Dans Ta Face : Salaire 3/5 Des Traitres

Salaires : avant tout une affaire de traitres

Que les patrons veuillent réduire les salaires, c’est dans leur nature. On peut souhaiter les contrarier, mais on ne reproche pas au lion de vouloir manger Bambi.

En revanche, les syndicats qui signent les réductions de fait de vos salaires, les partis dit « de gauche » qui organisent ces réductions devraient vous mettre en colère.

La CFDT, le syndicat qui signe tout, et qui entérine le libre-échange, la compétitivité et les délocalisations en organisant la modération salariale, ou le report de l’âge de la retraite est le meilleur soutient du capitalisme. Le tout au nom de l’emploi…qui ne vient pas. Ce n’est pas pour rien que le MEDEF distribue des valises de biftons, via l’UIMM aux syndicats. Quand on est bien élevé, on dit « merci ». Ils sont bien élevés.

La CGT s’oppose aux baisses de charges, et leur compensation par l’Etat. Mais sans continuer le raisonnement : la baisse des charges et sa compensation par l’état entérine le capitalisme comme unique moyen de motiver l’activité. Même si l’état colle de timides impôts sur le capital (qu’est-ce qu’on se marre) , ce n’est qu’une façon d’en reconnaître la légitimité. C’est en effet après avoir reconnu la légitimité de ses marges en baissant les charges pour les préserver, qu’il singe une compensation qui va traiter indifféremment l’artisan et la multi-nationale. En fait, c’est l’artisan qui morfle : son siège social est rarement au Luxembourg ou en Irlande. La CGT fait la moitié du chemin.

Aucun Syndicat ne remet en cause le transfert des cotisations vers la CSG : pour la même raison que la CSG est une baisse directe du salaire net, un impôt à la source qui se substitue à une cotisation qui ouvre droits à des prestations…qui disparaissent donc faute de financement, on s’esbaudit sur le fait que la CSG s’applique à tous les revenus, donc aux revenus du capital. Sauf que les revenus du capital sont répartis  aussi entre de petits bénéficiaires, le plus souvent forcés de compenser des retraites à la ramasse, petits bénéficiaires qui vont morfler plein pot, alors que les gros actionnaires, par le jeux des holdings vont récupérer le cash net de CSG à un guichet luxembourgeois, hollandais, ou dans un paradis fiscal quelconque.

Bref, la CGT devrait s’acheter un cerveau, la CFDT s’affilier franchement au MEDEF. Et le PS migrer en Antarctique.

Les partis ouvertement de droite ne méritent aucune critique : ils sont cohérents dans la défense des riches. Le FN, soutient de la petite bourgeoisie possédante, continuation du poujadisme anti-état, donc anti-nation soit dit en passant, n’ira jamais contrarier son noyau dur et peut bien agiter des promesses à des ouvriers abandonnés par le PS. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Le PS : la nouvelle droite complexée n’a de cesse d’encenser l’Union Européenne et de coller à son diktat. Il est le bras armé des patrons, sans vergogne ni dignité. Il continue avec une efficacité saluée par le MEDEF l’œuvre de Sarko, l’homme des chômeurs feignants, des heures sup défiscalisées, du travailler plus pour plus de chômeur et du culte des créateurs de dividendes, pardon, de richesse. On n’a pas fini d’accepter des mesures exactement contre-productives en emploi, comme la baisse de 50 Md€ des dépenses de l’état, seul soutient de l’activité aujourd’hui. Le culte de la compétitivité, donc de la libre circulation des capitaux est l’alpha et l’oméga de la pensée du PS. En son nom, tout les reniements du socialisme originel sont menés au pas de charge : UE et Euro über alles ! Ich liebe dich Angela.

Bref, grâce à ces traîtres, le Capitalisme se voit ouvrir un boulevard tapissé de roses, avec au final moins de salaires, des salaires réduits au profit des prêteurs obligés de l’Etat, sans cesse cajolés, respectés, payés contre rien de rien. Plus d’argent pour les dividendes, moins d’argent pour la santé et les retraites, et ces dividendes sont prêtés à la sécu et à l’état pour plus d’intérêt d’emprunt. Un cercle vicieux pour nous, un cercle vertueux pour les riches.

Putain, on vit une époque formidable !

 

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