Genèse très simplifiée du système bancaire et monétaire.

(Contribution de ‘toutouadi’)

Il fut un temps où la monnaie n’était rien d’autre qu’une marchandise intermédiaire d’échange c’est à dire un produit marchand de haute valeur facilement transportable (or, argent etc).
Pour des raisons pratiques et de sécurisation, sur des transactions commerciales importantes, vint alors le temps de la représentation de ces «  valeurs liquides  », c’est à dire des reçus indiquant que ceux-ci avaient la valeur effective du stock de pièces d’or déposé dans l’établissement émetteur de ces billets. (Valeurs liquides = Valeurs monnayables directement telles que les pièces d’or)

Face au succès de ce système, celui-ci fut étendu afin de répondre aux transactions courantes, puis vint le temps où les banquiers se rendirent compte qu’ils pouvaient enfermer dans leurs coffres en sus des pièces d’or, des actes de propriété soit immobiliers soit de toute autre nature en ayant pris un minimum de précautions liées aux aléas du marché et du temps nécessaire à l’éventuelle vente de ces biens.
Pour cela les banquiers devaient avoir en leur possession les liquidités suffisantes (fonds propres en pièces d’or) pour faire la liaison éventuelle entre le payement du reçu et la vente effective des biens s’y adossant.

Le système continua son évolution et les banquiers trouvèrent avantage à se coordonner et finalement à fonctionner sous forme de réseau informel, avec un minimum de règles communes. S’étant judicieusement aperçus que la monnaie pouvait être adossée non seulement à une marchandise d’échange liquide comme les pièces d’or mais aussi à toute autre forme de biens non liquide comme le blé, l’immobilier et plus tard les barils de pétrole et les créances, ils adossèrent finalement la monnaie à tout l’ensemble du système économique avec un ancrage référentiel à l’or. (L’année 1971 verra la disparition de toute référence à l’or)
(Biens non liquides : Biens nécessitant une transaction commerciale et dont le prix dépend du marché tel qu’un stock de blé, une maison ou une créance etc)

La monnaie fiduciaire était née, c’est à dire une monnaie non adossée à une marchandise d’échange telle que l’or, mais à l’ensemble d’un système économique et dont les agents, vendeurs et acheteurs, lui apportent leur confiance.
La monnaie est alors devenue un vecteur-étalon en se détachant de toute valeur intrinsèque.

Théorie succincte sur la masse monétaire.

Le but des agents économiques est de tendre vers une monnaie stable, c’est à dire une monnaie qui ne soit ni inflationniste ni déflationniste.
La monnaie étant un vecteur et non plus une richesse sa création intempestive aura tendance à se réguler à travers une hausse des prix généralisée, c’est l’inflation monétaire.
Les créations de richesses non équilibrées par une quote-part de création monétaire se réguleront par une baisse des prix généralisée, c’est la déflation monétaire.
Inflation et déflation par divers mécanismes ont tendance à s’auto-entretenir et à s’amplifier et sont donc le cauchemar des économistes, bien que nombre d’entre-eux estiment qu’une inflation de quelques points aurait des vertus plutôt positives.
En aucun cas la création monétaire indue (planche à billet) n’est une création de richesse, tout au plus c’est une taxation généralisée et non progressive utilisée en désespoir de cause en cas d’incurie du système fiscal par exemple.

Inflation et déflation ont bien sûr d’autres causes que les incohérences de la gestion de la masse monétaire. L’échauffement du système économique, l’insolvabilité de la demande (consommation), la déficience de l’offre (investissement) ou la contamination par une monnaie tierce (dollar) peuvent probablement aussi en être responsables.
Il est communément admis que l’inflation monétaire aura tendance, par le biais de la consommation, à favoriser le travail au détriment des épargnants rentiers et la déflation plutôt à favoriser les épargnants au détriment de l’emploi.

1er moyen pour avoir accès à un prêt en vue d’un investissement. (Intuitif)

Intuitivement on pensera de suite à faire appel à l’homme suffisamment riche pour avoir un reliquat de patrimoine liquide et non utilisé pour ses besoins.
Comme l’ingratitude n’est pas de mise, ce service sera rétribué sous forme d’intérêts ou de dividendes. Cet EMPRUNT est élaboré par un drainage FINANCIER qui fait appel à l’ÉPARGNE rentière.
L’épargne rentière est donc une richesse qui va se soustraire de la demande (consommation) afin de se fixer sur les investissements (offre).

L’épargne rentière tant financière qu’actionnariale génère 3 problèmes majeurs:

-Une concentration patrimoniale par exponentialisation des intérêts ou des dividendes.
-Un assèchement du pouvoir d’achat par extraction de la richesse de l’économie réelle au profit de l’économie financière (immobilisation du prêt au détriment de la demande)
-A terme, une amplification de la paupérisation de l’économie réelle par hypertrophie du système spéculatif. (recherche de nouveaux débouchés pour une épargne démesurée)

2eme moyen pour avoir un prêt en vu d’investissement. (Contre-intuitif, mais ne pas oublier que la monnaie est un vecteur/étalon et non une richesse en elle-même.)

La BANQUE DE DEPOT va créer la monnaie afin de générer le CREDIT puis la détruira au moment du remboursement du principal. La variation dynamique de la masse monétaire n’a que peu d’influence sur l’inflation car l’augmentation de la quantité de monnaie liée au flux de crédit est largement compensée par la dynamique économique engendrée (création de richesse).

L’avantage de ce système de financement particulièrement intelligent, c’est que le principal du crédit n’est pas extrait de la demande, contrairement à l’emprunt issu du système financier et épargnal.
De plus, grâce au coefficient multiplicateur de crédit (environ 2 à 6 dans la zone euro), la capacité de financement par le crédit bancaire est largement supérieur à l’emprunt épargnal.
Ce système d’ingénierie bancaire, possible uniquement grâce à la découverte de la monnaie extrinsèque, est sûrement une des origines du prodigieux développement économique entamé au début de la renaissance jusqu’à nos jours.
Dans le cas d’une banque de dépôt privée, les intérêts tendront à participer à la concentration patrimoniale des plus nantis par le biais des dividendes perçus par les actionnaires,
tandis que dans le cadre d’un système bancaire public (crédit socialisé), les intérêts retourneront au sein du corps social.

Pourquoi Paul Grignon se trompe et comment A-J  Holbecq et Étienne Chouard font un contresens avec le 100% monnaie.

-La réalité historique et sociale est issue essentiellement de rapports de forces complexes tant sociaux que géopolitiques et rarement de complots.
-La création monétaire par le crédit en permettant ainsi une adaptation dynamique de la masse monétaire n’est absolument pas un secret des dieux réservé aux banquiers, c’est tout naturellement enseignée dans n’importe quel manuel d’économie.
-Le système de réserve fractionnaire sert surtout à la sécurisation du système de crédit bancaire et à la gestion de la masse monétaire mais n’est en aucun cas un montage pervers permettant un coefficient multiplicateur de crédit quasiment infini.
-Le coefficient multiplicateur est limité en autre par le système de réserve fractionnaire mais aussi par les besoins de la banque en espèces, en liquidités afin d’assurer les compensations inter-bancaires et par les fonds propres de celle-ci.

Paul Grignon par des termes tels que «  création ex nihilo  » et «  argent dette  » s’engouffre délibérément sur un terrain émotionnel et fantasmagorique, auquel se prête effectivement le domaine de l’argent et de la banque, alors qu’une simple socialisation du système bancaire suffirait au corps social pour reprendre le contrôle de la monnaie et récupérer la manne des intérêts qui lui est légitiment dû.

Le rêve des néo libéraux les plus radicaux est de bannir le crédit bancaire (théorie du 100% monnaie) afin d’augmenter la part de marché de l’emprunt (de l’argent épargné) qui lui, est à l’origine de toutes les turpitudes financières.
Or, l’emprunt « épargnal », contrairement au crédit bancaire facilement socialisable, va participer à la concentration patrimoniale par le biais des intérêts et des dividendes mais va aussi s’extraire et assécher la demande par le principal.
Le 100% monnaie ainsi que les théories sur l’efficience des marchés sous prétexte de liberté, de sécurisation bancaire ou de concurrence régulatrice aboutissent in fine à l’enrichissement des possédants au détriment de tous. http://www.inegalites.fr/spip.php?article1393
Dumping salarial, dumping social, 100 % monnaie, privatisation des secteurs publics et spéculations n’ont qu’une seule réelle fonction, celle d’élargir et d’assurer de nouveaux débouchés au système « épargnal » rentier des possédants.

Frédéric Lordon préconise de généraliser le crédit bancaire dans un cadre public (crédit socialisé) et de fermer la bourse et les banques d’investissements.

Origine de la dette.

A partir de 1947 les libéraux ont entamés un long et patient processus idéologique de reconquête du terrain perdu.
La société du mont pèlerin (Hayek, Friedman, Von Mises etc..) en Suisse ainsi-que bien d’autres think-tanks à travers le monde, ont élaborés toute une série de stratégies permettant ainsi la libéralisation des marchés au seul bénéfice des possédants :
Infantilisation par le consumérisme, dérives sémantiques et novlangue, instrumentalisation des systèmes éducatifs et culturels, destruction des consensus sociaux, déculpabilisation de la spéculation, désinhibition des thèses malthusiennes les plus inégalitaristes et obscènes, privatisation d’abord rampante puis à visage découvert des services publics, délitement du corps social par la défiscalisation, affaiblissement des syndicats, mondialisation exacerbant la compétition, abandon du crédit socialisé, financement souverain par les marchés financiers, dérégulation bancaire etc …

Le résultat, de cette véritable guerre socio-économique, est une concentration patrimoniale au profit d’une minorité sans aucun précédant dans toute l’histoire de l’humanité et ceci au détriment de la majeur partie des populations.

La dette ne provient pas d’un «  machin  » honteux et caché qui à lui seul expliquerait «  tout  », elle provient, initiée par la rente de l’épargne, d’un processus social inhérent à la structure même de notre système économique et que Karl Marx désignait sous «  Les contradictions indépassables du capitalisme.  »

 

** Cet article est une contribution de toutouadi **

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11 commentaires sur “Genèse très simplifiée du système bancaire et monétaire.

  1. Bonjour

    Je voudrais relever deux points que je considère erronés

    1 – Tous les économistes savent qu’il n’y a pas de lien automatique entre la quantité de monnaie et l’inflation qui estla conséquence d’autres multiples cause

    2 – sur le 100% monnaie . Vous pourriez relire (?) l’article extrêmement détaillé de Christian Gomez qui réponds à vos objections http://osonsallais.wordpress.com/2010/02/22/christian-gomez-100-money/ et en particulier sur votre « angoisse » d’un financement insuffisant de l’économie.
    La réponse à la question suivante « * Les banques sont des générateurs de liquidités pour les agents économiques et des « absorbeurs de chocs (de liquidités) » est la suivante : « Les auteurs oublient tout le contexte, c’est-à-dire l’instabilité du système à couverture fractionnaire, en négligeant l’origine des dépôts (création monétaire) et la différence épargne-encaisse. Par rapport à l’objection avancée, le « 100% Money » permettrait de faire face aux besoins imprévus de liquidité dans un système complètement sécurisé (les lignes de crédit continueraient à exister, mais elles seraient gérées différemment). »

    La proposition de socialisation du crédit bancaire outre qu’elle ouvre la voie à une « fonctionnarisation » (pas toujours efficace, j’ai eu un exemple récent avec la Banque Postale ) de l’ensemble des acteurs bancaires ne permet pas pour autant une régulation de la masse monétaire. De plus, elle prive la collectivité d’une création monétaire estimable à 40 milliards par an et de l’occasion unique d’un gel de 2/3 de la dette publique.

    Cordialement

    A-J Holbecq

  2. Une reprise en main de la monnaie par le corps social sans « fonctionnarisation » je ne connais pas !! Et le 100% monnaie n’y déroge pas.
    Bien sûr une structure public est faillible mais d’autant plus si, elle est confrontée à la divergence de puissants intérêts particuliers.

    Les décisions politiques permettant l’allocation des intérêts du crédit bancaire socialisé est un remarquable outil de gestion économique, les intérêts pouvant être alloués à des fonctions très variables :

    – Rétribution progressive des comptes à vue afin de tendre vers un lissage des patrimoines et soutenir la demande.(embryon du revenu minimum d’existence permettant ainsi de diversifier les mécanismes de redistribution, utile en cas d’incurie du système fiscal)
    -Allocation au budget de l’état.(soutient à la demande par allègement fiscal et renforcement des structures sociales)
    -Subsides à la banque centrale dans le cadre d’une politique monétaire générale. (Entre autre, destruction monétaire afin de répondre à une éventuelle inflation, mécanisme remplaçant avantageusement l’épargne rentière comme agent déflationniste)

    In fine, le crédit socialisé permet aux agents économiques les plus dynamiques, non seulement de trouver les financements adéquates mais aussi de soutenir la demande par le biais des intérêts et d’éviter ainsi le parasitage et la fuite de la rente vers la sphère financière favorable essentiellement aux plus nantis.
    Dans le cadre d’un système de crédit socialisé généralisé il n’y a plus de dette, pour la simple raison qu’il n’y a plus de marché financier. (En cas de nécessité, la banque centrale génère elle-même le crédit alloué au trésor)

    L’ingénierie du crédit bancaire avec son coefficient multiplicateur et ses réserves fractionnaires est effectivement une prise de risque calculé, cependant les crises de 1929 et de 2007/2008 proviennent d’une gigantesque disparité patrimoniale qui a asséché la demande.(Aujourd’hui les 85 plus riches de la planète cumulent le patrimoine des 3 milliards des plus pauvres !!!)

    Dans les années 20, afin de compenser les salaires insuffisants pour absorber les gains de production, on a incité la population américaine à spéculer en bourse, cela c’est terminé en 29 avec le jeudi noir.
    A partir des années 80, pour les même raisons, on a incité les populations à s’endetter, cela c’est terminé en 2008 avec la chute de Lehman Brothers.
    Les structures et mécanismes de la partie « dépôts » des banques n’ont strictement rien à voir avec ces crises, par contre la responsabilité de la spéculation et les inégalités de revenus, initiés par les banques d’investissements et autres entreprises financières, sont majeurs.

    Sous prétexte de sécurisation bancaire, et sous prétexte d’une gestion régalienne de la monnaie, effectivement souhaitable, le 100% monnaie dédouane les véritables responsables de ces crises et leur accorde un satisfecit.

    Le 100% monnaie est défendu par les ultralibéraux et libertariens, Irving Fisher, Ricardo, Milton Friedman, Ludwig Von Mises, afin de défendre les intérêts des possédants, c’est une inféodation totale du corps social à la propriété privée rentière.

    Le problème de la capitalisation ainsi que de l’ultra-capitalisation (100% monnaie) est que les ressources sont drainées par les possédants, c’est à dire par ceux qui en ont le moins besoin, et que le système fiscal, seul agent de régulation de la propriété privée rentière, dépend entièrement d’une volonté politique, qui elle-même dépend des rapports de forces sociaux entre riches et pauvres.

    Warren Buffett:
    « Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner »
    « Le système des impôts a complètement dévié en faveur des riches aux dépens des classes moyennes. C’est dramatique. »

  3. @toutouadi
    L’économie obéit à des lois que vous semblez ignorer.
    Si vous n’êtes pas d’accord avec les lois que je vais vous rappeler essayez de trouver un contre exemple…
    1. L’inflation est toujours d’ordre monétaire, il n’y a aucune exception.
    Corollaire évident la déflation également…
    2. La monnaie crée la croissance dans le sens ou la croissance a besoin d’un accroissement monétaire.
    3. Il existe un seuil de développement des économies optimales, passé ce seuil la croissance appauvrie le système économique en générant un sur travail contre productif.
    A partir de ces trois lois, nous pouvons comprendre que les intérêts payés sur le capital génère un accroissement de la masse monétaire qui génère de la croissance JUSQU’A attendre l’optimum.
    Passé cet optimum, l’accroissement de la masse monétaire génère soit de l’inflation soit une croissance contre productive.
    Le problème est donc in fine.
    –> Déterminer cet optimum.
    –> Arrêter toute forme de rémunération des intérêts du capital une fois l’optimum atteint.
    Pour aller plus loin je vous invite à aller visiter mon site : lois-economiques.fr

    • ** Commentaire repris et corrigé **
      L’inflation n’est pas monétaire en ce qu’elle résulte d’initiatives personnelles à tous les acteurs.
      Particulièrement ceux qui peuvent faire voter leur augmentation par un gouvernement vendu ou crétin : Energies, péages..
      L’inflation se mesure avec des signes monétaires, certes, mais elle résulte de rapports de forces sociaux.
      De même dire que  » La monnaie crée la croissance dans le sens ou la croissance a besoin d’un accroissement monétaire », c’est encore un moyen de nous préparer à nous vendre un crédit ou une dette quelconque.
      La croissance d’activité naît de la vision de débouchés à un travail fait dans de bonnes conditions humaine.
      Qu’un monde de financiers rendent nécessaire de travailler deux fois plus que nécessaires pour s’acquitter des intérêts des crédits, ou prêts, sans compter les prélèvements des actionnaires qui se retrouvent toujours sur la note finale.
      Aucune forme de rémunération du capital n’est inscrite dans l’humain. Seule une architecture de société concoctée par ses très principaux bénéficiaires, l’impose comme une taxe de 100% sur le travail productif.

      • @baba
        Visiblement, vous n’avez pas compris mes propos.
        L’inflation est monétaire, c’est un fait.
        Maintenant que l’accroissement monétaire soit le fait d’une collusion d’intérêts, je suis d’accord.
        Et le point commun de cette collusion d’intérêts se nomme la croissance.
        Vous écrivez :
        L’inflation se mesure avec des signes monétaires, certes, mais elle résulte de rapports de forces sociaux.
        Nous sommes encore d’accord mais je peux vous affirmer que le dogme de la croissance était partagé par tous les acteurs économiques (sauf quelques marginaux).
        A partir du moment ou tous les acteurs partage la même vision, la croissance devient le point commun qui les rassemble.
        Or la croissance ne peut être favorisée que par l’accroissement monétaire.
        Problème passé un certain seuil de développement cela génère de l’inflation et pas de croissance
        Pour combattre l’inflation, il n’y a qu’un seul moyen.
        Faire en sorte que l’accroissement de la monnaie soit accaparé par une petite tranche de la population dont les dépenses ne rentrent dans le calcul de l’inflation. Les biens hauts de gamme.
        Ainsi d’une idée non fondée la croissance génère de la richesse, partagée par tous, le rapport des forces sociale va générer un combat pour s’accaparer le surplus monétaire. Ce combat va générer structurellement les inégalités.
        Si vous voulez les combattre, il faut faire le chemin inverse qui les générer : décroître.
        Il n’y aucune autre solution.
        J’espère, cette fois, que vous aurez compris mes propos car supposer que je travaille pour le lobby bancaire montre bien que vous ne l’aviez pas compris car la décroissance suppose la quasi disparition des structures financières existantes.

        • Salut Dadone (lois-economiques)

          C’est exact !! Nous tendons tous vers le même but, c’est à dire vers une économie sociale et non productiviste à vocation universelle (pour moi en tout cas), respectueuse de l’être humain, de son environnement et des générations futures.
          Nos discordes proviennent soit de la différence de nos images mentales du système économique actuel soit de divergences de stratégies.

          A-J Holbecq se focalisant sur la structure monétaire, Sébastien (Baba, web-master et vieil ami de jeunesse) sur la constitution, Dadone (dont j’ai beaucoup apprécié les interventions sur un autre blog) sur une économie décroissante et moi-même sur les rapports de forces sociaux engendrés par la propriété privée rentière et la nécessité de la détruire avant toute chose.

          Je me permets ce message afin d’éviter tout quiproquo et sur-interprétation.

          Amicalement

    • @lois-economiques

      « L’inflation est toujours d’ordre monétaire, il n’y a aucune exception.
      Corollaire évident la déflation également… »

      Une surproduction fait chuter les prix, un déficit de production les fait monter !! Donc on peut raisonnablement penser qu’une économie structurellement en surproduction (incapacité de la demande à absorber la production) tendra vers la déflation et qu’une économie structurellement en déficit de production tendra vers l’inflation.

      « La monnaie crée la croissance dans le sens ou la croissance a besoin d’un accroissement monétaire. »

      C’est oublier bien vite la notion de vélocité monétaire c’est à dire la capacité d’une unité monétaire à pratiquer un nombre variable d’échanges marchands dans un temps donné.

      « nous pouvons comprendre que les intérêts payés sur le capital génère un accroissement de la masse monétaire »

      Complètement aberrant !!

      Les intérêts sont un transfert de la monnaie de l’aggloméra M1 vers les aggloméras M2 et + (vision monétaire), un transfert de la richesse produite par le prolétariat vers les possédants (vision marxiste), un transfert de la demande vers l’offre (vision keynésienne), une fuite du système de production prix/salaire vers la rente (vision ricardienne), un contrôle de l’inflation par un processus déflationniste (vision néolibérale), un processus d’appauvrissement des moins nantis, qui payent ainsi leurs incuries, en faveur des riches, qui eux le méritent bien (vision malthusienne).

      Par contre le financement par l’emprunt, induit une nécessité productiviste afin de compenser la dépression monétaire du secteur de l’économie réelle (processus récessif), rendant ainsi, la logique de la croissance incontournable.

      « Il existe un seuil de développement des économies optimales, passé ce seuil la croissance appauvrie le système économique en générant un sur travail contre productif. »

      Si c’est une allusion à la régulation des prix par la concurrence c’est exact.

      Dans un premier temps la concurrence tend à optimiser les prix, c’est à dire à définir le partage de la plus-value entre producteur et consommateur.
      Dans un deuxième temps, l’offre devenant supérieure à la demande, la concurrence entame un processus de productivité compétitive qui se fera au détriment des salaires, appauvrissant ainsi la demande.

      La théorie libérale veut que les salaires et prix descendant concomitamment initient ainsi un processus déflationniste et autorégulateur plutôt vertueux.

      En réalité par divers mécanismes, entre autre celui de la surévaluation de fait des actifs financiers, ce système de dumping favorise le système financier rentier au détriment des acteurs de l’économie réelle.
      Ricardo, pourtant gourou des néolibéraux, en avait fait en son temps la démonstration avec la rente terrienne.

  4. @toutouadi
    « nous pouvons comprendre que les intérêts payés sur le capital génère un accroissement de la masse monétaire »
    Complètement aberrant !!

    Moi je veux bien mais c’est mathématique puisque les intérêts (I) n’ont pas été créés.
    Soit E l’emprunt in fine je rembourse E + I, j’ai bien un accroissement de la masse monétaire.
    Voir la magistrale vidéo de Paul Grignon l’argent dette II, minute 27 :

    Une surproduction fait chuter les prix
    Non, certains prix chuteront mais le report de la masse monétaire se fera sur d’autres biens qui augmenteront selon le principe que la masse monétaire valorise les biens existants.

    un déficit de production les fait monter !!
    Pas plus, raisonnons par l’absurde, soit M la masse monétaire totale si un seul bien vaut M , alors les autres valent zéro…

    La vélocité monétaire c’est purement théorique et ce paramètre devient significatif uniquement en période d’hyper inflation.
    C’est point qu’Olivier Berruyer a bien du mal à comprendre sans compter beaucoup d’autres points ce qui fait que j’ai déserté le site…

    Toutouadit, si tu veux vraiment faite avancer la pensée économique il faut établir des lois et s’y tenir comme dans n’importe qu’elle autres sciences.
    Et ensuite cela fonctionne pas incrément sans remettre en cause la base existante.
    Pour invalider une loi il suffit de trouver un exemple concret qui ne l’a respecte pas…

    Personne n’a jamais trouvé un seul exemple concret invalidant les lois que j’ai formulé.

    • L’encaissement d’intérêt par le prêteur n’est qu’une ponction sans contrepartie, un transfert.
      Aucun accroissement de la masse monétaire ! Le crédit ne crée pas d’argent in fine, et comme les prêteurs stérilisent leurs revenus excessifs en les plaçant ou en les stockant dans des paradis fiscaux, il y a même diminution de fait de la masse monétaire du fait du crédit privé.
      Si je me pointe chez toi, que je te braque avec un gros pétard : « Aboule ton fric ! » et donc que tu me le donnes :
      Où est l’accroissement de la masse monétaire ? De la mienne oui, au détriment de la tienne…
      Depuis 1973, Il n’y a aucun accroissement, et le maintien (approximatif) de la masse monétaire n’est permis que par l’emprunt au privé, par la dette.

      Quand aux lois économiques, c’est une impasse. Vous confondez des lois (comme la gravité, la dilatation des corps) avec des résultantes de règles du jeu économique.

      Comme les règles du monopoly : arbitraires, plus ou moins convenues mais nullement inhérentes aux cartes, dés et pion du jeu.
      C’est seulement la convention tacite du respect de ces règles qui peuvent à terme provoquer des effets liés.
      Vous prenez les conséquences des rapports de force pour des lois. Changez les règles, influez sur les rapports de force (avec une démocratie socialiste par exemple) et vous changerez les conséquences qui dès lors ne peuvent plus être qualifiées de ‘lois’.

      Vous vous appuyez sur les règles actuelles sans oser les considérer comme des variables ; il est vrai qu’elle perdurent depuis 200 ans. Vous les voyez « constantes » comme une constante physique : il est autorisé voir conseillé d’augmenter des prix sur un produit si la demande le permet. Si je peux me gaver sur ton dos, je dois le faire. Je peux le faire. ces considérations sur la « rareté » des biens ou services n’est que l’expression de la féodalité, des dominations intrinsèques à la détention de capital.
      Je vais vous citer un exemple pris à Albert Jacquart : Si vous augmentez le prix du ticket de métro fortement, quelle est l’évolution de sa fréquentation ?
      Je vous laisse méditer là dessus : envoyez vos réponses à la suite svp…

  5. @baba
    C’est quant même étonnant cette proportion a prés supposé que les lois économiques sont une impasse en ne pouvant pas donné un seul exemple qui viendrait invalider la loi.
    Ce n’est pas scientifique comme méthode.

    « Aucun accroissement de la masse monétaire »
    Cette remarque est en contradiction avec tout ce que on peut consulter ou voir dont le film de Paul Grignon dont je laisse à vos soins de démontrer l’erreur de raisonnement !
    Et vous m’expliquerez également comment faire de la croissance sans accroissement monétaire…qui en réalité le cœur du problème

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