Aux chiottes le pouvoir d’achat !

Je hais le pouvoir d’achat.

Voila bien une expression putassière. Cherchons pourquoi.

Sémiologie de comptoir

Le pouvoir d’acheter est le seul concept politique qui intéresse nos gouvernants et leurs donneurs d’ordres.

Vous voulez survivre ? Allez, soyons fous, vivre ? Vous recherchez donc du « pouvoir de vivre » ! Parce que vivre ne consiste pas à acheter « seulement ».
Par exemple, nous pourrions souhaiter du « pouvoir de rien foutre« . Du temps soustrait à la voracité du patron, ou bien pire, des actionnaires.

Enfin bref, on nous prend pour de la viande à caisse enregistreuse.

Manipulation de comptoir

Mal dans votre peau ? Vous supportez mal votre boulot de merde sous-payé ? Un petit tour dans une galerie commerciale, et bim ! remonté à bloc, moral au plus haut, et une furieuse envie de gagner plus…

Quand on vous dit « du pouvoir d’achat« , pour que vous puissiez aller vous éclater à la caisse (WOW !), c’est surtout pour ne pas prononcer le mot devenu tabou : « salaire« .

Non, on ne vous baisse pas votre salaire, on vous augmente votre pouvoir d’achat. Au lieu de « baisser », on « augmente », trop love !

Socio-économie de comptoir

Au sens strict : Étant donné une rémunération, je peux augmenter votre « pouvoir d’achat », soit en augmentant cette rémunération, soit en faisant baisser les prix de ce que vous achetez avec ce bon gros pognon.

Jusque là, « pouvoir d’achat » est un outil de langage neutre. Objectivement, si j’augmente votre salaire, j’augmente votre pouvoir d’achat.

Au contraire, si je dis « j’augmente votre pouvoir d’achat », je ne dis surtout pas « j’augmente votre salaire », car sinon je l’aurai dit direct.

Donc ça pue l’embrouille.

Analyse politique de con

Donc, si on nous parle sans cesse d’augmentation du « pouvoir d’achat », soit 15 lettres, plutôt que augmentation des salaires (8 lettres), ce n’est pas par hasard.
Notez que le pouvoir d’achat est une expression impersonnelle, in-mesurable. C’est un concept. Le pouvoir, c’est un concept abstrait tant qu’on ne l’utilise pas. Et celui-ci se mesure aux résultats de son usage.
Alors que le salaire, c’est très concret. En bas à gauche de la fiche de paye.
Sans compter que nous sommes plusieurs à ne pas considérer avec un grand intérêt, ce fameux « pouvoir » d’acheter des merdes. Je veux assez d’argent pour vivre, mais ne vous occupez donc pas de mes achats !

Regardons un peu plus loin. Depuis la nuit des temps, une petite classe de « possédants des outils de travail », utilise la force de travail de ceux qui ne sont bon qu’à ça. Nous.
Et bien évidement, les pouvoirs qui établissent cet « ordre » des choses collaborent à la recherche des meilleurs prix sur ce travail.

Je me marre quand j’entends Castaner dire qu’il veut rétablir l’ordre ! Seulement l’ordre dans la rue ?

En bref, baisser les salaires est le but final de la lutte des actionnaires. L’obsession.

Il existe pour cela plein de méthodes, utilisées généralement conjointement. Je vous renvoi, les courageux, au livre de Boltanski/Chiapello « le nouvel esprit du capitalisme », paru en 99.

La méthode qui nous intéresse passe par l’arnaque du « pouvoir d’achat ». Déjà, on a sorti « augmentation des salaires » de la conversation.

Reprenons les règles de base du suceur de CAC40 :
  1. Ne jamais augmenter les salaires
  2. Baisser les salaires
  3.  si 2) foire, revenir à 1)

Traduit en langage de riche :

  1. Ne jamais se gaver moins
  2. Se gaver plus
  3. Si 2) foire, revenir à 1)

Comment faire :

  1. Évitons de parler de salaires, afin d’éviter de les augmenter un soir de cuite à la suite d’un pari stupide. C’est ça ! N’en parlons jamais plus ! Comment parler de l’innommable ?
  2. Baissons les salaires par le côté que ces abrutis de salariés sont incapables de voir : si on baisse les « charges » sociales patronales, ces idiots ne voient pas qu’on leur baisse leur salaire. Ils n’ont pas compris que le salaire dans sa totalité, c’est la totalité de ce qui sort de la poche du patron : mon salaire direct, comme son nom l’indique, le « net », et le reste : mon salaire indirect, que je touche quand j’ai un soucis de santé, ma retraite, mes indem maladie, maternité etc.
  3. Passons d’une confrontation sur les salaires, travailleurs face aux employeurs, à une confrontation sur le pouvoir d’achat, les travailleurs contre les travailleurs. Trop cool !
  4. etc…
Alors comment améliorer le pouvoir d’achat, autrement dit :
Comment contenter les gueux, sans que cela nous coûte un centime ?

Se rappelant que les gueux sont les seuls producteurs de richesse, à moins que vous ne comptiez le gros avec un fouet comme un élément « moteur » de la galère, il suffirait d’acheter moins cher aux producteurs, on pourrait alors revendre aux gueux les marchandises moins cher.
Enfin, au nom du pouvoir d’achat, on pourra répercuter 50% de la baisse du coût d’achat aux clients. Et distribuer les 50 autres % aux actionnaires. Contenter le peuple et les actionnaires d’un seul coup.. le rêve.

Enfin, si vous n’avez pas encore vu l’embrouille, la voici. Les gueux et les clients, ce sont les mêmes ! Vous allez donc payer avec votre travail une augmentation de pouvoir d’achat dont vous ne verrez que la moitié (dans l’exemple que j’ai choisi).

Voila un exemple des contradictions des points de vue « micro »-économique (votre économie personnelle, ce que me fait à moi, telle ou telle disposition), et la « macro »-économie, l’effet global mesuré sur le groupe, qui s’exprime par des statistiques sur le pays tout entier.

Objectivement, si vous n’êtes pas fournisseur de Carrefour, vous allez avoir un petit mieux, mais alors vraiment, faut pas être producteur de lait, de viande… Pour l’écran plasma, ce sont les esclaves asiatiques qui sont concernés, pour notre plus grand bonheur !

Globalement, le pouvoir d’achat a augmenté, dans l’exemple que j’ai choisi les clients ont gagné autant que les actionnaires. Sauf qu’on est 67 000 000 à se partager la baisse, et 30 000 actionnaires se partagent la même somme. Et globalement le rendement du travail est plus faible pour les travailleurs et le bénef supérieur pour les rentiers. Un petit morceau de création de valeur est raptée par les actionnaires. Comme d’hab’.

Ces jours-ci, le gouvernement a admis (ça n’engage à rien) que le prix du lait à la production devait au moins excéder le coût de production, donc imposer un prix d’achat minimum aux centrales des chaînes de distribution. Juste du blabla, mais Carrefour a aussitôt prévenu que les prix augmenteraient direct en rayon.

Personne ne va retenir ça, sauf l’actionnaire qui va être rassuré que Mr Bernard Arnault aura la bonté de préserver les dividendes.
Mr Arnault pourra même déclarer : « Conscient de notre devoir vis à vis de la nation qui nous nourris à rien foutre, nous sommes heureux de permettre aux français qui ne sont pas nos fournisseurs de recevoir le même avantage économique que nos actionnaires. Nos fournisseurs, eux, vont tout casquer, car 1), 2) et 3). »

On a jamais vu une augmentation de pouvoir d’achat s’assortir d’une distribution de vaseline, et c’est ça le problème.

Gilets Jaunes – Les Mages

*note : plus les jours passent, plus cet article est périmé. Ecrites le 18/11, les parties rayées ont été réglées par le groupe*

J’me disais comme ça…

Vite fait sur l’exercice en cours  blocages routiers :

Je serais partisan de ne pratiquer que le Week-end les ralentissements. Et même en veillant à éviter toute attitude susceptible de provoquer une animosité des conducteurs : cris, danser autour de voitures en mouvement, intrusion physique dans l’habitacle, injonctions comminatoires, sous-tendant un chantage au blocage. « Le gilet si vous voulez passer ! ». L’air de rien, faut vachement de self-contrôle. Nous ne sommes pas également doués. Que ceux qui savent encadrent les frétillants (on dit aussi « excités comme des chihuahuas cocaïnomanes »). Que ceux qui nous rejoignent, aient droit à un petit briefing sur le choix de nos pratiques et qu’ils acceptent le tutorat du ‘vieux’.
Quelqu’un dans le groupe pourrait-il (elle) écrire un petit topo sur ces pratiques, un petit groupe constitué par affinités ? Et pourquoi pas au moins deux groupes, qui font écriture à part pour un bon premier jet. Ensuite on regarde tous sur la page du groupe les propositions. Pour moi ça doit faire 20 lignes grand maxi. C’est vous qui voyez.

J’avais pensé à « Rien d’illégal, Rien de dangereux, Rien qui nous fasse détester ».

Crier sur les gens qui passent en tirant la gueule nous fait détester des passagers et de tous leurs amis. C’est ballot.

Bref. Manif le WE uniquement. La simple présence au bord de la route des gilets, dans le temps, va accroitre la possibilité d’identification des passants au problème évoqué. Pourrait-on larguer au plus vite le sujet précis des taxes carburant ?

Il faut sauter aussitôt sur un des nombreux sujets qui nous habitent tous : salaires compressés, retraites merdiques etc…. et, c’est une opinion très personnelle, je ne veux parler d’aucun des sujets, dès lors qu’il devient un poncif de JT de 20h. Donc rien sur trump, sur poutine (ah flûte ! on dirait que j’ai pas mis de majuscules.), sur les migrants, l’insécurité et autre gniagniagni…..Avec un message simple par semaine. Pour chaque semaine, on distribue un petit message quart-de-page, avec le sourire, à chaque automobiliste qui baisse sa vitre. « Le mot de la semaine aux Mages ! ». Concours hebdomadaire d’idées.

Deuxièmement, on ne vas pas faire notre vie sur des rond-points, même si on y fait de chouettes rencontres.

** brékingue niouse** Mr le Premier ministre nous a fait ce soir dimanche un magnifique bras d’honneur avec majeur pointé intégré. Oublions le. Ne comptons pas sur la clique.**Fin du glaviot gouvernemental**

J’ai un plan. Avec des idées simples au départ. En l’absence d’espoir que les banques nous lâchent la mensualité, nous devons trouver une « puissance d’agir » ailleurs. Pourquoi pas NOUS ? Qu’est-ce que « NOUS » ? Aujourd’hui, que dalle.

Présentation télégraphique du plan :

Pourquoi le plan : pour faire découvrir de visu à chacun le NOMBRE de gens qui se sentent concernés.

Comment : Aucun coût achat, gasoil, rien. Aucun temps : pas de permanence à assurer, voir des cafés à préparer à 7h du matin. Se pratique individuellement, au moment qui convient.

Donc : on met le gilet jaune, dès lors qu’on rentre quelque part pour faire un achat. Au supermarché ou en boutique, on a le gilet. On ne dit rien de spécial. On se compte. Si cela ouvre des conversations, formidable ! mais on ne force pas le destin. Observe autour de toi le nombre grandissant de gilets jaunes qui poussent des caddies !

Et pis on a du bol, aucun parti n’a encore récupéré le jaune : rouge coco, nuance de bleu à droite, couleur vomi de pizza pour le modem, de potée auvergnate pour nos écolos en plastique.

Dès lors, en poussant le caddie, vous verrez le nombre de ceux qui, pour des motivations diverses, sont d’accord sur la nécessité de changer les règles du pouvoir.

Il importe de faire savoir quel signal nous souhaitons envoyer : baisser les taxes, franchement j’ai pas que ça à faire. Et ceux qui sont dans merde et qui n’ont pas de voiture, ils ne jouent pas ? Qu’avons nous en commun : l’envie de réécrire les règles du pouvoir. Toutes ces salopes de conséquences qui nous font souffrir, nous devons les faire cesser à la source.

Pas obtenir du « pouvoir d’achat », Non, du « pouvoir » tout court.

Et là on leur remet bien profond d’où ils viennent, leur 244 000 GJ.

Idée de suite pour procéder :

1) Se compter => c’est prendre conscience de sa puissance d’agir. Il devient « envisageable » d’agir. Ouf ! Progrès !

2) Connaître l’adversaire, c’est bien le minimum. Se cultiver sur l’histoire des rapports de forces sociaux : pas seulement les guerres. Guillemin est top !

« Qui mange qui et comment », histoire de France de la Révolution 1789 à aujourd’hui, rien ne change à part la couverture 4G. Vous pourrez dès lors diriger votre attention sur de vrais filons, plutôt que sur des contre-feux  (le foulard, la prière de rue, le burkini, ou un sujet un peu faible, sur lequel on reculera, c’est juste pour passer discrétos une grosse saloperie, mais plus sous les nuages.)

C’est l’occasion aussi de mettre de l’énergie à PENSER ce que nous souhaitons voir avenir, plutôt que de perdre du temps à chougner sur les gros méchants qui font les choses que font les méchants pas beaux.

3) Projeter donc le plus précisément possible ce que nous voulons à la place de ce que nous espérons balayer. Y’a du boulot, mais vous n’avez pas le choix, je le crains. Je pèse la difficulté de cette étape, croyez-moi, mais n’hésitez pas à proposer mieux, si vous avez…

4) Partager les propositions, La procédure est un peu complexe, pour allier « censure sans censeur » et liberté de propositions. J’ai écrit un machin là-dessus.

5) Nous parvenons ainsi à une situation très originale : une majorité se sent suffisamment la confiance pour porter un référendum proposant, disons, une vingtaine de propositions bien structurées. Ben là, c’est fait.

Je ne démordrais pas que « savoir » écarter une douleur, mène à le faire. Et là, « Savoir », c’est une transposition de « Avoir la confiance pour faire ». Le fait de s’être compté est un préalable. L’individu composant la multitude ne peut projeter la puissance de cette multitude que si l’individu ET la multitude on pris conscience de leur propre existence. Le mouvement qui s’amorce ensuite, est déclenché par le groupe, sans que chaque particule de cette multitude ait à en porter seule le poids.

Bon, c’est vrai aussi que le groupe rend chacun con comme un groupe. Aïe.

J’en garde pour plus tard. Je vous en prie, visitez mon modeste site : par exemple, en haut à droite, dans le menu Vidéos, il y a un programme, en gros ordonné dans l’ordre que je conseillerai, mais comme vous êtes grands, vous allez bien vous débrouiller.

Sachez aussi que j’apprécie les critiques, pour être plus précis, plus opportun, voir plus juste.

A plus

baba

Les Gilets Jaunes. Sympa, mais confus

(publié sur la page gilets jaunes Alès)
Bonjour…

Je vais venir, mais la participation à ces rassemblements ne doit pas, à mon sens, se limiter à l’augmentation du carburant.

Alors que dans le même temps plus de 4 milliards d’euros sont donnés à des rentiers qui ne produisent rien, plus de 20 milliards aux rentiers des multi-nationales avec le CICE, ce qui permettrait d’avoir des transports collectifs GRATUITS dans toute la France, et des rénovations ferroviaires pour des trains qui nous permettraient de nous passer de bagnoles et de camions, cette augmentation n’est que la conséquence d’un système :

1) priorité aux rentiers qui se gavent sans rien faire du travail réel des pigeons que nous sommes,

2) Destruction des services publics afin de permettre aux susdits rentiers de se gaver plus dans encore plus de domaines économiques

3) Maintient des croyances « religieuses » dans la légitimité des racketteurs financiers, des « bienfaits » de l’euro et de l’U.E.

4) Et enfin de notre acceptation de l’usage du mot « démocratie » quand il ne s’agit que d’un gouvernement représentatif félon.

Dans une démocratie (pitié ! pas « démocratie participative » qui n’est qu’un oxymore visant à nous faire croire que le régime totalitaire des financiers et des propriétaires des outils de travail est une démocratie), le peuple propose les lois, s’engueule entre lui et lui pour les mettre aux points et les voter, ensuite les représentants, mais surtout le gouvernement, ne sont que nos employés qui doivent travailler à les mettre en œuvre.
Un gouvernement démocratique n’a pas d’opinion, pas de politique. Il n’est que l’exécuteur des volontés du peuple.

En dehors des décisions de bon sens, parfois exigées par des circonstances fortuites, aucune activité du système politique actuel n’est à mon sens légitime.

Bien sûr mes propres opinions ne valent que si j’arrive à les exprimer clairement et que vous les approuvez, et je pourrais me rendre aux vôtres, à condition que des débats avec vous me convainquent, et/ou bien, que dans le cadre d’une consultation de type référendum, que d’autre idées gagnent une majorité.

Dans une démocratie, le peuple fait les lois, le reste n’est qu’une intendance.
Dans une démocratie, nous le peuple votons tous les mois sur tous les sujets. C’est sûr que soumis au chantage de l’emploi qui permet d’enrichir des sociopathes (voir la définition de ce terme : qui ignore les avis, les interactions avec le corps social pour ne intéresser qu’à ses envies égoïstes), nous sommes trop occupés et fatigués en rentrant le soir.

Pour sûr, avoir le temps de se former à la politique (la vie de la cité), le temps de débattre, puis de voter, n’est pas envisageable après 8h de turbin. N’est-ce pas là la cause, alors que cette histoire de carburant n’est qu’une conséquence ?

Rappel : plus de 30% du PIB est donné au rentier, soit près de 800 000 000 000 d’€ par, en échange de rien, juste en s’appuyant sur la croyance « religieuse » que cela est indispensable à « l’investissement ». Sans parler du pognon des niches fiscales, des fraudes diverses (cotisations sociales, impôts et taxes diverses) auquel notre troupeau de traitres, élus par les milliardaires qui possèdent les médias manifestent un complicité qui ne nous pose pas questions.

Exemple : comment laissons nous la fraude se transporter dans les paradis fiscaux, alors que ceci peut-être stoppé en deux jours ? Juste une bonne claque dans le museau des dirigeants et actionnaires des établissements financiers…

Dites vous bien que nous produisons LARGEMENT de quoi nourrir/loger/habiller/transporter/soigner/éduquer tout le monde. Sans passer par le crédit, l’emprunt ou autres privilèges d’une classe sociale dominatrice mais néanmoins minuscule.

Oups ! j’ai employé le mot « classe sociale ». Horreur !

AU 18ieme siècle, les serfs sont des esclaves soumis au seigneurs. Il ne leur est laissé que de quoi survivre.

Aujourd’hui nous sommes salariés d’actionnaires. 230 ans que rien ne change, sinon l’emballage du concept. Il y avait l’église pour promettre le bonheur APRES une vie de merde, il y a maintenant les médias des riches pour accepter la même vie de merde, sans qu’il soit même nécessaire de promettre une mort heureuse… Quelle différence, du moment que tu vas au turf sans protester ?

Allez voir : La carte des propriétaires des médias

Putain de réseaux ! Putain de projets !

J’en ai été avant que cela soit à la mode, tellement j’étais rentable comme ingénieur informaticien. A l’époque (les années 80 jusqu’en 2000 environ), la denrée était rare et plutôt bien rémunérée.

Ce n’est plus suffisant, depuis.

Maintenant, on a plus un emploi. On est dans une micro-structure sous-traitante, ou mieux encore, auto-entrepreneur. Bizness to bizness, pas de droit du travail ! Que des contrats de sous-traitance précaires pour la durée du projet.

La fine fleur bac+5 de nos grandezécoles va s’emputasser chez des sous-traitants de sous-traitants pour être embauchés sur des projets de un à quelques mois le plus souvent, 2 ans étant un horizon vertigineux.

Mais pour survivre dans ce monde, il faut avoir un réseau.

Un réseau est le fruit d’un patient travail de péripapéticien(ne), en plus des heures de travail visibles, qui vous amène à mieux considérer un contact éloigné, pote d’un pote, qui va vous brancher sur le projet suivant, que votre voisin de bureau. Vous pouvez même lui chier sur la tête, c’est conseillé pour qu’il ne vous prenne pas le prochain job.

On vous aime pour votre capacité à avoir un réseau.

Sans compter que le réseau ne supporte pas l’éthique, les scrupules. Vous devez être toujours enthousiasmé par des projets conçus pour et par des capitalistes dominants, et c’est même vous qui devez constituer l’équipe via votre réseau.

Maintenant vous devez être votre propre commercial, vous vendre éternellement à tous, afin de toujours en être.

Plus besoin d’être un bon ouvrier, il suffit d’avoir un bon réseau.

Autant vous dire que les grandes gueules dans mon genre sont à la retraite très tôt, vers 45 ans. Le chômage structurel organisé à cette fin permet de faire passer ce concept gerbant de « lettre de motivation » pour chasseur de tête.

« Chère Madame, cher Monsieur,

Très tôt déjà, environ en CM2, je rêvais de faire des logiciels de gestion de cycle de vie pour pièces détachées d’avion, en open-space, à 400km de chez moi, sur un système de développement bugué, selon des spécifications fantaisistes faites par des cadres incompétents, cocaïnés, mais qui ont un meilleur réseau que moi.

C’est à ce moment là que j’ai complètement renoncé à gagner ma vie pour ne pas mourir de froid sur un trottoir ou sous un pont, à vivre une vie en dehors du boulot, avec femme enfants, amis et voisins, avant une retraite roborative.

En effet, je considère que ma famille est désormais constitué par mon réseau professionnel que je dépose à vos pieds, en même temps que ma vie privée.

Mon désir d’enrichir vos actionnaires 80h par semaine, dont la moitié en dehors des heures de travail, de réaliser votre projet, est dur comme un zguègue de hardeur devant une gagneuse de télé-réalité.

Ce désir me fait complètement oublier que vous êtes un abruti exploiteur, totalement inutile à la production de valeur de l’entreprise, juste bon a exercer son pouvoir sadique sur des candidats à l’emploi qui chient dans leur froc sur le tabouret en face de votre bureau.

J’ai déjà commencé à apprendre par cœur les expressions absconses pondues par votre pipotron maison et je suce un concombre tous les matins.

Alors, je l’ai, le job ?

Cordialement,

Ton esclave pour la vie avant la mort. »

Rhaaaaaa, ça fait du bien !

Très affectés

Après six mois de recul, en gros commencé avec la campagne présidentielle, je reprend le clavier.

Comme prévu, les échéances ont été organisées par les médias sous le signe de l’affect. En l’occurrence les affects choisis par le MEDEF et le CAC40.

Cela dit, eûssions nous vécu cette campagne sans ces influences, n’eûssions nous pas pour autant échappé aux affects. Vous vous fûtes alors affecté entre vous, mais cela change tout.

Je m’explique. Je pars du postulat, clairement démontré depuis la deuxième moitié du 17ieme (« siècle », pas « arrondissement »), que le moindre « acte » que nous commettons est déclenché par un affect. Quand bien même invoquons nous la raison, que nous tentons pitoyablement d’opposer aux affects – ou parfois je dis le pathos– que nous ne voulons pas voir, cette raison n’est qu’un supplément, un ingrédient, de cet affect. Un affect raisonnable nous mènera plus sûrement à un acte « adéquat ». Pas d’affect, pas d’action,  donc uniquement en état de coma ou de sommeil profond.

Je vais prendre un exemple qui me concerne, pour ne froisser personne : quand Finkielkraut s’est fait jeter de Nuit Debout au cris de « Facho Enculé ! », cela m’a affecté : d’abord parce que le gang Antifa à l’œuvre représente pour moi le niveau zéro de la politique, version bas de plafond violent, ensuite parce que la mise hors micro du philosophe de mes deux eût été suffisante. C’est physique, je prend automatiquement et donc sans discernement, le parti du lynché. Affect-crétin:1 – Moi:0.

J’ai donc pondu un article pour m’insurger contre la méthode. J’eûsse pu n’en rien faire. D’autant plus que chez les bas du fa, une telle réaction s’apparente à un soutient, donc de là à confirmer ma classification de « fachiste » chez ces primates…

Bref, mon propre pathos m’a trahi. J’ai piteusement justifié mon erreur en en écrivant une vaine suite.

J’ai observé illico un discours très vif de Frédéric Lordon justifiant ces évictions, au nom d’un nécessaire cordon sanitaire autour de la (bonne) cause. Affecté, lui aussi, mais dans l’autre sens.

Voila. Résumons. Je peux pas sacquer ce philosophe de mes trois qu’est Finkie, tout comme ces autres néo-philosophes, porte paroles du néo-libéralisme conquérant, maîtres à penser de droite, de droite et de droite.

Mais j’ai été affecté, à mon grand dam, par une vidéo minuscule qui m’aura bouffé du temps pour rien de rien, et une fois de plus fait dire des bêtises.

Revenons à cette élection.

La présidentielle, c’est la quinquennale de l’affect : que je te promet, que je te vaseline, et à la fin, c’est le proctologue qui se frotte les gants.

J’y ai cru, pauvre âne, à la lutte contre l’ennemi sans visage de l’autre gros !

Alors, je me suis abstenu, ce coup-ci. Mélenchon sans illusion au premier tour, et dodo au deuxième. Sinon j’aurai voté Marine juste par esprit de contradiction, j’aime pas me faire manipuler (dit-il après sa brillante anecdote !).

Et vous ?

P.S. On gagne des points supplémentaires avec l’imparfait du subjonctif. Encore eû-t-il fallu que vous le sachiasse.

Cohn-Bendit et Macron nous apprennent le caniveau.

J’apprends que Cohn-Bendit va voter Macron pour faire barrage à Le Pen. Quelle rigolade !

Cohn-Bendit nous apprend le caniveau.

Regardons les faits : Plus de 50% des français ne sont fans ni de Macron, ni de Le Pen. Largement. On nous habitue à des chiffres corrigés, mais les données bruts des sondeurs donnent 16 à 18% au FN, pas 25%, pas 41%.

Bref, je vous rappelle le principe du suffrage majoritaire à deux tours, grande idée totalitaire.

  1. Les candidats doivent être dans le système, il faut être adoubé par au moins 500 élites politiques. Vous, vous la fermez, on vous demande pas votre avis.
  2. Le premier tour écrème deux candidats : en fait, ce sont les médias qui le font, et ils sont possédés par des banquiers ou des multi-nationales (BTP, armement, eau ).
  3. On entretient un repoussoir, pour donner une illusion de choix au deuxième tour : nous avons donc un clone LR ou PS, totalement interchangeable, et un monstre politique, le FN.

Revenons à Dany le rouge. Non, le rose. Non, le bleu.

Dany nous rappelle notre ‘devoir’ : repousser le FN. C’est ce qu’il dit. Mais ce qu’il pense, c’est « Respectez les choix des grandes personnes, votez LR-PS ». Macron n’est qu’une variante pour donner le change. Le FN est méchant, Mélenchon irréaliste. C’est simple pour Dany !

Une troisième voie existe, mais elle est inadmissible pour cet homme du système : Voter blanc pour dire « Allez tous vous faire foutre ! ».

J’attends le commentaire qui va dire, « voter blanc ne sert à rien ».

Donc autant rester à la maison : les commentateurs expliqueront aux moutons que les abstentionnistes ne intéressent pas à la politique et vont à la pêche.

Je ne veux pas être confondu avec les pêcheurs à la ligne ou avec les auditeurs de Fun Radio ou de Cyril Hanouna !

Le vote blanc, c’est « Vas te faire foutre Dany ! » et un moyen de nous compter ! C’est insuffisant, certes, mais en attendant la grève générale, c’est ce qui nous reste.

Le vote blanc indique sans ambiguïté qu’aucun candidat ne semble satisfaisant. L’abstention c’est le fait des incultes politiques non motivés, qui font bien de ne pas voter, ou des révolutionnaires en chambre qui se persuadent que ne rien faire est un « acte » contestataire. Bref, ils boudent.

Votez blanc et réfléchissez à la prochaine grève générale.

Fillon en enfer : la RDDM est son purgatoire

Ca y est ! 65 millions de français connaissent l’existence de « La Revue des Deux mondes« . Ou RDDM pour faire court.

Bien peu iront voir ce qu’est cette très confidentielle revue. Entre bimestrielle et 10 numéros par an, elle affichait des numéros qui ressemblent par la maquette et la typo, aux produits de Gallimard les plus austères.

Je vous en dis quelques mots, en vous précisant que mes informations ne sont pas fraîches : en gros 15 ans et plus. Les noms ont changé. Je vous donne mes sources : j’ai grandi chez un ultra-catholique, collaborateur à Combat, Minute, La Revue des deux Mondes,  et à « La Table Ronde » (éditeur racheté depuis par Gallimard). Il a été acteur de la revue de l’Action Française, mouvement royaliste. Lecteur du « Crapouillot« .
Grand supporter du Général Pétain, plutôt Tixier-Vignancourt que Badinter. Plus Gaxotte que Guillemain. Plus Maurras et Brazillach que Sartre ou Sagan. S’il jouait aux fléchettes, il y aurait De Gaulle sur la cible.

C’était un littéraire, rapatrié d’Algérie, et tout ce qu’il m’a raconté de sa jeunesse, se résume à : « On était jeunes, on était fous, on était tous OAS ».

Accessoirement anti-sémite « de base ». Vous savez, ces salauds de juifs qui ont crucifié le christ.

Je suis trop jeune pour avoir gardé souvenir de Laudenbach, Nimier, Blondin, Madiran ou  Boutang, mais ils étaient au centre des conversations. J’ai dû manger à la même table, je n’en sais plus rien. D’ailleurs, quand je vois Fillon, j’ai l’impression de voir ***.

Et ne vous méprenez pas : si on fait abstraction des idées que chacun est libre d’avoir, ne m’en déplaise, tous ces gens sont très cultivés et très intelligents. Ce qui rend ambigüe la critique, car dans le cadre de ce poulet, je réduis leur intellect à ce qui les relie à mon propos. Ils peuvent par ailleurs avoir de grande qualités, notamment littéraires, et aborder moult sujets d’une façon qui recevrait mon entière approbation.

La RDDM, c’est la propriété du grand financier Massoud Ladreit DE Lacharrière. Non. On me dit que c’est Marc. Un gros, un énaurme énarque du CAC 40 : allez voir sa page wikipédia. On n’est pas chez les kékés.

Historiquement, la RDDM, c’est un soutien à Thiers quand il hache la commune à la mitrailleuse, un soutien à la bourgeoisie militaire qui veut se taper un youpin : la RDDM est anti-dreyfusarde. Et antisémite, comme tout le monde à l’époque. On y accueille les écrits politiques de Pétain.

La RDDM : faire le lien entre le monde moderne et le monde spirituel. Belle mission qui consiste surtout à faire la promotion des idées les plus étroitement catholiques, et à veiller, par un élitisme qui se veut classieux, à bien maintenir la frontière entre les gens de bien et le bas peuple.

Cette revue n’est pas conservatrice, elle EST le conservatisme. Tout en accueillant la fine fleur de la littérature française (réac et chiantissime), elle rappelle à tous que la culture n’est pas faite pour les pouilleux, à moins qu’ils ne se tartinent la messe et des piles d’une littérature absconse et soporifique. Qu’ils se soumettent intellectuellement, leur échec à digérer l’inutile signe leur défaite sociale. Oui, j’ose.

La culture ? justement ce qui permet aux sangs-bleus d’abord de justifier leur razzia sur l’europe, par l’épée, comme de vulgaires racketteurs. La « noblesse », c’est l’équivalent de la « protection » offerte par le malfrat au commerçant. Quand les bourgeois renversent cette dictature à la fin du 18ème siècle, il ne leur suffit pas de prendre le pouvoir, il leur faut aussi  la culture, qui du coup, devient « bourgeoise ». S’enrichir outrageusement par la banque ou le commerce, c’est bien, pratiquer le baise-main, avoir un Gericault et un piano dans le salon, c’est mieux. Accessoirement marier un De La Margelle Du Puit à fifille, c’est le top.

A peine arrivée, la bourgeoisie naissante et déjà riche, se précipite pour soigner son complexe d’infériorité vis à vis des nobles, que l’argent ne soigne pas (le complexe. Faut suivre). Il lui faut singer le faste de la cour. Du pompeux, finalement du laid, mais du chic et cher. Les plus assommants « classiques » de la littérature française sont à leur apogée. Mais faut pas le dire : combien d’entre nous ont plié l’échine, et se sont conditionnés à trouver géniaux nos classiques, pour ‘en être’ un peu.

Luchini lit en public Céline.

Vous voyez Boris Vian et Audiard ? Vous pouvez pas vous tromper, c’est juste en face, derrière Bételgeuse.

Toute la raison d’être de la RDDM, c’est d’être un présentoir de la bien bienpensance bourgeoise, entendez tout sauf le peuple, le vulgus pecum.

Le tout dans une atmosphère ultra catho, antisémite.

Tout Fillon, quoi : A moi le manoir, le blé et la majesté, aux pauvres de trimer pour entretenir mon train de vie. Vous êtes trop payés, tas de pue-la-sueur !

Ce qui est rafraîchissant, c’est de voir à quel point ce ramassis de privilégiés est resté con, malgré son cursus scolaire.

Soyons clairs :

Fillon est pote avec Ladreit de Lacharrière : Lacharrière est le modèle de Fillon. Il a le titre, la particule ET le bon gros pognon et le pouvoir qui va avec. Fillon non, mais il rêve d’en être. Comme pour le bizness c’est trop tard, Fillon poursuit sa conquête du pouvoir.

 

Vous imaginez combien c’est cool, pour Marc, d’avoir son pote Fillon en haut de l’état. Et combien c’est cool pour François d’avoir un pote Marc aussi fortuné et bien disposé.

Mais ce n’est pas tout ! Ils partagent aussi le goût  de la rigueur catholique et le mauvais goût lourdingue popularisé par les rois de France pour « fixer » les caïds de la noblesse. Manoir et petit doigt en l’air.

Mais alors, pourquoi affirmer que cette bande partage son génome avec l’huitre ?

Quand on est blindé, surblindé de caillasses comme Marc Ladreit de Mesdeux, 100 000 boules, c’est l’argent de poche de la semaine. On est pas chez les prolos, que diable !

Filer cet oseille à un pote dans la peine, comme Fillon, c’est son droit. Pourquoi ne pas lui faire un chèque ? « Tiens, voila 500 briques, ta meuf pourra se racheter des slips ».

Non. Il aura fallu qu’il fasse payer un emploi fictif dans sa revue facho-réac à Pénélope, dont on a pas su qu’elle avait breveté l’eau tiède.

Moralité : y’en a pas.

Votez blanc !

Références :

Revue des deux mondes de 1921 a 1938 Vue a travers ses diners

Mélenchon et moi, fin d’une belle histoire…

Chronologie :

J’ai lu les promesses du candidat Mélenchon. Très bien : démocratie, 6ieme république et le détail de son programme, 3€ chez le marchand de journaux. Objectivement : Miam !

Le lapin que je suis tend ses oreilles pour se faire attraper.
Sur le site de campagne, on y lit un appel à candidatures pour les législatives.

Je fonce ! Bien que persuadé que mon ton est trop direct, ma diplomatie inexistante et ma capacité à caresser dans le sens du poil des électeurs, même pas en projet, je me dis que ce sera au moins l’occasion de rencontrer des vrais militants de terrain, et d’élargir mes connaissances, bref d’être moins con et borné.

La première réunion (30/11/2016) me met la puce à l’oreille : cela ressemble trop à une réunion d’Attac, où seul le déroulé d’un ordre du jour fixé ailleurs est important. Chaque candidat a deux minutes pour se présenter. Wow, l’aubaine !

On y parle pas de politique, on n’y refait pas le monde : on s’apprête à pratiquer la politique du parti, même s’il s’appelle « France Insoumise ».

Car il ressort vite que ce n’est pas un « Mouvement », mais bien un parti : avec une hiérarchie, et un seul cerveau à Paris pour tout le monde.

Ne sont présents que de vieux briscards de la CGT, du PC, du PG ou du NPA. Mais au fond, pourquoi pas, attendons de voir.

Je sens bien que mon évocation d' »éducation populaire » jette un froid. Il n’est pas question de s’adresser « au peuple » sans considération partisane, on reste entre soi.

Je lâche donc ma candidature : vous avez vu ma profession de foi que j’ai publiée.

Très vite, j’ai une réponse du mâle alpha de la bande : non pas via la liste de diffusion destinée aux 60 participants des deux groupes pour les 4ieme et 5ieme circonscription du Gard, mais directement, en aparté.

Il y figure deux phrases : l’une, parfaitement justifiée, relève que mon idée de laisser la députation au suppléant à mi-mandat est juridiquement idiote. La formulation est juste méprisante.

La deuxième, je vous la livre :

« – Nous pouvons constater sur ton blog que tu participes activement à l’animation d’un mouvement politique autour d’Étienne Chouard. Il aurait été judicieux de le mentionner clairement dans ta profession de foi. Tu n’est pas sans savoir que de nombreux insoumis sont en désaccord profond avec les accointances politiques et les méthodes de votre mouvement. « 
Comment je suis une fouine malicieuse venue troller !

Je vous fait grâce de mes protestations, mais les antifas sont bien là, c’est mort.

Un peu plus tard, je reçois ce message sans bonjour ni signature (copié-collé) :

« quelle profession de foi celle ou on raconte n’importe quoi et que l’on connaît pas les loi élémentaire pour être député ou comme écrit sur ton site de données chauard comme idéal de pensée pour ma part si ta candidature et retenue je ferai barrage a ton élections car tu a rien a faire au insoumis »

J’ai bien tenté,de répondre, mais la censure a sévi, et je suis maintenant censuré de la liste de diffusion, sauf si je raconte des banalités.

La plupart des dix candidats ont lâché l’affaire, dont moi évidemment.

Voila le compte rendu , mentionnant le binôme gagnant, qui comprend, devinez qui ? l’autrice de la menace juste au dessus, Mme Julie !

Notez les motivations du choix.

 

Donc voici la profession de foi de Julie, celle qui a convaincu le groupe (Copiée-Collée) :

« Bonjour à tous….

 En vue des futures élections législatives et étant canditate sut la 5eme circonscription gardoise en suppléante de Anthony ****** il est important que vous sachiez qui je suis…
 
Je suis née sur Ales en 1985 où j’ai grandit et fait ma scolarité jusqu’au Baccalauréat.
J’ai pratiqué le hand ball aunsi que la musique tout le long de ma scolarité et suivie à partir du lycée les options théâtre, ce qui m’a permis d’être présente dans la culture alesienne.
 
Pour les besoins de mes études j’ai vécue un an sur Montpellier.
Mais je suis revenue dans la région alésienne vivant sur Ales st privat et actuellement sur Molière sur ceze.
Mon expérience professionnelle fut diversifiée. J’ai été aide à domicile, secrétaire médicale et actuellement agent de nettoyage.
Travaillant auprès des peesonnes âgés, au sein d’un quartier populaire, où j’ai été confronté aux difficultés sociales.
Mes difficultés dans la vie personnelle m’ont mis au pied de la misère mais ont développé chez moi une peeqeverance et la volonté de me battre
 
Mon parcours politique demarre lors de mon arrivée au lycée, où des réductions budgétaires mettaient en péril l’option facultative dont je faisais partie. Je me suis donc rapprochée du Pcf où mon adhésion fut immédiate ainsi la création de la JC.
Mon engagement fut entier jusqu’à mes divergences avec la direction locale qui m’ont fait rendre ma carte.
Mais ma présence dans les luttes telles que la lutte anti fasciste, le CPE et d’autre comme la dernière en date la loi du travail.
Mais mon engagement syndical au sein de la cgt est toujours d’actualité et important à mes yeux. Car nous devons défendre les salariés et les informer de leurs droits.
 
J’ai adhérer au mouvement JLm les insoumis car pour moi c’est ainsi que nous devons envisager l’avenir, avec démocratie et c’est le mouvement qui peut initier un réveil des populations.
 
La France Insoumise apporte une autre facon d’envisager la politique qu’on nous impose depuis tant d’années. Grâce à celle-ci nous pouvons porter un nouvel espoir et une autre voix face à cette Europe qui nous étouffe.
Nous la France Insoumise avons comme mission de redonner la parole au peuple qui depuis longtemps n’est plus entendu.
Avec nos groupes d’appuis, les échanges donnent au peuple une participation dans le mouvement politique.
 
En tant que représentant des Insoumis nous nous devons d’être présents dans le paysage politique local, à l’écoute des électeurs.  Nous ne sonmes pas là pour être simplement une image, mais nous devons être acteurs sur leq differentes questions sociales, écologiques. Nous nous devons d’être au coeur du débat politique.
Le droit aux logements, le droit des femmes, le racisme.
Nous avons un lourd programme à défendre sur ces régressions sociales imposées par nos différents gouvernements et leurs politiques ultra liberales.
 
Mes engagements dans différentes associations quelles soient culturelles où au sein de l’éducation m’ont fait comprendre que nous devons être a la proximité des gens, il me semble primordial de changer la façon de faire la politique.
En tant que représentant d’un peuple nous devons être à leur hauteur a leir écoute. Cessons les politiques du non dit soyons transparents et sincères.et suivons les décisions collectives.
 
J’espère vous avoir convaincue.. »
Bonjour le projet politique. Ah mais non, en fait, c’est juste le projet de Méluche qu’il faut défendre, il n’est pas demandé de penser. Chuis con des fois…
Soyons clair : avoir une rédaction approximative ne fait pas de vous une mauvaise personne, et bien des ordures ne font aucune fautes d’orthographe (existe-t-il un seul de mes articles sans aucune faute ? Je doute.)
Par ailleurs, il me semble évident que mon caractère me disqualifie pour me présenter, caresser des bébés et des personnes âgées sur les marchés.
L’élection, je ne vous apprend rien, est un processus putassier, qui d’ailleurs donne de la noblesse à nos péripatétiputes que je respecte infiniment plus que mon maire-conseiller-général professionnel.
J’aurais voulu croire à la possibilité d’un changement avec Méluche, mais ses militants me ramènent sur terre.
Votez blanc !

Candidat !

Profession de foi  de candidature à la députation pour les élections législatives de 2017

Profession de foi

Nous nous proposons, Sophie Griesshaber, aide-soignante et Sébastien Mayer, Informaticien, comme candidats en binôme pour la députation de la 5ème circonscription du Gard, au sein du mouvement France Insoumise animée par Jean Luc Mélanchon.

A cet effet nous faisons nôtre la charte des candidats pour la législative de 2017 du mouvement France Insoumise.

En tout état de cause, notre candidature et mandat, seront guidés par les principes suivants :

Nous souhaitons sans attendre la 6ième République mettre en pratique des principes fondamentaux :

  • Dans la même optique de non appropriation du pouvoir nous renonçons à nous représenter pour le même mandat et à exercer d’autres mandats pendant toute la durée de la députation ou de la suppléance.

  • Le travail de député demandant une disponibilité à temps plein nous n’aurons pas d’autre activité professionnelle durant toute la durée du mandat et nous efforcerons d’être présent à un maximum de séances à l’assemblée donnant lieu à un vote.

  • Nous nous engageons à porter en temps réel à la population toutes les informations concernant nos activités. Nous resterons serviteurs et messagers de nos mandants, à l’assemblée.

  • Les ressources misent à disposition du/de la député seront partagés avec le/la suppléant(e) afin qu’il/elle participe à la création et la maintenance de moyens d’informations et de consultations des citoyens.

  • Nous proposeront des conférences pour tous où des avis contradictoires viendront publiquement donner aux citoyens les moyens de faire leurs choix. Celles ci devront être abordables à tous.

  • Tout contact, même furtif, avec un quelconque lobby ou groupe d’intérêts sera porté à la connaissance du public. Si rencontre il y a, un compte-rendu sera rendu public.

  • Voulant pratiquer une démocratie au sens étymologique du terme et n’étant pas des magiciens vertueux aux savoirs absolus, nous attendons du Mouvement France Insoumise, qu’il nous communique des lignes législatives démocratiquement discutées.

  • Nous renonçons, pour notre campagne, à faire usage de concepts flous, visant à prendre le pouvoir par des évocations abstraites, des promesses intenables, des rêves pris pour des réalités.

**********************
Note : Cette troisième version a corrigé notre erreur au plan juridique : il n’est pas possible que le député laisse sa place à son suppléant. Le binôme fonctionnera sans cette mauvaise idée.

 

Mr André Bellon répond à nos questions

J’ai posé à Mr André Bellon ( Wikipédia ici, et son site là ), quelques questions de fond.

Mr Bellon est un contestataire politique, qui m’a semblé proche de mes positions.
Titillé par sa promotion de l’élection, j’ai souhaité qu’il clarifie sa position.
Ancien député (PS), ancien Président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, il est un homme politique issu du système représentatif. Ses évocations d’une refonte de la constitution à travers une constituante élue m’ont poussé à lui poser les questions ci-dessous.

Je vous laisse juge de ses réponses, j’indiquerais simplement que je suis, sur ces points en total désaccord avec lui.

Je le remercie d’avoir consacré du temps à me répondre, et les désaccords n’entament pas mon respect pour son action.

***** Questions *****

Pourquoi faites-vous la promotion de l’élection pour désigner des représentants qui se substituent aux peuples, contre le tirage au sort d’exécutants assorti d’un usage copieux, voir exclusif de référendums législatifs ?

Question corollaire : Que trouvez de si bon dans l’élection, de si peu engageant dans le tirage au sort ? En quoi l’élection de constituant (aristocratiques donc) pourrait annoncer un quelconque changement fondamental du rapport de force actuel entre les quelques bergers et les nombreux moutons ?

Nota : dans cette question, le tirage au sort ne se substitue pas simplement à l’élection, toutes choses égales par ailleurs, mais sous-entend donc une suppression des professions politiques au profit d’un amateurisme assorti du mandat unique, rotation des charges, reddition des comptes et toutes les dispositions Démosthéno-athéniennes….

**** Réponses  ****

Je suis tout d’abord contraint de vous faire une remarque : vos questions, par certains aspects, ouvrent peu le dialogue. Décider unilatéralement que l’élection est par principe un mode de sélection aristocratique cherche à clore par avance tout débat sur la question. Je vous dis donc d’entrée de jeu que cette assertion est pour moi inacceptable.

 

Vous m’excuserez ensuite de répondre dans le désordre.

  • En préalable, et contrairement à une certaine mode, je ne fais pas référence aux Grecs. Même s’ils sont largement à l’origine de la démocratie et si je reconnais volontiers leur apport, le contexte et le concept ont fortement évolué depuis lors. Ou alors, si on veut impérativement s’y référer, par exemple à la pensée d’Aristote, il ne faut pas sélectionner. Doit-on, par exemple, considérer comme lui que « le rapport entre mâle et femelle est par nature un rapport entre plus fort et plus faible, c’est-à-dire entre commandant et commandé » ? Les injonctions à se référer aux Grecs, plus ou moins comminatoires, et de plus fondées sur une interprétation historique discutable qui arrange ces utilisateurs, sont une commodité qui clôt la réflexion sur des bases fort peu démocratiques.
  • Nous sommes d’accord -j’ai d’ailleurs pas mal écrit en la matière- pour reconnaitre qu’une des plaies de la période est la professionnalisation de la vie politique. Je vous ferai remarquer, cela étant, qu’il y a souvent confusion entre profession et carrière. Jaurès a fait une carrière politique, ce n’était pas sa profession puisqu’il était professeur de philosophie ; de même Clémenceau médecin, Gambetta avocat… La nouveauté du moment que nous vivons est que nombre d’élus ne sont que des politiques, permanents de partis, … Ils n’ont plus d’ancrage social et sont soumis à leur parti. Vous soulignez, cela étant, avec raison, que pour retrouver le lien entre élus et citoyens, il faut retrouver des principes tels que mandat unique, rotation des charges, reddition des comptes… J’y ajouterai, pour ma part, immersion dans le monde du travail comme c’est le cas par exemple en Suisse. On peut discuter par ailleurs longuement du mandat impératif. C’est une vielle question, mais qui, aujourd’hui, est mal ou insuffisamment posée au moment où les élus sont, en quelque sorte, liés par un mandat impératif à leur parti et non plus à leurs électeurs. Mais tout cela peut très bien se résoudre dans le cadre d’un processus électoral remis sur ses bases. Ce n’est donc pas l’élection en tant que telle qui pose problème mais la perversion du système démocratique sous l’effet de multiples facteurs : régime présidentiel, Constitution, confusion droite/gauche, construction européenne, mondialisation, crise sociale… J’ajouterais le rôle spécifique de la présidence de François Mitterrand dans la dégradation des mœurs publiques.
  • En ce qui concerne les élus, leur rôle principal est, outre de représenter le peuple dans la direction des affaires publiques, de contrôler et diriger l’action de l’exécutif. Ce n’est certainement pas en les supprimant qu’ils contrôleront mieux. Bien sûr, aujourd’hui, ils ne contrôlent pas grand-chose, mais cela ne signifie pas que c’est impossible. A gauche et chez les radicaux, il a été autrefois question de politique vigoureuse d’instruction publique et de promotion sociale afin, entre autres, d’égaliser les chances de participation à la chose publique. Les dégâts que l’on constate aujourd’hui sont en partie le fruit de l’abandon de ces politiques et de ces ambitions. C’est aussi cela qu’il faut combattre au lieu d’en attribuer arbitrairement les responsabilités au système électoral.

Bien sûr aussi, on peut développer des formes d’expression plus directes (référendum d’initiative en particulier) sur les grandes questions. Cela ne règle pas le contrôle quotidien. C’est là qu’intervient la question du tirage au sort. Je vous ferai remarquer qu’il ne remet pas en cause la notion de représentants. Il la pose différemment en demandant au hasard de désigner des champions en lieu et place des électeurs. Je vous ferai remarquer aussi que, pour beaucoup de ses partisans, le tirage au sort est censé liquider une classe politique minoritaire et catastrophique ; même si cet objectif est justifié, il s’agit selon moi, je le répète, d’un problème conjoncturel, et non pas structurel. Comme je vous l’ai dit d’entrée de jeu, les thuriféraires du tirage au sort décident, par un raccourci discutable, que l’élection est par nature aristocratique, les tirés au sort étant par nature parés de larges vertus. Ils font justement remarquer, par exemple, que les ouvriers ne sont pas représentés alors que la vraie question est qu’ils ne sont pas représentants. Le tirage au sort (et la suppression qu’il provoque de la notion de mandat) est ainsi une défaite de l’humanisme puisqu’il postule, de manière très pessimiste sur l’être humain, que la collectivité des citoyens ne sera jamais suffisamment mature ou outillée pour relever le défi des choix d’intérêt général et de ceux qui les portent. Il sous-entend au passage qu’il existerait une « vérité » objective qu’il suffirait de rechercher en confiant la clarification des termes du débat à des experts (thèses de Testart) ; mais qui choisit ces experts ? et la vérité n’est-elle pas une construction sociale, par nature évolutive, comme le montre par exemple la progression des droits politiques et sociaux après 1789 ?

  • La démocratie n’a de sens que si elle est l’expression de tous les citoyens. L’élection suppose que l’élu porte un mandat. Il est désigné pour cela et, en démocratie, contrôlé par les citoyens en fonction de cela. L’intérêt général est le fruit du débat public Il n’est pas, dans cet objectif, indifférent de savoir qui porte une idée. Il y a, dans le tirage au sort, une conception sous-jacente d’indifférenciation entre les citoyens que je conteste totalement. Chacun est différent, chacun doit participer et prétendre que cette participation de tous est aristocratique est un contresens dangereux. Le reste est une question d’organisation de la vie publique qui, pour être plus démocratique ne saurait, à mon sens, remettre en cause les principes humanistes que je viens de rappeler. Tel est le sens de l’élection d’une Constituante.