Dans Ta Face : Populisme, extrême-droite de pacotille

C’est la question centraaaaale….

Parcourant quelques actualités, une (vieille) perle tombe du site du « Le Monde ».  Un réactionnaire suisse nous explique le cas Houellebecq. Alors résumons : Houellechose est d’extrème-droite parce qu’il remet en cause le gouvernement représentatif au profit de La Démocratie, au sens athénien. Notamment par un fort usage du référendum, d’initiative populaire cela va sans le dire.

La preuve : les politiciens d’extrème-droite veulent aussi faire des référendums. Donc WellWellWell est d’extrème-droite. Bravo mec.
Rien de nouveau à proprement parler, la conversion du Monde à la dictature des actionnaires a 20 ans au moins. Examinons un instant le ressort de cet article, dont un lien figure en bas de cet article.

Ressort argumentaire : Houellebecq veut des référendums, Le Pen veut des référendums DONC Houellebecq est d’extrême droite. Marine fait caca, je fais caca, donc je suis d’extrême-droite. On suppose comme allant de soit que le FN est d’extrême-droite.

Ressort sémiologique : L’extrême-droite en France est un concept mal défini, à géométrie variable. Son attrait : provoquer un sursaut de dégoût, de bloquer toute pensée. Les qualificatifs ‘populiste’, ‘fachiste’, ‘extrême-droite’ ne sont plus des mots, avec un sens dans le dictionnaire. Ce sont des déclencheurs d’indignation par le cerveau reptilien, des générateurs automatique de dégoût. Comme le rouge de la cape du toréador énerve le taureau qui va se faire avoir, ces mots énervent les électeurs.

Qu’est-ce que l’extrême droite ?

Commençons par « la droite » : A droite ceux qui veulent protéger les avantages et la propriété des riches, leur mainmise sur tous les aspects de la société, à gauche ceux qui veulent limiter la goinfrerie des dominants et donc sortir la majorité, la cariatide, bref le populo, de la chiourme où les dominants les exploitent comme de vulgaires esclavagistes qu’ils sont, fondamentalement. A droite ceux qui ne veulent pas la mort du Roi et vice versa.

On devient de droite quand on décide de faire travailler les autres pour un bénéfice personnel, en travaillant soit-même le moins possible.

On est de droite quand on investit. Placer son argent est, aujourd’hui, la signature d’un positionnement droitier. La richesse indue par l’héritage ou la magouille boursière, la spéculation, la corruption, utilisée comme moyen pour obtenir qu’un ‘autre’ travaille pour moi (paye un loyer par exemple) pendant que je bois des mojitos au bord de la piscine. Vous comprenez la différence entre la propriété d’usage, « j’achète une maison pour y habiter » et le propriété lucrative « j’achète un appartement pour attraper la moitié du fruit du travail du locataire », me faire une grosse marge et ne plus travailler.

A quel moment passe-t-on de la droite à l’extrême droite ? Quand la gauche commence à réussir et que la propriété privée lucrative est menacée. Et que le sang commence à couler. Pour cela, des mercenaires conscients ou ‘inconscients manipulés’, vont aller se fritter avec les forces de progrès.

Attention : le sang va couler, mais le riche a intérêt à se cacher : autant les fachos du Colonel Laroque en 1934 viennent au grand jour restaurer l’ordre contre la subversion – les fortunes contre les gauchistes du front populaire qui nait – en lançant un putsch stoppé au dernier moment, autant la diversion est choisie le plus souvent pour sa discrétion.

La semi-diversion : le sujet est traité, mais avec mauvaise foi, en comptant sur la bêtise du bas peuple, qui réfléchi dans l’ensemble avec son estomac. Exemple typique, c’est le journaliste suisse qui taxe Houellebecq d’extrémisme, journaliste qui est lui même la diversion de droite. Pour que rien ne change, ce qui est objectivement l’intérêt des nantis, l’anathème est lancé, peut importe son épaisseur intellectuelle, ce qui compte c’est la panique dans la conversation. Qu’on oublie vite l’idée de démocratie en lui collant vitevitevite un autocollant dégueu. Populiste, pédophile, nazi, pianiste : peut-importe, du moment que le populo flashe dessus et crie « beurk! ».

Et en l’occurrence, en remettant en cause le gouvernement représentatif des bourgeois, c’est Houellebecq qui est à gauche, le journaliste qui défend l’ordre établi est à « droite ». Pas « extrême-droite » : le sang n’a pas encore coulé.

La diversion : C’est le plus facile. Un attentat, une avancée des rebelles (malien) plus un riche menacé (Bolloré ou Areva) : et hop ! une guerre est lancée. Un mariage pour tous, un massacre dans un journal, c’est bien aussi. N’importe quoi pour ne pas toucher au magot des riches. Parler d’autre chose que de l’hégémonie des friqués et de leur dictature déguisée. Ne pas parler de démocratie !

La droite s’étend donc du PS inclus aux groupuscules conservateurs.

Techniquement les groupuscules identitaires ne sont pas « de droite ». Selon le contenu politique, ils pourraient même être classés à gauche. On voit bien là que le critère « droite/gauche » est déjà un fourre-tout idéologique. Un critère naturellement occulté est le caractère démocratique/autoritaire. Vous pouvez croiser ces quatre mots : gauche démocratique (absente du paysage), gauche autoritaire (toute la gauche du PS), droite autoritaire, droite démocratique. Cette dernière est une vue de l’esprit : le peuple n’accepterait jamais de bosser sans contrepartie pour les riches. Donc on le berce d’illusions : une dictature ‘douce’, mais tous les traits d’une dictature. Aucun pouvoir réel des électeurs car ceux-ci confondent vote et démocratie. La droite démagogique, PS inclus, se fait passer pour démocratique, alors qu’elle n’est qu’une droite « pas autoritaire ».

Le PS, qui défend le système des riches par sa politique libérale, est donc simplement pour cette raison un parti de droite.

L’extrême-droite, tapie dans l’ombre…

Ce qui amène à penser qu’il n’y aurait pas en France de parti d’extrême-droite. Techniquement, la droite ne fait pas couler le sang des pauvres pour protéger les riches.  Enfin, en général…

Mais quand même : les incidents de Notre-Dame des Landes ou du barrage de Sivens sont, eux, exactement dans la définition de l’action extrême-droitière. Par l’intermédiaire de la police, Ayrault puis Valls vont faire couler le sang pour protéger les intérêts de Bouygues, Eiffage, Vinci. C’est ça l’extrême droite : bâtons, couteaux, ou flingues pour défendre la grosse galette ! D’ailleurs, on ne dit pas « la grosse galette », on dit « l’ordre »

Objectivement, une ratonnade, un groupe de costauds qui va casser la gueule à des bronzés, n’est pas a-priori un acte d’extrême-droite. Au contraire, abimer la main d’œuvre bon marché serait plutôt de l’ordre du sabotage gauchiste. Hé oui ! Mais quand la réaction à cette action est juste un facteur de diversion pour le populo à bonne conscience qui confond les droits de l’homme et la lutte des classes, alors cette ratonnade s’insert peut-être dans un plan plus général de protection des fortunes en créant des troubles justifiant le flicage de la société. Avant de qualifier un acte violent à gauche ou à droite, il faut connaître les résultats à long terme.

Long terme : nom commun, expression totalement éradiquée par l’enthousiasme de l’internaute à recevoir une information le plus vite possible. Le citoyen drogué à la chaîne continue d’information se berce de l’illusion de l’information, indissociable de la « culture » et de la « réflexion », beaucoup trop gauchisants.

Droite extrême ou pas

Dans une période « calme », quand les esclaves vont gentiment trimer et se faire tondre, l’extrême ne se manifeste pas. L’extrême est latent, comme le racisme ou l’anti-sémitisme. L’extrême n’est pas une politique, mais un ‘dernier recours’, une menace commode.

C’est bien une erreur que de faire le parallèle entre l’extrême droite et le nazisme, alors que c’est parfaitement adapté avec Pinochet. Pinochet est l’envoyé des riches pour tuer la gauche et restaurer la toute puissance des propriétaires. Les multinationales et les bourgeois (les possédants lucratifs), par l’intermédiaire du gouvernement des USA, ont envoyé  Pinochet rétablir l’ordre des riches par la violence.
Dans le cas du nazisme, issu de l’humiliation nationale par la France de l’Allemagne vaincue en 1918, ce sont les riches qui ont couru après le nazisme et pas le contraire. En finançant les nazis, les riches ont donné le caractère « extrème-droite » à ce qui n’était alors qu’un nationalisme violent, à gauche au sens strict. Les riches européens (inclus les Renault, Peugeot, Michelin, Schneider, De Margerie ex-Roderer, bref, le bizness) ont choisi Hitler contre le communisme. C’est un peu osé, mais on pourrait dire que c’est le Medef européen de l’époque, qui a donné son caractère d’extrême-droite à ce qui n’était qu’une dictature nationaliste violente. Et ne doutez pas que Marine saurait s’adapter !

Cessons de confondre « nationalisme violent » et extrême-droite. L’extrême droite est la violence physique au service d’une politique de préservation des privilèges des riches.

PS et UMP d’extrême-droite ? Pas dans les faits actuels, car la violence n’est pas nécessaire. L’abrutissement des masses fonctionne très bien. Mais les sursauts de résistance populaire aux OGM, aux chantiers inutiles sont l’occasion de comportements répondant à cette appellation.

Le FN, parti d’extrême-droite ? La seule différence, je dis bien la seule, entre UMP et FN, est que l’UMP défend les intérêts des gros riches et de leur système international, quand le FN veux exactement le même chose pour les petits riches locaux. Quand à son caractère raciste, il n’a rien à voir avec notre sujet. Attendons de voir qui réprime les idées de gauche par la violence pour dire qui est d’extrême-droite.

La seule chose que l’on peut dire, c’est que le FN a un discours violent, violence qui pourrait être le signe de l’extrême plus latent dans ce parti qu’ailleurs. Mais rien au fond ne différencie Coppé, Estrosi, Mariton ou Valls de Marine. L’histoire récente montre UMP-PS ayant recours à la répression physique de la contestation de gauche avec les même justifications. Objectivement, Marine n’a pas eu l’occasion de le faire. Qu’elle en meure d’envie reste une conjecture.

Le racisme peut-être éventuellement associé à l’extrême-droite, dans le sens où c’est une construction servant à justifier l’esclavage. Lequel esclavage a profité aux riches : la main d’œuvre gratuite qui par ailleurs met la pression sur tous les salaires, ne concerne que les riches dominants colonialistes. Le racisme est donc un doctrine politique de droite, extrême en ce qu’elle est violente. Les manifestations racistes quotidiennes sont d’un tout autre ordre, et le plus souvent n’ont pas de caractère politique, le mâle européen est con et violent, au fond.

Certains d’entre nous ne possèdent pas le bagage historique, le langage, pour s’exprimer en toute circonstance. C’est la vie ! Ce qui est plus discutable, c’est la propension des riches à entretenir et utiliser ce fait pour manipuler les esprits. Résistons ! Remettons les mots à l’endroit.

Article en référence : http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/05/20/michel-houellebecq-et-la-democratie-directe_4422199_3232.html

 

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