Salaire indirect (ou différé) : 2372 €, ouvrant des droits à la santé, retraite, faire des gosses, protection contre les accidents du travail, et d’autres douceurs, bref la sécu. Allez voir « La Sociale ». Vite.

Cet argent est immédiatement versé au système de santé, aux retraités, aux malades ou accidentés (notamment ‘du travail’). Le coût de gestion est de 7%, versé très principalement en salaires à ceux qui gèrent le bousin. Même ces 7% retournent tourner dans l’économie réelle. Quand c’est le privé, c’est 25%, la différence pour les actionnaires.

Impôts (CSG-RDS) : 320 €,  ne donnant aucun droit. Un braquage de la sécu par nos chers politicards suces-boules-de-Denis-Kessler (tiens, et du frère de Sarko).

 

Reprenons dans l’ordre :

L’état d’esprit de nos maîtres est, a toujours été, de payer le moins possible, tout en recueillant le plus possible de revenus du taf de ceux qui bossent pour de vrai. Deux moyens pour cela : augmenter la productivité, c’est à dire la quantité de valeur produite à l’heure, et payer cette heure le moins possible. REDUIRE LES SALAIRES !

Pour le premier moyen, on informatise, on met des machines, ce qui permet de virer des gens. Pour le deuxième moyen, on crée le libre-échange, qui met en concurrence les bas salaires, par exemple de Roumanie, ou bien de Chine, ce qui permet aux patrons de faire brâmer par leur sbires, Fillon, Valls, Juppé, Hollande, Pastré, Lenglet, Attali, Franz-Olivier Chose et consors, que la compétitivité, l’austérité sont la seule issue à une menace créé de toute pièce. Bref, on rembourse moins, on baisse les retraites, on fait payer des forfaits hospitaliers et un euro par boite de médicament.

Et la fiche de paye ? Nous y voilà ! D’abord le salaire est échangé contre du travail, de la production. Ce n’est donc pas un coût, comme l’écrit l’enfoiré qui a pondu la feuille en haut : c’est un moyen, autrement dit la contrepartie d’une production pendant que le patron joue au golf.

Ensuite les cotisations sociales ne sont qu’un moyen que la collectivité (bouh ! des vilains communistes !) a trouvé pour mettre en place des services de santé, de retraite etc, pour éviter de crever comme des chiens à 50 ans, ou plus tôt au premier accident du travail qui te laisse sur le trottoir.

C’est juste que nous avons convenus de ne pas claquer toute notre paye en piscine ou en ferraris, mais de nous obliger nous même à consacrer en gros la moitié de la valeur que nous avons créé, dont le salaire n’est que la représentation en brouzoufes, pour avoir une santé (presque) gratuite, une retraite, une aide à l’éducation des enfants (allocs) et surtout, en mutualisant ces ressources, de permettre à n’importe qui, pauvre ou riche, de se payer des soins un peu chers : sinon, aucun soins aux grand brulés, pas de pontage coronarien, des infarctus fatals, pas d’hélicos pour transporter un accidenté à l’hosto. En tout cas pas si t’es ni émir, ni Tapie.

Alors les capitalistes appellent ça des « charges sociales« . On veut nous faire croire que le salaire se réduit au net, et que le reste n’est que surplus infligé aux pôvres patrons.

Évidement, une « charge » est un mal, qu’il faut réduire.

Maintenant attardons nous sur un autre moyen de baisser les salaires, avec la fiche de paye de Trouduc Consul de mes deux Ting :

Une fois que vous avez fait disparaître aux yeux du salarié le salaire qui figure dans la colonne « Charges » patronale, il suffit de les réduire : merci Fillion qui a brutalement pris 39€ de salaire à tout les bas salaires, mais dans la colonne patronale !

Mais vous allez dire « Ben non, je touche la même chose ». Non ! Vous touchez le même salaire direct, mais vous perdez en salaire indirect ou différé, vous appauvrissez les ressources sociales qui étaient payées avant avec : moins d’hôpitaux, moins de retraites et caetera.

Ben oui, la seule chose qui vous intéresse, c’est le « net », le salaire direct.

Quand vous allez chez le médecin et que vous ne payez pas 70% de la facture, vous touchez là votre salaire indirect. Quand vous touchez votre retraite, vous touchez votre salaire indirect. Quand vous touchez du pognon, alors que vous êtes en maladie, en clocque ou en accident du travail, vous touchez votre salaire indirect. Moi aussi, je peux donner dans l’anaphore.

Tout le jeu des patrons pour vous faire renoncer à votre salaire (indirect), est d’appeler cela de la solidarité, et vous tirez un peu trop fort dessus. Alors que tout ça n’est que du salaire… indirect ou différé.

Par exemple, sur la feuille de paie du cadre, les cotises représente 41% du salaire total, pour un smic seulement 32%. Mais le cadre est remboursé à 100% grâce à sa mutuelle, le smicard paye 30% plus le forfait hospitalier, plus ses lunettes, ses dents, un euro par boite et pas de thalasso.

Parlons maintenant du saucissonnage : le découpage de la sécu est un moyen de soûler le lecteur, et permet de faire des petites rognures, du grignotage.

Merci Rocard qui a gelé le % pour la retraite, au nom de la compétitivité.

J’ai déjà dit que faire disparaître le salaire total, pour parler d’un « salaire brut » est une immonde ruse pour endormir le salarié, puis de faire une colonne pour les cotisations soit-disant payées par le patron, et celle payée par le salarié.

En fait, bien sûr que le patron paye l’intégralité du salaire, et le salarié paye toute les cotisations.

Imaginez qu’on vous verse le total, et que vous reversez TOUTE les cotises aussitôt.

Mais la preuve, c’est que l’assedic lui, quand il réclame au patron vos cotisations, prises intégralement sur votre salaire, pose un pourcentage, et un chiffre. Le relevé détaille aussi, mais on s’en fout !

Rien n’empêche de faire figurer au dos de la feuille de paie la décomposition, pour tout ceux que cela passionne.

 

Je demande une feuille de paye avec quatre chiffres :

le salaire (ici 5776 €),

un seul pourcentage, genre 41% (avec la mutuelle), donc un deuxième chiffre LA cotisation sécu (et la mutuelle, grrrr), autrement dit le salaire indirect,  ici 2372 €,

Des impôts, 320 € et arrêtons de nous emmerder avec la part déductible et l’autre !

reste le salaire direct 3084 €.

Le reste c’est de l’enfumage.

Là, au moins, dès que les patrons s’attaquent au salaire, cela se voit direct sur le premier chiffre.

Candidat !

Profession de foi  de candidature à la députation pour les élections législatives de 2017

Profession de foi

Nous nous proposons, Sophie Griesshaber, aide-soignante et Sébastien Mayer, Informaticien, comme candidats en binôme pour la députation de la 5ème circonscription du Gard, au sein du mouvement France Insoumise animée par Jean Luc Mélanchon.

A cet effet nous faisons nôtre la charte des candidats pour la législative de 2017 du mouvement France Insoumise.

En tout état de cause, notre candidature et mandat, seront guidés par les principes suivants :

Nous souhaitons sans attendre la 6ième République mettre en pratique des principes fondamentaux :

  • Dans la même optique de non appropriation du pouvoir nous renonçons à nous représenter pour le même mandat et à exercer d’autres mandats pendant toute la durée de la députation ou de la suppléance.

  • Le travail de député demandant une disponibilité à temps plein nous n’aurons pas d’autre activité professionnelle durant toute la durée du mandat et nous efforcerons d’être présent à un maximum de séances à l’assemblée donnant lieu à un vote.

  • Nous nous engageons à porter en temps réel à la population toutes les informations concernant nos activités. Nous resterons serviteurs et messagers de nos mandants, à l’assemblée.

  • Les ressources misent à disposition du/de la député seront partagés avec le/la suppléant(e) afin qu’il/elle participe à la création et la maintenance de moyens d’informations et de consultations des citoyens.

  • Nous proposeront des conférences pour tous où des avis contradictoires viendront publiquement donner aux citoyens les moyens de faire leurs choix. Celles ci devront être abordables à tous.

  • Tout contact, même furtif, avec un quelconque lobby ou groupe d’intérêts sera porté à la connaissance du public. Si rencontre il y a, un compte-rendu sera rendu public.

  • Voulant pratiquer une démocratie au sens étymologique du terme et n’étant pas des magiciens vertueux aux savoirs absolus, nous attendons du Mouvement France Insoumise, qu’il nous communique des lignes législatives démocratiquement discutées.

  • Nous renonçons, pour notre campagne, à faire usage de concepts flous, visant à prendre le pouvoir par des évocations abstraites, des promesses intenables, des rêves pris pour des réalités.

**********************
Note : Cette troisième version a corrigé notre erreur au plan juridique : il n’est pas possible que le député laisse sa place à son suppléant. Le binôme fonctionnera sans cette mauvaise idée.

 

Mr André Bellon répond à nos questions

J’ai posé à Mr André Bellon ( Wikipédia ici, et son site là ), quelques questions de fond.

Mr Bellon est un contestataire politique, qui m’a semblé proche de mes positions.
Titillé par sa promotion de l’élection, j’ai souhaité qu’il clarifie sa position.
Ancien député (PS), ancien Président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, il est un homme politique issu du système représentatif. Ses évocations d’une refonte de la constitution à travers une constituante élue m’ont poussé à lui poser les questions ci-dessous.

Je vous laisse juge de ses réponses, j’indiquerais simplement que je suis, sur ces points en total désaccord avec lui.

Je le remercie d’avoir consacré du temps à me répondre, et les désaccords n’entament pas mon respect pour son action.

***** Questions *****

Pourquoi faites-vous la promotion de l’élection pour désigner des représentants qui se substituent aux peuples, contre le tirage au sort d’exécutants assorti d’un usage copieux, voir exclusif de référendums législatifs ?

Question corollaire : Que trouvez de si bon dans l’élection, de si peu engageant dans le tirage au sort ? En quoi l’élection de constituant (aristocratiques donc) pourrait annoncer un quelconque changement fondamental du rapport de force actuel entre les quelques bergers et les nombreux moutons ?

Nota : dans cette question, le tirage au sort ne se substitue pas simplement à l’élection, toutes choses égales par ailleurs, mais sous-entend donc une suppression des professions politiques au profit d’un amateurisme assorti du mandat unique, rotation des charges, reddition des comptes et toutes les dispositions Démosthéno-athéniennes….

**** Réponses  ****

Je suis tout d’abord contraint de vous faire une remarque : vos questions, par certains aspects, ouvrent peu le dialogue. Décider unilatéralement que l’élection est par principe un mode de sélection aristocratique cherche à clore par avance tout débat sur la question. Je vous dis donc d’entrée de jeu que cette assertion est pour moi inacceptable.

 

Vous m’excuserez ensuite de répondre dans le désordre.

  • En préalable, et contrairement à une certaine mode, je ne fais pas référence aux Grecs. Même s’ils sont largement à l’origine de la démocratie et si je reconnais volontiers leur apport, le contexte et le concept ont fortement évolué depuis lors. Ou alors, si on veut impérativement s’y référer, par exemple à la pensée d’Aristote, il ne faut pas sélectionner. Doit-on, par exemple, considérer comme lui que « le rapport entre mâle et femelle est par nature un rapport entre plus fort et plus faible, c’est-à-dire entre commandant et commandé » ? Les injonctions à se référer aux Grecs, plus ou moins comminatoires, et de plus fondées sur une interprétation historique discutable qui arrange ces utilisateurs, sont une commodité qui clôt la réflexion sur des bases fort peu démocratiques.
  • Nous sommes d’accord -j’ai d’ailleurs pas mal écrit en la matière- pour reconnaitre qu’une des plaies de la période est la professionnalisation de la vie politique. Je vous ferai remarquer, cela étant, qu’il y a souvent confusion entre profession et carrière. Jaurès a fait une carrière politique, ce n’était pas sa profession puisqu’il était professeur de philosophie ; de même Clémenceau médecin, Gambetta avocat… La nouveauté du moment que nous vivons est que nombre d’élus ne sont que des politiques, permanents de partis, … Ils n’ont plus d’ancrage social et sont soumis à leur parti. Vous soulignez, cela étant, avec raison, que pour retrouver le lien entre élus et citoyens, il faut retrouver des principes tels que mandat unique, rotation des charges, reddition des comptes… J’y ajouterai, pour ma part, immersion dans le monde du travail comme c’est le cas par exemple en Suisse. On peut discuter par ailleurs longuement du mandat impératif. C’est une vielle question, mais qui, aujourd’hui, est mal ou insuffisamment posée au moment où les élus sont, en quelque sorte, liés par un mandat impératif à leur parti et non plus à leurs électeurs. Mais tout cela peut très bien se résoudre dans le cadre d’un processus électoral remis sur ses bases. Ce n’est donc pas l’élection en tant que telle qui pose problème mais la perversion du système démocratique sous l’effet de multiples facteurs : régime présidentiel, Constitution, confusion droite/gauche, construction européenne, mondialisation, crise sociale… J’ajouterais le rôle spécifique de la présidence de François Mitterrand dans la dégradation des mœurs publiques.
  • En ce qui concerne les élus, leur rôle principal est, outre de représenter le peuple dans la direction des affaires publiques, de contrôler et diriger l’action de l’exécutif. Ce n’est certainement pas en les supprimant qu’ils contrôleront mieux. Bien sûr, aujourd’hui, ils ne contrôlent pas grand-chose, mais cela ne signifie pas que c’est impossible. A gauche et chez les radicaux, il a été autrefois question de politique vigoureuse d’instruction publique et de promotion sociale afin, entre autres, d’égaliser les chances de participation à la chose publique. Les dégâts que l’on constate aujourd’hui sont en partie le fruit de l’abandon de ces politiques et de ces ambitions. C’est aussi cela qu’il faut combattre au lieu d’en attribuer arbitrairement les responsabilités au système électoral.

Bien sûr aussi, on peut développer des formes d’expression plus directes (référendum d’initiative en particulier) sur les grandes questions. Cela ne règle pas le contrôle quotidien. C’est là qu’intervient la question du tirage au sort. Je vous ferai remarquer qu’il ne remet pas en cause la notion de représentants. Il la pose différemment en demandant au hasard de désigner des champions en lieu et place des électeurs. Je vous ferai remarquer aussi que, pour beaucoup de ses partisans, le tirage au sort est censé liquider une classe politique minoritaire et catastrophique ; même si cet objectif est justifié, il s’agit selon moi, je le répète, d’un problème conjoncturel, et non pas structurel. Comme je vous l’ai dit d’entrée de jeu, les thuriféraires du tirage au sort décident, par un raccourci discutable, que l’élection est par nature aristocratique, les tirés au sort étant par nature parés de larges vertus. Ils font justement remarquer, par exemple, que les ouvriers ne sont pas représentés alors que la vraie question est qu’ils ne sont pas représentants. Le tirage au sort (et la suppression qu’il provoque de la notion de mandat) est ainsi une défaite de l’humanisme puisqu’il postule, de manière très pessimiste sur l’être humain, que la collectivité des citoyens ne sera jamais suffisamment mature ou outillée pour relever le défi des choix d’intérêt général et de ceux qui les portent. Il sous-entend au passage qu’il existerait une « vérité » objective qu’il suffirait de rechercher en confiant la clarification des termes du débat à des experts (thèses de Testart) ; mais qui choisit ces experts ? et la vérité n’est-elle pas une construction sociale, par nature évolutive, comme le montre par exemple la progression des droits politiques et sociaux après 1789 ?

  • La démocratie n’a de sens que si elle est l’expression de tous les citoyens. L’élection suppose que l’élu porte un mandat. Il est désigné pour cela et, en démocratie, contrôlé par les citoyens en fonction de cela. L’intérêt général est le fruit du débat public Il n’est pas, dans cet objectif, indifférent de savoir qui porte une idée. Il y a, dans le tirage au sort, une conception sous-jacente d’indifférenciation entre les citoyens que je conteste totalement. Chacun est différent, chacun doit participer et prétendre que cette participation de tous est aristocratique est un contresens dangereux. Le reste est une question d’organisation de la vie publique qui, pour être plus démocratique ne saurait, à mon sens, remettre en cause les principes humanistes que je viens de rappeler. Tel est le sens de l’élection d’une Constituante.

 

La religion des riches

Cette courte page va détailler un mécanisme de pensée induite, et ses conséquences dramatiques.
Posons d’abord le contexte, sous la forme d’un petit dialogue :
Citoyen A- Les fluctuations des prix sont la plupart du temps injustifiées, et fondées sur un rapport de force.
Citoyen B- Comme quoi ?
A- Prenons des légumes par exemple : d’origine géographique constante, des légumes sont bien plus chers en début et en fin de saison. Les coûts de production, de transport et distribution sont constants. Les variations de prix sont justifiées par une prédiction fausse et auto-réalisatrice : la rareté implique la chèreté.
B- Mais c’est comme ça ! ce qui est rare est cher, tout le monde sait cela !
A- Tout le monde le croit, ce qui n’est pas pareil !

Il y a là matière à réflexion, mais passons.

A- Si les coûts divers étaient discutés, mettons en début de saison, afin de garantir un revenu décent et réaliste pour les acteurs de la chaîne production-distribution, les prix seraient constants pendant une saison. On éviterait ainsi de priver les pauvres aux deux bouts de la saison, et de perpétuer un privilège immoral donné aux riches.

B- Et qui déciderait ?

A- La communauté, après que chacune des parties ait exposé son point de vue : les producteurs, les transporteurs, les logisticiens, les commerçants mais aussi bien sûr des associations de protection de l’environnent et les consommateurs. C’est une forme de planification (à réserver aux produits nécessaires, n’exagérons rien).

B- ouais ! on sait ce que la planification a donné en URSS : des magasins vides, des pauvres dans le besoin et une nomenklatura nourrie au caviar !

Bim ! L’argument massue !

Le citoyen B n’est qu’un consommateur, mais il entérine le rapport de force qui permet aux acteurs de la production, notamment les distributeurs et les commerçants d’augmenter leurs revenus indûment. Ce sont rarement les producteurs qui bénéficient de ce rapport de force : les centrales d’achats sont, elles, éminemment planificatrices.

Reconnaissez que sans les échecs soviétiques, sans la Corée du Nord, les détenteurs-actionnaires des distributeurs et les commerçants vivraient moins bien.

L’argumentation de la rareté s’appuie sur plusieurs escroqueries intellectuelles admirablement répertoriées par Schopenhauer dans son fascicule « L’art d’avoir toujours raison ». Un bijou, soit dit en passant : facile à lire, court et percutant.

Ici, c’est l’art de rapprocher deux situations qui n’ont rien à voir !

La révolution soviétique dégage un tsar enfoiré, pour lui substituer en deux ans environ, un nouveau troupeau de maitres égoïstes, paranoïaques, violents et largement aussi profiteurs du peuple.

La planification soviétique procède en secret, sans consultation approfondie et surtout sans soumettre ses décisions à un suffrage universel. Ajoutons que cela aurait été nécessaire, mais pas suffisant : si vous n’éduquez pas « l’univers » du suffrage, afin qu’il soit réellement capable de juger des arguments des uns et des autres, vous n’avez pas progressé.

Toujours est-il que dans notre conversation ci-dessus, le citoyen B régurgite les banalités simplifiés à l’extrême qu’on lui a fourrées dans le crâne. En restant à la surface, il devient son propre ennemi de classe.

Un dernier mot : l’emploi du mot « liberté », dans « liberté d’entreprendre », « liberté individuelle », « liberté des prix », masque en réalité la haine de la régulation, dépouille la communauté de ses droits pour laisser quelques forts opprimer les faibles. En réalité, l’emploi du mot liberté par les forts, est toujours la liberté de se contrefoutre de la communauté afin de se gaver sur son dos. Trouvez donc un contre-exemple !

Concrètement, Madelin proteste contre les grillages du poulailler qui nuisent à la « liberté » du renard, en occultant bien sûr le « droit » des poules à ne pas se faire égorger.

Les idées communes sur les prix (offre et demande, main invisible du marché etc) sont des croyances religieuses. C’est quand même fou que nous y adhérions alors qu’elles nous tuent.

Vive la planification !

AGORA : Procurations et démocratie « liquide »

L’Agora, telle que décrite dans la version d’origine ‘liquid feedback’, puis ‘pirate feedback’ contient un système sophistiqué de procurations.

Ce système semble séduisant, mais depuis tout le temps passé sur ce programme, j’en reste finalement réservé. Je vais tâcher de vous l’expliquer.

Une procuration est donnée par vous, pour un sous-domaine ou plus précisément pour une question. Si vous l’avez donné sur un sous-domaine, vous la donnez implicitement pour les questions qui apparaîtront, idem pour les sous-sous-domaines.

La personne à qui vous la donnez est supposée compétente, vous vous en remettez à elle pour choisir à votre place lors des votes.

A tout instant, vous pouvez reprendre votre procuration, y compris tant que le vote n’est pas terminé.

En tant que personne qui a reçu procuration, vous pouvez la refuser et si vous l’acceptez, votre vote sera divulgué à tous ceux qui vous l’ont donné. Jusqu’à la fin du vote, une procuration peut être annulée.

S’ils le souhaitent, les personnes qui vous ont donné procuration peuvent recevoir une alerte avant la fin du vote si celui qui a reçu procuration n’a toujours pas voté.

Dans la configuration de la question, les procurations peuvent être désactivées, ou limitées. Ainsi, le vote d’un citoyen détenteur de procurations garde toujours la force de son vote personnel, mais l’effet de ses procurations est amoindrie, afin de privilégier l’opinion des votants directs. Le nombre de procuration peut-être limité.

Discussion à ce propos :

Le système de procuration est susceptible de corruption : on va voir des campagnes de séduction pour attraper des procurations.

Intellectuellement, c’est valider l’idée d’un public abruti par les médias et la consommation, par la prégnance excessive de l’emploi dans notre vie, bref se trouver des raisons de ne pas se former, ne pas réfléchir, ne pas décider. Je force le trait exprès.

Évidement, je me fait l’avocat du diable : détenir jusqu’à une dizaine de procurations ne met pas la démocratie en danger, mais nous devons réfléchir à une limite : 10 ? 100 ? 1000 ? 100 000 ?

Une alternative serait la possibilité pour un citoyen de divulguer son vote, libre à chacun de s’en inspirer.

J’ai cru ressentir un appétit pour cet aspect comme un souhait d’être soulagé de la corvée de politique. Mais le débat viens juste de s’ouvrir…

1. Agora, le chaînon manquant
2. Structure de l’Agora
3. Un cycle dans l’Agora
4. Agora : le vote
5. Parer aux plaisantins envahisseurs
6. Procurations et « démocratie liquide »

AGORA : Parer aux plaisantins envahisseurs

L’Agora doit faire face aux abus de droits : bien sûr chacun doit pouvoir y participer, mais chacun peut venir perturber l’assemblée avec des questions idiotes ou des réponses bébés. Sans parler des malfaisants, des banquiers et de mon voisin.

Mettre en place une police de la pensée n’est pas une option, et pourtant comment se soustraire aux personnes mal intentionnées ou débilisantes ?

C’est une facette importante de « l’intérêt ». Qui ne doit pas être confondue avec la notion de « supporter ».

Expédions ce dernier : être supporter, c’est donner à voir aux autres, et bien sûr aux rédacteurs des réponses, l’attrait qu’ils exercent sur le public. On peut rapprocher le fait de devenir supporter d’une réponse au cliquer « j’aime » dans Facebouc.

Si vous cliquez sur « devenir supporter », vous  déclarez implicitement que vous trouvez de l’intérêt à la réponse concernée. Voilà, c’est dit.

Intérêt pour le domaine

Rappel : les sujets de discussions dans l’Agora sont organisés en thèmes, sous-thèmes, sous-sous-thèmes etc. Soit des centaines de domaines: c’est expliqué au début de cette série d’articles. Droit civil, Santé, recherche scientifique, éducation, armée, police, droit des affaires, etc, le tout se déclinant en sous-domaines, bref un gros fouillis, comme la vie d’une société.

Vous ne vous intéressez pas à tout, vous ne vous y connaissez pas en tout. Votre devoir de citoyen nécessite que vous passiez du temps dans l’Agora, pour y détecter ce qui vous intéresse. Une fois marqué cet intérêt pour des sous-domaines, vous allez recevoir des informations par mail ou texto. Un peu comme les murs Facebook de vos amis vous apparaissent.

Vous recevrez, pour ces sous-domaines uniquement, des avis quand une question apparaît et d’autres news à son propos.

Ceci afin de ne pas être noyé d’informations.

Gardons pour la suite qu’un sous-domaine a une bande de gens qui s’y intéressent.

Intérêt pour une question

Avoir de l’intérêt pour une question, c’est dire qu’elle vous intéresse (ah bon dieu ! si je m’attendais à ça !), et que vous souhaitez voir se poursuivre la compétition de réponses.
Il se peut qu’aucune des réponses déjà en lice ne vous plaise, mais au moins la question est bonne.

Une question qui n’atteint pas un certain quota d’intérêt (réglable) parmi ceux qui s’intéressent au sous-domaine, et ce au bout d’un certain temps réglable, est archivée et disparaît.

Par exemple : si la question n’a pas reçu d’intérêt de plus de 15% des gens qui ont dit être intéressés par le domaine, et ce dans un délai d’un mois, elle est archivée.

Contentez vous d’ignorer les questions que vous jugez inopportunes, et c’est poubelle. N’oubliez donc pas de marquer de votre intérêt une question que vous jugez pertinente, sinon c’est risque de poubelle.

Intérêt pour une réponse

Trouver de l’intérêt, c’est dire que la réponse est correctement articulée, que le ou les auteurs ne sont pas des ignorants. Cela ne signifie nullement que vous allez les placer en tête de votre palmarès au moment du vote.

Une réponse qui ne rencontre pas l’intérêt d’une bonne partie de ceux qui ont trouvé la question intéressante, mettons 10%, réglable, n’ira pas au vote.

Contentez vous d’ignorer une réponse que vous jugez inopportune, et elle n’ira pas au vote, à moins que 10% ne soient pas de votre avis.

Protections supplémentaires

Une Agora telle que celle que ce site propose va susciter un énorme volume d’informations. Un tsunami ! Tout le défi est dans le réglage qui vous dispense des informations non pertinentes, selon vos critères, mais qui ne vous fait pas rater une pépite.

L’Agora (du moins son logiciel), peut simplement vous informer une fois de l’arrivé d’une réponse, puis plus rien si vous ne donnez pas de l’intérêt à celle-ci. Dans le cas contraire vous serez informé des suggestions et des nouvelles versions de réponses.

Vous pouvez aussi blacklister un rédacteur casse-bonbons.

 
1. Agora, le chaînon manquant
2. Structure de l’Agora
3. Un cycle dans l’Agora
4. Agora : le vote
5. Parer aux plaisantins envahisseurs
6. Procurations et « démocratie liquide »

AGORA : Le vote

Vous l’avez constaté, le système de vote qui a cours dans le monde est une illusion de démocratie. Une très petite partie de la population détermine quel candidat va s’imposer à tous, et qui plus est, ce choix des candidats est réservé aux partis.

Prenons un exemple : 3 choix pour rénover une friche en centre ville.

Un centre d’affaires, un parc, un centre social.

Résultat pour ces choix avec notre système actuel « majoritaire à deux tours » : 40%, 30%  et 30%.

Avec les règles actuelles, 40 % de la population impose un centre d’affaires à 60% qui n’en veulent pas. Pour que cela se voit moins, notre constitution maquille cela en deux tours, ce qui donne une illusion de majorité absolue.

L’Agora utilise une variante de l’algorithme de Condorcet : c’est le système de Schulze, mais il existe une bonne douzaine de variantes, identiques pour l’essentiel.

Dans ce système vous désignez votre héros, mais vous continuez avec « mais si c’est pas lui, j’aimerais… » et vous en désignez un second, et vous recommencez jusqu’à épuisement des candidats. A chaque rang, vous pouvez avoir des ex-æquo.

Votre vote est une liste ordonnée. Le dépouillement consiste a compter combien de fois un candidat l’a remporté sur chacun des autres. C’est facile pour un ordinateur.

Le gagnant, à la fin, peut n’avoir jamais été le premier choix, mais éventuellement le second choix de tous ! Un premier choix clivant des uns a été mis en queue de liste par les autres.

Pour notre exemple simple :

Le biznessman a choisi le centre d’affaires, puis le parc, puis le centre social (le social, c’est sa bête noire !)

L’altruiste pratiquant a mis le centre social en premier, le parc en deuxième, et le centre d’affaires en queue : il n’aime pas le business conquérant.

L’écolo a choisi le parc, puis le centre social, puis le centre d’affaires.

Faites le compte : le parc gagne.

Imaginez une présidentielle, avec un vote à un seul tour, où vous ordonnez les 10 candidats, imaginez une loi, dont 20 versions ont été rédigées par des groupes ou des individus différents (dont une par vous), choisie par ce procédé.

Cette méthode génère du consensus.

Une petite note à propos du vote électronique : nous avons des expériences malheureuses, mais qui relevaient surtout du bricolage et s’appuyaient sur des ‘secrets’.

Le vote électronique fonctionne si et seulement si :

  • Ce n’est pas une société privée qui l’organise,
  • Tous les codes des logiciels utilisés sont publics (open-source)
  • Vous pouvez accéder à tous les bulletins de vote (cryptés bien sûr) alors,
    • Vous pouvez vérifier vous même que votre vote est bien présent,
    • Que votre vote a été respecté
    • Vous pouvez recalculer vous même résultat du vote.

De toute façon, un vote papier avec lecture optique doit être offert à tous ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas voter électroniquement.

Ceci est possible, au point, il ne manque que la volonté.

1. Agora, le chaînon manquant
2. Structure de l’Agora
3. Un cycle dans l’Agora
4. Agora : le vote
5. Parer aux plaisantins envahisseurs
6. Procurations et « démocratie liquide »

Le retour de l’Hubris

Oh quelle belle démonstration : l’hubris dans la splendeur du concept !

L’hubris, c’est la persévérance dans l’erreur, malgré la présence d’indicateurs visibles.

C’est l’aveuglement d’un homme (ou d’une femme) de pouvoir, qui va se servir de ce pouvoir jusqu’au bout plutôt que de reconnaître qu’il s’est trompé.

Il s’accompagne donc probablement d’une rupture de communication de l’homme de pouvoir avec ses administrés.

C’est l’enfant qui met ses mains sur ses oreilles et crie « j’entends rien ! j’entends rien ! ».

Voila, c’était le mot du jour. Allez voir sur internet comment les savants peuvent vous en dire plus.

Ce mot est à retenir, les vrais démocrates doivent en craindre la contamination comme la vérole.

b.

Mumble 49.3

Excusez l’orthographe, c’est du vite fait.
Bon.

Pour les délais et l’impossible influence, si certains veulent faire les sauvageons, c’est un choix.
Qu’avons nous ?

« Nuit debout » et périphérie a le vent en poupe. Dans 5 jours, sont combat est d’arrière garde.

Qu’avons nous ? Un vocabulaire, des ‘slogans’ ‘loi el khomry’ …

Une opération à lancer. Une opération d’éducation populaire : c’est pas souvent qu’on se rapproche de son oreille, au peuple.

On ramasse 100 000 signatures, pour un référendum « Voulez vous la loi el khomry ».
Je vous passe les détails : c’est une procédure parfaitement légale et simple, sans CRS.

100 députés doivent l’approuver, puis le président peut se torcher avec.

Et vite on se tourne vers le grand public : crieurs de rue, machine à café, manif, lévitation de table.

Là, je fais une description vite fait sur le gaz : On fait un TP, travail pratique,  sur un sujet qui intéresse, en bien ou en mal, tout le monde. On leur présente une opération concrête. Et bien dire aux soutiens à la loi, qu’ils pourront parfaitement s’exprimer au référendum.

On met le paquet, les projecteurs, les pancartes sur le parcours du référendum. Pour montrer comment c’est une escroquerie. Education populaire !

Genre : « votons, affrontons nous, mais directement, entre nous. Sans passer par Pujadas et ses invités. »

L’idée est de leur faire vivre en direct, de manière pédagogique, la tartufferie du gouvernement représentatif.

Nous devons recruter, et il va bien falloir à un moment qu’on s’adresse aux gens qui ne nous aiment pas, ou qui n’ont rien à foutre de rien.

C’est un peu plus tricky que de cramer des boites aux lettres, mais quel investissement pour le grand soir !

 

Un cycle dans l’Agora

L’Agora n’est pas un forum, ni un chat, ni un blog.

Dans l’Agora, on met en forme les idées issues des discussions sur les forums, les chat et les blogs.

Cet article est le troisième, après une déclaration de principe et la structure des informations, nous allons voir le cycle de vie d’une question et de ses réponses.

Petit rappel : une question a été posée après des jacasseries ailleurs, aux « nuit debout », au café du commerce, sur des forums, dans des assemblées citoyennes.

C’est une question d’ordre juridique et des citoyens ou associations de citoyens vont construire leur réponses, puis un vote désignera l’option favorite.

Au début il y a une question qui fait consensus : que ce soit pour la soutenir, ou pour la rejeter. Par exemple la question ne peut-être « Comment virer les ‘réfugiés’ ? » mais plutôt « Règles d’admission et d’intégration des réfugiés ». Dans le deuxième cas, on a pas dit si on fabrique des palaces pour les réfugiés, ou si on pose des champs de mines. Dans le premier cas, la question est terriblement orientée.

La question va passer par 4 phases :

  1. Maturation
  2. Développement
  3. Gel avant vote
  4. Vote

La durée de chaque phase est réglable, en heures, jours, semaine ou mois. Dans la pratique et hors situation particulière, on va aller vers quelque chose comme 1 mois/3-6 mois/Une semaine/trois jours pour les phases de 1 à 4 ci-dessus. Si vous êtes particulièrement réactif, pour une organisation très resserrée, comme le club de pétanque, vous pouvez mettre en question le menu du banquet de fin d’année en 1 jour/2 jours/12 heures/1 heure. A 30, c’est jouable, mais à 45 millions, je doute….

La Maturation

Ce n’est pas parce qu’on serait en démocratie que chaque question posée est intéressante. Si on pose sur l’Agora la question suivante (avec la réponse du questionneur) : « Règlementation de la hauteur des chaussettes en milieu humide », il est probable que seuls ceux qui ont le même dealer vont s’intéresser à la question, voire que les initiateurs regretterons quand ils auront dessaoulé.

La maturation donne une chance à la question, évite la mise en place d’une censure.

Les citoyens visiteurs qui ont déclaré être intéressés par le domaine (Consommation -> règlementations industrielles -> Habillement), ont reçu un mail à la création de la question.

Pour que la question passe à la deuxième étape, le Développement, il faut qu’une proportion minimum de ces gens intéressés par le domaine, clique sur « Je suis intéressé par la question« . Évidement le taux est réglable : mettons 15%.

Être intéressé par la question ne signifie rien d’autre que cela : cela ne signifie donc pas que la réponse visible, en attendant les autres, vous plaît. Pour le dire autrement : « Je pense que c’est utile de se poser cette question ».

Par exemple :  « Déclarer le 13 avril Journée du Fox à poil dur », c’est pas intéressant dans l’Agora. Mais c’est en ignorant la question que vous le ferez savoir. Pas besoin d’experts, de comité, d’assemblée ou d’homme politique. Et si j’ignorai que le dernier exemple avec fox à poil dur incorporé, est en fait une question existentielle pour 60 millions de mes compatriotes ? Ce serait ballot de passer à côté d’une évolution majeure de notre société.

Si le taux d’intéressés n’est pas atteint avant la fin de la période de maturation, la question disparaît dans les archives. Couic ! Sinon, c’est …..

Le Développement

Depuis la création de la question, n’importe qui peut poser une réponse. Mais maintenant les « visiteurs », les citoyens qui sont venus voir, vont pouvoir « signifier » des choses, en quelques sorte intervenir, communiquer avec les rédacteurs.

D’abord, pendant le développement, les citoyens indiquent leur « intérêt » pour les réponses qui le méritent à leurs yeux. On ne parle pas de vote là ! On filtre les « Yaka » et les gentils « L’amour règlera les problèmes du monde, bouh la guerre c’est pas bien ».

Les réponses qui n’ont pas atteint un pourcentage des « intéressés par la question » n’iront pas au vote final. Mettons 15%, mais ce coefficient est réglable alors 5% ou 80% si vous voulez peu importe.

On en reparlera dans l’article suivant qui détaille le côté « auto-nettoyant ».

Vous pouvez parfaitement désigner de votre intérêt des propositions totalement contraires à vos opinions. Intérêt ne signifie pas soutien. Cela ne signifie pas que vous allez voter pour !

Donc vous n’êtes pas intéressé par la réponse « 2 microns », ni par la réponse « 12 mètres », pour les hauteurs de chaussettes. Mais de 5 à 30cm, faut voir…..

C’est l’objet d’une éducation que de sortir du manichéisme : nous adorons jacasser entre gens déjà d’accords au départ, plus pour recevoir l’approbation d’un groupe et son amour, que pour réellement débattre.  Marquer son intérêt pour une réponse que nous combattrons par la suite, voilà un beau sujet d’éducation populaire, passer sans « souffrance » autant de temps a examiner les options qui vous conviennent (celles qui vous disent « tu es beau, tu es gentil, tu es intelligent ») que celle qui vous déplaisent (celles qui vous ne vous envoient pas d’affects joyeux, comme dirait Spinordon).

Car c’est faire société que d’accepter réciproquement de s’écouter, sans combat, avant le vote. A l’inverse du débat télévisé, où un des participant doit sortir les pieds devant sinon c’est pas drôle. Écouter ne veut pas dire approuver, trouver l’autre raisonnable ou son projet souhaitable, c’est lui donner la place de citoyen que vous voulez pour vous-même.

Donc oui, un militant SUD peut trouver une réponse du MEDEF « intéressante ». Mais ne pas trouver intéressant la recherche de solution politique à travers la conquête de Mars.

Pourquoi cette notion : parce que pour aller jusqu’au vote, une réponse doit susciter un minimum d’intérêt.

Voila c’est dit. Ça sert à ça l’intérêt : A faire dégager les fantaisistes.

Vous avez tout intérêt à vous intéresser à plusieurs réponses, vous verrez plus tard que la méthode de vote vous y encourage très fortement.  « Cette réponse est la meilleure, les autres c’est tous des cons » ne fonctionne pas.

Raisonnez plutôt en « Tous ceux là peuvent me convenir à des degrés divers, de l’adoration fanatique jusqu’à une limite tout de même ! ». Ainsi vous vous préparez au compromis, à la négociation. En tant que rédacteur, voir ma réponse recevoir de l’intérêt, ne signifie pas « recevoir de l’amour » : je vais peut-être me faire défoncer au cours du vote.

Maintenant, il y a ‘être supporter‘, comme au foot.

Là, vous signifiez vos opinions, votre préférence. En gros, vous désignez les propositions (de lois) auxquelles vous êtes prêt à vous soumettre. En fonction des évolutions, vous pouvez retirer ce support, le remettre aux uns, aux autres…

« Supporter » (ou ‘soutenir’) ne signifie en aucun cas une intention de vote : En indiquant que vous êtes supporter, vous encouragez la continuation de la rédaction et on verra se dessiner les tendances, comme un sondage permanent à grande échelle, sans technicien de l’IFOP pour truquer les résultats, c’est tout.

Les rédacteurs peuvent ainsi observer les variations de l’opinion à l’égard de leur réponse, au fur et à mesure qu’ils l’amendent, la révisent, la complètent.

Ensuite, les « suggestions« .

La suggestion est une cartouche précieuse, unique pour une réponse, qu’on ne grille pas sans réfléchir.Vous devez être supporter d’une réponse pour y poser une suggestion.

Une suggestion n’est pas une critique : « Vous êtes des nazes, votre procédé de ….. est grosse connerie, au secouuuuuuuuuurs ! » n’est pas recevable. Ni « Ce projet est formidable. Signé : ta maman qui t’aime ».

En revanche « votre procédé de taxation des .. ne pourra pas être géré, on ne connaît pas suffisamment précisément …, et cela va mobiliser des ressources hors de proportion du bénéfice attendu, ressources plus utiles ailleurs. Une taxe fixe inconditionnelle serait praticable »

Ou « Pourquoi taxer … spécialement ? Votre loi peut se passer de cette idée inutilement complexe »

Voilaaaaaa… Maintenant, en tant que visiteur citoyen, vous pouvez, à la lecture des suggestions :

  • Ne rien faire
  • Indiquer les conséquences pour vous si les rédacteurs prenaient en compte la suggestion.

Et là c’est très simple :

  • J’en veux, sinon je vote pas pour vous
  • J’aimerai bien mais on va pas en chier une pendule
  • J’aimerai autant pas, mais j’ai toujours pas mangé de pendule
  • J’en veux pas, sinon je vote pas pour vous.

Ne rien dire équivaut à « Je m’en moque de cette suggestion », « Hors sujet ».

Les rédacteurs voient la répartition des opinions. C’est quand même un peu plus subtil que le « J’aime-J’aime pas » de Facebook ou de ces propositions de site de forums qui offrent une voie royale au pathos instantané, plutôt qu’à la réflexion et à la subtilité.

On n’est pas dans la discutaillerie, on est dans la rédac finale du texte de loi : vous ne faites de suggestion qu’aux réponses qui vous plaisent, votre best-of à vous. Une suggestion n’a de sens que si elle est un apport positif. Rappelez vous : une seule suggestion par réponse !

Un mécanisme de réflexion obligatoire peut aisément être utilisé (ou pas) : une suggestion est enregistrée, mais ne sera réellement présentée que trois jours après (réglable) , avec une manip de confirmation. Pourquoi ? Pour vous donner le temps de voir que la même suggestion, en gros, a été indiqué par cent personnes. Autant vous contenter d’indiquer votre opinion sur une suggestion identique, arrivée avant la vôtre, plutôt que de faire du redondant.

Cela vous donne aussi le temps de vous rendre compte que votre suggestion, écrite sous le coup de l’émotion, n’est pas si géniale que ça, et de garder la « cartouche » pour un aspect plus critique. Un peu comme le délai de rétractation  de 7 ou 15 jours pour un achat important. Bref, apprends à ne pas donner ton avis à tout propos, pour pécho des gonzesses ou faire ton intéressant ou crier tes émotions au monde.

Le Gel avant le vote

Pendant le gel avant le vote, genre une semaine, les rédacteurs ne peuvent plus changer leur réponse. On va voter, vous faites le point dans votre tête, s’agit pas qu’un malhonnête change son texte en douce juste avant vote et donc vous trompe, vous abuse.

Des nouvelles réponses peuvent encore être ajoutées : mais c’est un coup one-shot, pas de modifications possibles. Et vous devez atteindre le quorum avant le vote, donc en une semaine avec l’exemple ci-dessus.

Bonne chance aux retardataires, mais si ceci constitue un garde-fou supplémentaire, un recours pour les citoyens, ce n’est en aucun cas une « méthode ». Sérieusement, plongez vous dans le débat dès le début, dans les lieux de discussion, puis le cas échéant, travaillez votre réponse dans les délais sur l’Agora. Si vous avez raté le début, c’est un peu votre problème.

A la fin de la période gel, c’est le temps du vote. Mais digérez ça d’abord…

A très bientôt pour la suite.
1. Agora, le chaînon manquant
2. Structure de l’Agora
3. Un cycle dans l’Agora
4. Agora : le vote
5. Parer aux plaisantins envahisseurs
6. Procurations et « démocratie liquide »